ORGANES TACTILES
se compose d'une bandelette cérébroïde, unie par deux connectifs plus ou moins longs à un cordon ventral; dans toutes les parties, on trouve une couche continue de cellules nerveuses et des paires de nerfs naissent de distance en distance, sans métamérisation. Ce sont les Géphijriens inerm.es qui se rapprochent le plus des Annélides. Chez le Siponcle, en effet, on trouve un cerveau assez bien développé, globuleux, bilobé, donnant de chaque côté cinq nerfs qui se dirigent le long de la trompe, jusqu'à la couronne tentaculaire. De chaque lobe, part en outre un nerf qui va former avec son congénère un court anneau œsophagien, et donne naissance à un grand nombre de rameaux intestinaux. Le cordon ventral, dans sa portion antérieure, flotte librement dans la cavité générale. Les branches transversales issues du cordon forment des cercles complets autour du corps et innervent les faisceaux musculaires.
Les Géphyriens armés sont caractérisés, on l'a vu, par un développement considérable de la partie préorale du corps : la partie cérébroïde, placée à l'extrémité antérieure de la longue trompe, se (rouve entraînée en avant et le collier œsophagien s'allonge en conséquence. C'est ce qui a lieu chez VFchiure, et surtout chez la /JonelUe, où les deux conneclifs du collier suivent le bord des lobes céphaliques et ne se réunissent qu'à la base de ceux-ci, en arrière de la bouche. Le cerveau n'est représenté que par la portion antérieure de cette anse allongée. Il n'y a pas de ganglion proprement dit, mais des cellules nerveuses en couche continue. Les branches transversales issues du cordon ventral forment des anneaux, fermés chez l'Échiure.
§ 9. — Organes des sens.
Les organes sensoriels sont très inégalement répandus chez les Annéhdes. Bien développés chez les Annéhdes errantes, surtout chez les Annélides nageuses, ils se réduisent dans celles qui rampent sur le fond de l'eau, et encore plus dans celles qui habitent la vase, le sable ou le sol. Nous étudierons d'abord les organes des sens mfériourg, puis ceux de l'ouïe, et enfin les organes visuels
A. Organes tactiles. ~ Toutes les Annélides sont, sauf les fhrm nu'.es douées d'une sensibilité tactile très développée. Chez les Ohffocheles, celte sensibilité semble une propriété du tégument tout entier, car on n'a pas trouvé d'organe tactile différencié LesPoli/chelesan contraire sont abondamment pourvus d'organes de ce genre : les palpes elles tentacules céphaliques, les élytres et les cirrcs des segments jouent bien évidemment ce rôle • ils
VERS CILIÉS
spnt d'ailleurs riches en cellules sensilives, souvent terminées par des poils rigides. Chez les Géphyriens, les lobes céphaliques des Bonellies et des Échiures, et la couronne tentaculaire des Inermes possèdent aussi une sensibilité tactile très nette.
B. Organes olfactifs. — On considère généralement, chez les Polychètes, comme organes olfactifs des régions pourvues de longs cils vibratiles, qu'on rencontre sur les côtés delà tête. Lescellules ciliées de l'épithélium sont en relation par des filets nerveux avec un plexus ganglionnaire qui est lui-même sous la dépendance des ganglions cérébroïdes : il peut même se différencier un ganglion olfactif tout près du cerveau. Il est vraisemblable que ces organes sont homologues à ceux qu'on rencontre chez les Rolifères, les Loxosomes, les Némerles et les Turbellariés.
C. Organes gustatifs. — On trouve chez les Annélides, en divers points du corps, des collines sensitives, formées d'un faisceau de cellules allongées, pourvues de soies, en connexion comme les précédentes avec un plexus ganglionnaire. Ces collines sont généralement enfoncées dans une excavation du tégument, d'où leur nom à'organes en cupules. On leur attribue souvent une fonction gustative, car ils abondent au voisinage de la cavité buccale. Mais ils peuvent se trouver dans les points les plus variés du tégument : dans la famille même des Capilellidés, leur place varie d'un genre à l'autre (Eisig). Parmi les Polychètes, ils ont été signalés chez les Nephthys et beaucoup d'autres Eunicidés, dans la cavité buccale ; les papilles cahciformes décrites par Jourdain dans les élytres de Polynoé sont de même nature. Les Oligochèles en possèdent aussi un grand nombre à la lèvre supérieure. Chez les Hirudinées, ils sont abondants aux deux lèvres. Il est enfin probable que les organes sensoriels qu'on trouve chez les Géphip-iens en divers points du corps sont homologues aux précédents.
Les oj^ganes latéraux décrits par Eisig (1) chez les Capilellidés ont uuc certaine analogie avec les capsules guslatives. Ce sout des cavités s'ouvraut par des fentes transversales; les cellules sensitives, fusifonnes, longues et serrées, qui les tapissent, sont terminées par des soies qui sortent à travers la fente. Ces cellules s'appuient, du côté basilaire, sur une couche musculaire qui joue le rôle de muscle rétracteur, et sont en relation avec un plexus nerveux dépendant de nerfs issus de la chaîne ventrale. Ces orgauôs sout disposés par paires sur chaque segment, entre les parapodes dorsaux et ventraux. Ils ontété retrouvés chez le Po/yophllialmus, les Amphicténidés, les Lombriculhiés. On doit les considérer comme les homologues des cirres des parapodes ventraux; l'on peut même suivre la transformation graduelle dans la famille des Glijcéridés. Eisig rapproche la ligue latérale des Auuélides de celle des Poissons.
(1) M. S. Ncapel, 1. 1, 1870.