SYSTÈME ARTÉRIEL
dessous de la charnière. Il est logé (sauf dans le cas de VAnomia, sur lequel nous reviendrons) dans une cavité péricardique, dont il est d'ailleurs absolument indépendant, aucune communication n'existant entre les deux cavités.
Le cœur se compose toujours d'un ventricule musculaire et de deux oreillettes, placées à droite et à gauche, en général un peu en arrière (fig. 394). Il est toujours en connexion avec le rectum, mais la nature de celte connexion varie. Dans les types primitifs, le cœur est simplement placé au côté dorsal du rectum, comme cela a également lieu chez les Amphineures, et comme nous allons le retrouver chez les Céphalopodes. Le cœur est appliqué contre le rectum, qui se loge dans une gouttière creusée à sa face ventrale. Cette conformation s'exagère chez VAi^ca, par suite de l'écartement des branchies et des oreillettes sur le côté. Chez VArca Noe (fig. 393), cet écartement est poussé à l'extrême, par suite de la grande largeur du corps, et le ventricule se divise en deux parties (F), écartées l'une de l'autre, disposition connue depuis longtemps, et parfois regardée à tort comme primitive. • Dans les Lamellibranches plus spécialisés, le cœur tend à devenir ventral. Ce phénomène est amené, suivant Pelseneer, par la tendance du muscle postérieur à se déplacer pour se rapprocher du centre de figure des valves, comme Jackson l'a effectivement constaté sur l'Huître. Dans ce déplacement, qui le rend plus ventral, il entraîne les branchies, celles-ci entraînent à leur tour les oreillettes et le ventricule (1). Les deux moitiés de ce dernier se réunissent ventralement, et finissent par embrasser le rectum, qui traverse de part en part le ventricule du cœur. C'est la disposition que présente l'immense majorité des Lamellibranches (fig. 394, cr). Elle s'exagère encore chez beaucoup de Monomyaires, où la descente du muscle est encore plus complète. Chez la Pinna, la portion dorsale du ventricule se réduit à un simple anneau, placé en avant; presque tout le ventricule est ventral.
Il l'est entièrement chez Avicula et Perna; le cœur n'est plus traversé par le rectum, mais est accolé encore à son côté ventral. Enfin chez Meleagrina et Ostrea, au moins à l'état adulte le cœur, tout à fait ventral, n'a plus de rapport avec le rectum'
Système ARXÉniiiL. - Normalement, il part deux aortes du
(1) Cette explication semble plausible pour les Umollibrauches ; mais elle ^llZi r la djspositioa semblable que présentent le llhipi Jo.
gloases. Ces dermers sont trop vcsins des Lamellibranches pour qu'il v aU là un simple ph6nom6ue de convergence; ce caractère rLnarcma l lj ïu cœur traverse par le rectum a dû bien certainement son oric^ine ï a mAmn cause dans les deux groupes. Cette cause est donc encoreTtrouvcr H. l'RnniKn. — Anat. comp.
ventricule : l'une en avant, la plus volumineuse, est toujours séparée du cœur par une valvule ; elle donne du sang au muscle antérieur, aux viscères, au pied et à ses muscles rétracteurs. L'artère pédieuse est particulièrement volumineuse, et irrigue de ses rameaux secondaires les palpes labiaux et la partie antérieure du manteau.
L'aorte postérieure est destinée au rectum et au muscle postérieur. Elle irrigue aussi la portion postérieure du manteau et les siphons, s'ils existent, par deux branches circumpalléales, qui vont s'anastomoser, en suivant le bord du manteau, avec celles qui naissent de l'aorte antérieure.
Cette aorte postérieure n'est pas constante. Elle manque notamment chez les types primitifs {Nucula, Solenomya), et ne semble par suite pas devoir être considérée comme primitive. Le cœur réduit h son aorte antérieure prend alors la disposition des Amphineures ; le rôle de l'aorte postérieure est dans ce cas rempU par une branche de l'aorte antérieure, l'artère récurrente. EUe existe chez tous les Lamellibranches et suffit lorsque la portion postérieure est peu développée {Anomia, Mytilns, Lithodomus). Dans le cas contraire, une aorte postérieure se développe pour l'aider.
La duplicité du cœur chez l'Arche n'entraîne pas de grandes modiBcatious dans l'appareil circulatoire. Chacun des cœurs donne une seule aorte, qui se divise bientôt en une artère antérieure [a, a') et une postérieure p ). Les deux branches antérieures se réunissent sur la ligne médiane (A); il en est de même des deux postérieures (P), et il se constitue deux vaisseaux médians qui représentent les deux aortes des Lamellibranches typiques.
Système veineux. — Des artères, le sang passe dans les voies de retour, qui sont d'une variabilité extrême, même dans les individus d'une même espèce. Ces voies veineuses sont toujours très peu nettes, et, en la plupart des points, simplement lacunaires. Dans les Asiphonés [Arca, Avicula, Peclen), on trouve cependant des veines bien endiguées. Deux gros sinus, l'un venant du pied, l'autre médian, sous-péricardique, venant des viscères, amènent le sang dans les vaisseaux afférents du rein. Le sang subit dans cet organe la dépuration urinaire, et va dé là aux branchies, d'où il revient au cœur:
PÉRICARDE ET GLANDE pÉRicARDiQUE. — Loin d'être uu groupc primordial, comme on l'a considéré longtemps, le groupe des Acéphales est un groupe terminal, qui a à la vérité conserve un certain nombre de caractères primitifs, mais dont on doit rechercher les ancêtres dans d'autres classes de Mollusques, et particulièrement parmi les .Protogastéropodes. C'est en raison