APPAREIL FEMELLE DES TURBELLARIÉS. B
Ces deux sortes de glandes sont très vraisemblablement des portions dilférenciées d'une même glande. Chez certains Polyclades, le même ovaire peut produire ici des ovules, là des cellules vitellines. Ces dernières sont comme chez les Mollusques, des ovules primitivement identiques à ceux nui se développent et seront fécondés. Les vitellogènes sont donc, à l'origine des folhcules ovariques ordinaires. Plus tard il s'établit une division du' travail, d'abord entre les diverses portions d'une même glande, puis dans le cas, général, entre des glandes situées dans les diverses régions du corps Parmi tous les ovaires épars, deux seulement auraient conservé la propriété de produire des ovules proprement dits; les autres donneraient des éléments chargés de granulations vitellines, incapables d'être fécondés, mais homologues cependant au point de vue morphologique aux cellules génitales. Le vitellogène serait alors simplement une portion de l'ovaire Cette théorie, qui semble la plus acceptable, est encore appuyée par ce fait que. chez les Triclades, les germigènes et les vitellogènes sont tout à fait identiques dans le jeune âge.
trois 1° les
Appareil femelle des xuRBELLAiiiÉs. — Typiquement, glandes servent à former l'œuf des ïurbellarie"s (fig. 329) ; germigènes (o), qui donnent l'ovule proprement dit; 2° les vitellogènes [gv), qui fournissent la nourriture ne'cessaire au développement de l'ovule; 3" la glande coquillière, qui forme une enveloppe autour du germe et de son vitellus et limite chaque œuf individuellement. Ces trois glandes débouchent dans un ootype ou réservoir commun. Ce dernier communique avec l'extérieur par un conduit, qui tantôt sert uniquement à l'abduction des œufs, tantôt au contraire reçoit le pénis, sert ainsi k la copulation et mérite le nom de vagin (v). Ils est alors revêtu d'une épaisse couche musculaire et fréquemment il est accompagné d'un réceptacle séminal {rs) où se conserve le sperme après l'accouplement.
Chez les Triclades, les germigènes consistent en deux ovaires symétriques, situés très souvent non loin du cerveau, et d'où naissent deux longs oviductes, qui vont s'ouvrir tout h. fait en arrière dans l'ootype. Les vitellogènes, au lieu d'aboutir directement dans ce dernier, débouchent par de nombreux orifices tout e ong des oviductes, et doivent ainsi cire considérés comme des follicules stérilisés de l'ovaire. Dans l'ootype, à côté de la glande coquili.ère, débouche une large poche où les œufs séjournent anrès avoir été fécondés. C'est un utérus. Nous l'avons vu, le va-in et
— Appareil génital de Vorlex viridis. — t, testicule ; vd, canal déférent; is, vésicule séminale ; p, pénis ; o, germigène ; gv, vitellogène; v, vagin ; rs, réceptacle ; m, utérus (Max ScnuLTZE).
PLATIIELMINTHES.
l'organe copulateur mâle ont, chez les Triclades, un oriQcc commun {Monogompora). Tout indique que l'ootype ne reçoit jamais l'organe copulateur d'un autre individu. Il y aurait autofécondation interne.
Chez les Polyclades, les germigènes et les vitellogènes ne sont pas distincts; il existe une grande quantité d'ovaires disséminés dans le parenchyme de tout le corps ; leurs conduits abducteurs se réunissent en branches de plus en plus fortes, et aboutissent dans deux oviductes longitudinaux, confluant parfois en avant sur la ligne médiane, mais aboutissant toujours en arrière à un ootype où débouchent aussi la glande coquillière et un utérus (ou une vésicule séminale). Le vagin débouche au dehors par un orifice indépendant de l'appareil mâle [Digonopora). Il sert réellement à la copulation, et reçoit le pénis d'un autre individu. Il n'y a plus autofécondation et l'accouplement est nécessaire pour opérer la reproduction.
Le phénomène de réduction que les Rhabdocélides présentent par rapport aux Triclades dans l'ensemble de leurs organes se retrouve dans l'appareil génital femelle : les glandes sont réduites en nombre, mais augmentent relativement de volume. Dans la plupart des Rhabdocèles et des Alloiocèles, les germigènes et les vitellogènes sont distincts. Il existe généralement deux germigènes, petits, sphériques ou allongés, et débouchant par un ou deux conduits dans l'ootype, qui reçoit aussi par deux conduits, rarement un seul [Pi'orhynchus), les produits des vitellogènes. Ces derniers sont des organes pairs, ramifiés et lobés, parfois anastomosés en réseau. Il existe généralement deux utérus communiquant avec l'ootype par un canal transversal, aboutissante peu près au milieu de l'utérus. D'après Vogt et Yung, les embryons vivants sortent dans certains cas {MesosComum) de l'utérus, non pas par l'ouverture génitale, mais par les parois du corps qu'ils perforent dans tous les sens.
