MORPHOLOGIE EXTÉRIEURE DES ROTIFÈRES
peut donner le nom' de Polyméride?, par opposition au premier.
Nous devons encore rattaclier à cet embranchement le groupe des Brachiopodes. A ne considérer que la forme adulte, il semble au premier abord n'y avoir rien de commun entre les Brachiopodes et les Vers ciliés précédemment énumérés. Ils paraîtraient
•plutôt devoir éire rattachés aux Mollusques. C'est ce qu'avaient fait les anciens anatomistes ; mais l'étude du développement montre d'étroites afflnités avec les Annélides d'une part, avec les Bryozoaires de l'autre. Ce sont des zoïdes individualisés, et formés de mérldes entièrement fusionnés. La réalité de ces rap-
■ ports zoologiques sera discutée plus loin d'une façon plus approfondie; ce qui précède suffît pour le moment à légitimer ce rapprochement.
Nous devrons dans l'étude de l'embranchement des Vers ciliés suivre l'ordre logique que nous avons déjà adopté pour les Cœlentérés, et qui s'impose toutes les fois qu'un même groupe renferme des individualités d'ordres divers.
Nous étudierons d'abord les Monomérides, c'est-à-dire les individus simples, puis les Polyméndes, colonies de mérides, enfin les Brachiopodes, qui constituent un type complexe, dont les diverses parties se sont totalement solidarisées et fusionnées en une parfaite unité.
A. MONOMÉRIDES.
Morphologie extérieure des Rotifères. — Les Rotifères sont des Vers de très petite taille, non métamérisés. Ils sont presque tous recouverts par une cuticule mince, insoluble dans la potasse faible, et plus rigide à la partie postérieure; elle forme dans certains genres {/irachiomis, JVoleus, etc.) une véritable cuirasse; elle est interrompue en avant, et s'y termine par un bord fréquemment hérissé d'épines. Celte cuticule présente parfois des rides transversales; mais cette division ne correspond à aucune segmentation interne; elle est simplement liée à la grande mobilité des animaux.
Le nom de Rotifères leur vient de la présence, dans la région antérieure du corps dépourvue de cuticule, d'un disque généralement divisé en doux lobes circulaires, et pourvu de longs cils perpétuellement en mouvement; cet appareil rotateur, toujours présent, sert à la locomotion de l'animal. La portion postérieure du corps est généralement distincte, retrécie, et porte le nom de pied; à sa base s'ouvre l'anus, opposé à la bouche. Le pied, qui manque parfois [Asplanchna] et dont la longueur est variable, se
VERS CILIÉS
termine par un disque, ou plus souvent par deux stylets, qui, grâce aux petites glandes qui les recouvrent, permettent la fixation momentanée de l'animal. Dans des cas plus rares, la fixation est permanente {Seison, Paraseison). L'animal peut alors se construire un tube [Melicerta, Stephanoceros, Flosculat-ia), dont
l'origine est mal connue.
D'autres se disposent en groupes, toujours réunis par l'extrémité de leur pied ; tels sont les Conochilus où les colonies sont sphériques, et les Megalotrocha où elles sont fixées. Ces exceptions à, part, lés Rotifères sont essentiellement nageurs. Un caractère de la plus grande importance, à cause de sa constance dans tous les types, est l'existence d'un appareil de mastication, le maslax, à la portion moyenne du tube digestif.
Le type le plus simple des Rotifères et par suite aussi de tout le groupe des Yers ciliés est la Trochosphxra, découverte par Semper aux Philippines. C'est un animal presque semblable aux larves d'Annélides les plus simples (larve de Lovén), à. peu près sphérique, dépourvu de queue ou d'appendices, et dont l'appareil rotateur est réduit à une couronne ciliaire équatoriale, interrompue seulement en deux points diamétralement opposés. La bouche est garnie d'une seconde couronne de cils.
Ces deux zones ciliées se retrouvent dans l'appareil rotateur de tous les Rotifères : la couronne interne correspond à la couronne préorale de la larve Trochosphère ; la zone externe, dont les cils sont moins longs, à une seconde couronne représentée
Fig. 270. — Brachionus Bakeri, Ehrbg. — A, organe rotateur; B, soies; C, tubenéphridien ; D, épioes antérieures entre les bases desquelles sort le tentacule; E, épines postérieures ; F, pied.