‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 161 sur 412 · ORGANES GÉNITAUX DES POLYCUÈTES · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX DES POLYCUÈTES

Ohganhs sensoriels SEGMENTAinEs DES HinuDiNÉES. — Oii apcrçoit chcz diverses Hirudiuées {Nephelis, llirudo, Clcpsine), à la partie antérieure du corps, de deux à dix taclies pigmentaires que l'on considère ordiimiremeiit comme des yeux. Pour comprendre leur signification morphologique il faut étudier d'abord les orgaues sensoriels segmentaires de r//ir!^c?o. Dans cet animal on voit, sur l'anueau antérieur de chaque segment, de petites papilles, au nombre de six à huit sur la face dorsale et de six sur la face ventrale (fig. 280). Elles sont alignées de façon à former pour l'ensemble du corps autant de ligues longitudinales. Les coupes ont montré que ces papilles recevaient un iîlet nerveux, dont les fibres se terminent par de longues cellules sensorielles à la base desquelles est un tout petit gauglion. De chaque côté de ce renflement nerveux sont de grosses cellules creusées d'une vésicule hyaline. Si maintenant l'on examine la position des taches oculiformes céphaliques, ou voit que chacune d'elles prend la place d'une des papilles sensorielles précédentes : il existe chez VHirudo de chaque côté cinq taches disposées en une rangée longitudinale qui continue la deuxième rangée des papilles dorsales (en comptantà partir de la ligne médiane). La structure des organes oculiformes se rapproche beaucoup de celle des papilles ; elle en diffère en ce que l'organe est bien plus allongé ; les filets nerveux suivent, à partir des cellules ganglionnaires, un long trajet entre les grosses cellules claires, bien plus nombreuses, et alignées les unes derrière les autres. Enfin une couche continue de pigment forme uue cupule autour de l'organe. Malgré ces diû'érences, les yeux de VHirudo et les organes sensoriels segmentaires sont morphologiquement homologues. On est embarrassé pour leur attribuer une autre fonction que la fonction visuelle. Mais rien jusqu'ici ne prouve que les Hirudinées soient sensibles aux rayons lumineux.

§ 10. — Appareil génital.

Les variations qu'on observe dans l'appareil génital des Annélides sont telles qu'il est difficile d'en donner une idée générale.

Les Polychètes et les GÉrHYRiENs ont les sexes séparés; les Oligochètes et les Hirudinées sont hermaphrodites. Les deux premiers groupes, sauf dans quelques types exceptionnels, n'ont pas de glandes génitales différenciées, les deux autres au contraire ont des ovaires et des testicules bien délimités. Enfin les conduits excréteurs peuvent être considérés comme appartenant au système des néphridies chez les Chétopodes et les Gépuy- RiENs; ils en paraissent tout à fait indépendants chez les Hirudinées. Dans tous les cas, l'appareil génital dans son ensemble est simple, et présente rarement des glandes accessoires et des organes d'accouplement.

Organes génitaux des polychètes. — Les organes génitaux des Polychètes sont encore loin d'être connus dans tous les types. On sait cependant qu'ils sont presque partout à peine différenciés. Les cellules génitales se forment, en des points d'ailleurs très variables, aux dépens du tissu qui tapisse la cavité générale. Tantôt on en trouve dans tous les segments, tantôt dans des zoonites bien déterminés. La prolifération qui produit le bourgeon génital peut se faire sur la paroi du corps, stir les disse-

VERS CILIÉS

piments, sur le vaisseau ventral; elle donne naissance à un bourrelet, à un bourgeon massif ou à un amas de cordons enchevêtrés. Les testicules et les ovaires sont tout à fait semblables sous ce rapport, et ne sont visibles qu'à l'époque de la reproduction. Les éléments sexuels tombent dans la cavité générale et sont évacués au dehors, comme nous l'avons vu, par les néphridies ou par des portions de néphridies plus ou moins différenciées.

Par exception, quelques Polychètes ont les organes génitaux bien différenciés : chez le Slernaspis, l'ovaire et le testicule ont la forme d'un sac à quatre branches, qui se continue en arrière par deux canaux débouchant au dehors; les produits sexuels ne tombent donc pas dans la cavité générale. Dans les genres Saccocirus (Marion et Bohreizky), Micropkthalmus [Bohrelzky] et Tomopteris (Vejdovsky), existent aussi des glandes et des canaux excréteurs rappelant tout à fait ceux des Oligochètes (Vejdovsky). 11 est remarquable que ces types exceptionnels soient précisément les plus inférieurs du groupe.

Les œufs sont généralement fécondés au dehors, sauf dans les cas de viviparité {Cirrhatulus, Marphysa sanguinea, Syllis vivipara, etc.), et dans quelques SabeHidés {Spirorbis, etc.) où les œufs se développent dans la cavité du tentacule operculigère, transformé en organe d'incubation. Ils sont assez souvent protégés dans leur développement, soit dans des organes d'incubation (élytres des Polynoé, sac ventral des Autolylus), soit à l'intérieur d'une substance gélatineuse {Phyllodoce, Ophelia).

Organes génitaux des géphyriens.— La reproduction sexuée chez les Géphyriens se fait comme chez les Polychètes : les cellules sexuelles se développent aux dépens du revêtement de la paroi du corps et tombent dans la cavité générale. Elles sont portées au dehors par les organes segmentaires. Chez VEchiure et la Bonellie femelle, les amas de cellules reproductrices se trouvent à l'extrémité du cul-de-sac du vaisseau ventral. Il y a, nous l'avons vu, deux paires de canaux excréteurs chez TÉchiure et un seul canal impair (utérus, organe segmenlaire) chez la Bonellie.

La Bonellie nous offre un cas de dimorphisme sexuel remarquable et tout à fait unique dans le groupe. Les indications que nous avons données jusqu'ici s'appliquent à la femelle. Le mâle, pareil à une Planaire, est fort petit (1 k 5 millim.) et vit en parasite sur la femelle. Dès la période larvaire, il s'attache à la trompe, et pénètre dans la bouche. Devenu adulte, il émigré dans la chambre inférieure de l'utérus, où il se fixe par deux crochets antérieurs ventraux. L'organisation interne est par là même simplifiée. Le tube digestif se termine en cul-de-sac à ses deux

Page 1