Chez quelques Rhabdocèles, les fonctions de germigène et de vitellogène sont réunies sur un même organe {Macroslomidés, Microstomidés).
La réduction est poussée chez les Alloiocèles et les Acèles jusqu'à la suppression complète des conduits génitaux : les œufs formés dans deux ovaires traversent le parenchyme du corps, pour arriver h l'ouverture génitale femelle qui, chez les Acèles, est distincte de l'orifice mâle (fig. 320, et 9).
Appareil femelle des trématodes. — L'appareil femelle des Trémalodes constitue un type un peu différent de celui que nous venons d'étudier,il est assez constan t dans toute l'étendue du groupe.
APPAREIL FEMELLE DES TRÉMATODES. 57b
L'ovaire est toujours unique, tantôt simple (globuleux ou cylindrique), tantôt ramifié [Distomidés). Le germiducte (fig. 330, a, b) aboutit dans un ootype étroit, renflé en vésicule (/«) {Pohjstomidés, Distomidés). Il reçoit en même temps les vitelloductes (c, d, e) émanés, des deux vitellogènes abondamment ramifiés, et dont les parties glandulaires sont de petites vésicules éparses d'une extrémité à l'autre du corps. Jusque-là, il y a une grande analogie
Fig. 3.30.
Mode d'union des parties de l'appareil génital femelle de Bistomum hepalicum, L. (Gr. : l8â diam.l. — a, b, germiductes ; c, canaux vitellins transversaux ; cl, réservoir vitellin ; e, vitelloducte ; /; canal de Laurer; ff, glande coquillière ; A, point (ootypej «ù se réunissent les germiductes et le vitelloducte, et où commence l'utérus ; i, premier repli de l'oviducte se dégageant de la glande coquillière ; /c, canaux déférents (Sommeu).
avec ce que nous avons vu, chez \es Rhabdocèles notamment. Mais à partir d'ici commencent les divergences. De l'ootype, les œufs passent dans un long utérus (i), à nombreuses circonvolutions, qui vient s'ouvrir en avant du corps et sert de vagin (fig. 33S, i, k). Parfois la portion externe de ce canal est renflée, élargie et devient un vagin difi'érencic. Mais il existe encore un organe qui rCa certainement pas d'homologue chez les Turbellariés : c'est un canal découvert en 1830 par Laurer, chez VAm.phislomum conicum. (fig. 330, /). II part de l'ootype, près du point où débouchent la
PLÂTIIELMINTHES.
glande coquillière el l'utérus, et va s'ouvrir à l'extérieur sur la face dorsale après un court trajet. On l'a trouvé chez tous les Dislomiens et chez t^Xwûqwts Pobjslomiens [Axine, 7rochopus,elc.). Le rôle de ce canal a prêté à de nombreuses controverses. Von Siebold (1836) croyait qu'il partait d'un des testicules et mettait en communication directe les appareils mâle et femelle d'un même individu, permettant ainsi l'autofécondation interne. Stieda (1867 et 1871) montre successivement chez le Distomum hepalicwn et VAmphistomum conicum, que ce canal s'ouvre au dehors, et le considère comme un vagin. Cette opinion est admise par Blumbey. Sommer
F\g. 331. — Anneau de Tœnia solium L, vu par la face ventrale. — a, bord postérieur de l'anneau précédent; b, t, canaux excréteurs longitudinaux; c, anastomose transversale; d, canal déférent; e, poche du cirre; /, fossette marginale ; g, vagin ; h, corps de Mehlis [dilatation musculaire de l'oviducte, d'après Moniez; glande coquillière de Sommer] ; A-, utérus; m, vésicules testiculaires ; n, traînées spermatiques ; o, réservoir spermatique; p, anse de l'oviducte; q, les deux germigènes ; r, germiductes ; s, vitellogèue (Sommer) .
(1880) émet l'opinioH que c'est un canal de sûreté servant à l'évacuation du trop-plein des glandes génitales. Enfin Poirier (1885) se rallie à l'opinion de Sommer et montre que l'on y rencontre toutes les sortes d'éléments génitaux à divers degrés de développement : les spermatozoïdes y arrivent graduellement par le pénis, le cloaque, l'utérus et l'ootype ; ils attendent dans ce canal la maturité des œufs. U y a par suite autofécondation interne. On peut d'ailleurs établir que le canal de Laurer ne peut servir de vagin, car il est beaucoup trop étroit pour recevoir le pénis qui, du reste, n'est pas exerlilc.
Appareil femelle des Gestodes. — L'appareil génital femelle des Gestodes (Og. 331) reproduit dans ses parties essentielles