APPAREIL CIRCULATOIRE DES POLYCIIÈTES
sont amiboïdes dans les Hirudinées. Le rôle physiologique des deux liquides est encore un peu obscur. Il est probable que l'un et l'autre jouent un rôle actif dans la nutrition. Mais le sang parait jouer au moins chez les Chétopodes le rôle essentiel dans la respiration. C'est en effet lui qui renferme constamment des pigments respiratoires. Toutefois, dans les Glycères et les Capilella, dépourvus de vaisseaux, le liquide cœlomique remplace le sang et renferme de nombreux globules pigmentés par l'hémoglobine.
Les pigments respiratoires varient eux-mêmes beaucoup dans l'intérieur d'un même groupe. L'hémoglobine paraît être la plus répandue. On la rencontre soit sur les globules comme dans les genres précédents, et dans quelques Géphyrieus [Thalassema, Neptunia, Hamingia arclica), soit dans le plasma (Oligochètes, Eunice, Nereis, Arenicola, Cirrhatulus, Terebella, Gna- THOBDELLiDÉEs). Uu pigment rose, l'hémérythrine, devenant plus foncé par oxydation, colore les globules des Siponcles, des Phascolosomes et des Bonellies ; ceux des Echiiires sont colorés en brun. Enfin chez les Chlorènies, les Sabelles, et plusieurs Serpididés, le plasma est coloré en vert par la chlorocruoriue. Le plus souvent, d'ailleurs, le sang est incolore, et on n'a pas étudié la substance respiratoire qu'il renferme.
Appareil circulatoire des polychètes (i). — Rien n'est plus variable que l'appareil circulatoire des Polychètes : il est absolument plastique et subit le contre-coup de toutes les variations qui se manifestent dans les autres organes. Néanmoins il existe des caractères importants qui se retrouvent dans tous les types avec une certaine constance.
C'est un système clos, présentant constamment les parties suivantes : 1° un vaisseau dorsal, contractile, poussant le sang d'arrière en avant et situé sur l'intestin ou près de la paroi supérieure du corps ; 2° un vaisseau ventral, situé entre l'intestin et le cordon nerveux, non contractile, et dans lequel le sang chemine d'avant en arrière ; 3° des anses vasculaires métamérisées, faisant communiquer plus ou moins directement les deux vaisseaux précédents : ceux-ci sont de plus en relation, en avant et en arrière, par un réseau vasculaire ; 4° un réseau intestinal, placé sous la dépendance du vaisseau dorsal et pouvant être remplacé par un réseau de lacunes.
Ce type schématique est réalisé à peu près complètement chez les Nephthys, qui présentent une homonomie remarquable (Jacquet) (Pl. III, G). Le vaisseau dorsal {vd) donne danschaque segment et de chaque côté un vaisseau latéral ; celui-ci, après avoir donné une branche qui va se ramifier sur l'intestin, se rend à la paroi du corps, et se termine en un réseau dans la paroi du parapode dorsal. Un vaisseau latéral part de même du vaisseau ventral {vv), et se termine par un réseau dans la rame ventrale. Les deux réseaux sont réunis par une anastomose verticale (an). Enfin, de part et d'autre de la chaîne nerveuse, courent deux vaisseaux nerviens {vn), qui
(1) JacqueTj m. s., Neapel, t. VI, 1885.
Fig. 289. — Terebella mbulosa, Gr., ouverte par la face dorsale. — ô, branchies ramifiées au milieu des tentacules simples; c, pharynx; d, intestin coupé à la partie postérieure; g, vaisseau "dorsal dilaté en f; h, anneau vasculaire péri-œsophagien ; i, vaisseau ventral ; j, purapodes (Milnk- Edwards).