TUBE DIGESTIF DES OLIGOCHÈTES
csecums glandulaires [Arenicola] ou de véritables glandes salivaires (trois paires chez Terebella). L'intestin proprement dit est lui-même tapissé de cellules glandulaires. Dans les Aphroditidés, existe dans chaque segment une paire de longs diverticules latéraux (tubes hépatiques). Chez V Aphrodite (fig. 285), ils se ramifient beaucoup, passent du côté dorsal et vont se terminer dans des appendices cutanés (fausses branchies).
Les Syllidés et ïHesione sont remarquables par la présence de deux appendices latéraux remplis d'air et débouchant dans le tube antérieur ; on les considère comme des vésicules natatoires.
La gouttière c liée que nous avons signalée chez le Polygordius, sur la ligne ventrale, se retrouve, même plus développée, chez les Capitella. Dans les autres genres de la même famille, elle s'isole complètement et forme un tube cylindrique toujours ouvert dans l'œsophage en avant. Cet intestin annexe se retrouve chez quelques Eunicidés et chez VOtigognathus : dans ces derniers, il est clos en arrière ; chez les Capitellidés il est probablement ouvert dans l'intestin. Nous allons le retrouver chez les Géphyriens.
Tube digestif des oligochètes. — Le tube digestif des Oligochètes présente les plus grandes analogies avec celui des Polychètes, mais il est toujours dépourvu d'intestin annexe. Aux trois parties fondamentales, pharynx, œsophage, intestin, qui existent seules chez lesLimicoles, s'ajoutent dans les types supérieurs des dilatations, à rôle spécial. Les Lombricidés (Pl. III, A) en ont deux, un jabot (J) et un gésier (G) fortement musculeux. Des glandes volumineuses (trois paires chez le Lombric) débouchent, soit dans l'œsophage {Lumbricus), soit dans l'intestin terminal {Urochxta, Rhmodrilus). Ce sont les glandes de Morren {gm). Les grosses cellules qui les composent renferment une émulsion qu'on a crue longtemps graisseuse, mais qui, en présence des acides, dégage de l'acide carbonique (1) ; c'est sans doute (1) RoBiMET. C. H., t. XCVII, 1883.
Fig. 285. — Appareil digestif d'Aphrodite aculeata, L. — 0, bouche; ph, pharynx; i, intestin avec ses appendices caecaux; a, anus (Milne- Edwards).
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un carbonate soluble, chargé peut-être de neutraliser les acides dus è, la fermentation des substances végétales avalées par l'animal ; son rôle est certainement chimique ; les glandes de Morren manquent chez le Pontodrilus.
Une particularité qui caractérise exclusivement les Oligochètes est la présence, au côté dorsal de l'intestin, d'un repli longitudinal médian, le lyphlosolis. Ce repli fait saillie dans la cavité de l'intestin, dont la section transversale a par suite la forme d'un croissant. On peut le concevoir comme résultant d'une gouttière formée, sur la ligne médio-dorsale de l'intestin, par refoulement de la paroi, et dont les deux bords se seraient affrontés ; le typhlosolis est en effet creusé d'une cavité, close au côté dorsal par une cloison musculaire sur laquelle court un vaisseau longitudinal. Il est probable que le typhlosolis n'a pas d'autre rôle que l'augmentation de la surface absorbante de l'intestin. Il est parfois lui-même pourvu de replis longitudinaux (Planche III, B).
Tube digestif des hirudinées. — Le caractère le plus remarquable du tube digestif des Hirudinées est la présence de caecums latéraux, rappelant ceux des Aphrodites (fig. 285). Ce caractère ne fait défaut que chez quelques espèces [Nephelis). Encore cette disparition est-elle un caractère secondaire. Les jeunes présentent au tube digestif des dilatations en chapelet; cet état est celui qui persiste chez la Branchiobdella et la Pontobdella. Chez cette dernière, s'ajoute un long CEecum impair, débouchant dans l'intestin moyen. Chez la B air achob délia et toutes les Hirudinées supérieures, existent des caecunis pairs, un dans chaque segment. Les deux derniers tendent à prendre une prédominance marquée, nette dans Vffirudo (fig. 286, c, k). Chez la Clepsine, ils sont même ramifiés, tandis que ceux de la quatrième paire se prolongent loin en avant. C'est peut-être là un passage aux Turbellariés.
La disposition de la partie antérieure du tube digestif a permis de diviser les Hirudinées en deux grands groupes :
Les Gnathohdellidées, chez lesquelles le tube digestif ne peut se dévaginer que sur une très faible étendue. Sur les parois de l'œsophage se trouvent trois bourrelets, recouverts d'une lame chitineuse. Ce sont les trois mâchoires des Sangsues. Grâce à des muscles spéciaux, elles peuvent s'écarter et se rapprocher, agissant alors comme des scies et des ciseaux. La lumière de l'œsophage a la forme d'une étoile h trois branches.
Ces mâchoires disparaissent chez les Rhynchobdellidées [{); mais, chez ces dernières, la portion antérieure du tube digestif
(1) L'œsophage de la Pontobdella possède cependant trois saillies, représentant les rudiments des mâchoires.