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SIGNIFICATION MORPHOLOGIQUE DU PÉRICARDE

communication avec l'extérieur par les néphridies. Le cœlome est morphologiquement complété par la cavité 'génitale. Chez les Prosobranches inférieurs {Fissurella, Baliotis, etc.), les produits génitaux sont encore e.\pulsés par le rein, qui établit ainsi la continuité entre les deux parties du cœlome primitif. Il n'en est plusde-méme dans les autres Gastéropodes, où la glande génitale s'est entièrement individualisée.

A ce point de vue, on a pu dire que les Gastéropodes — et avec eux tous les Mollusques, — étaient formés d'au moins deux segments : l'un d'eux aurait pour cœlome la cavité générale céphalopédieuse, l'autre l'ensemble du péricarde et de la cavité génitale.

Il importe d'insister sur le fait que la cavité péricardique n'a rien à faire avec l'appareil circulatoire; aucun vaisseau ne s'y ouvre, et c'est tout à fait à tort qu'on l'a appelée sinus péricardique. Le sang n'y pénètre jamais et il n'est en aucune façon, comme on l'a cru, le siège d'un mélange quelconque entre le sang et l'eau venue de l'extérieur par le rein.

Cette question du mélange de l'eau de mer avec le sang des Mollusques a été et est encore très vivement débattue. Il faut abandonner complètement l'idée que ce mélange puisse avoir lieu soit dans le péricarde, soit dans le rein. La seule hypothèse qui puisse être discutée est la pénétration d'eau de mer dans le système vasculaire par des orifices variables contenus dans le pied. L'afflux de sang en certains points du corps permet d'expliquer suffisamment, comme nous l'avons vu plus haut, le gonflement du pied dans un grand nombre de cas ; mais cette explication parait difficilement suffisante dans certains cas particuliers, dans la Natice par exemple, où le corps peut au moins tripler de volume. Dans le cas de la Natice, il est d'ailleurs bien prouvé qu'il existe dans le pied un système de canaux communiquant avec l'extérieur. Mais il est difficile de savoir d'une façon précise si ces canaux sont en relation avec l'appareil vasculaire. D'après Schiemeuz, l'appareil aquifère et l'appareil vasculaire seraient complètement indépendants, et l'eau ne pénétrerait nullement dans le sang. Cette hypothèse nous parait la plus plausible. Nous renvoyons d'ailleurs aux mémoires de Schiemenz pour plus approfondir la question (1).

Appareil circulatoiue des scapoopodes. — L'appareil circulatoire des Scaphopodes présente une dégradation extrême ; on n'y reconnaît aucune espèce de vaisseau; le cœur môme est absent. Le cœlome, qui renferme un liquide contenant des corpuscules amiboïdes, en lient uniquement lieu. 11 n'est donc pas possible de parler, pour les Scaphopodes, d'appareil circulatoire proprement dit.

De Lacaze-Duthiers a décrit une communication entre l'appareil vasculaire et l'extérieur. Celte communication a été revue par

(1) Schiemenz, M. S. Neapel, t. VI et IX, 1884, 1887.

Plate et Fol. Elle doit être interprétée un peu différemment. Elle représente l'orilice externe du cœlome. Au lieu de déboucher comme d'habitude dans le rein, il s'ouvre directement à l'extérieur. C'est un fait qui se retrouve dans le Nautile (1).

Appareil circulatoire des Lamellibranches, COEUR. — L'appareil circulatoire des Lamellibranches se déduit facilement

Fig. 394. — Vue de la région dorsale d'une Anodonte, dout les téguœentsontété fendussurlallgne médiane : — an, anus ; mi, muscle adducteur postérieur ; M, manteau ; cr, cœur traversé par le rectum, r; o?*/, oreillette; kb, glande péricardique (organe de Keber) ; bj, reins (corps de Bojanus) (Gibod).

Fig. 395. — Face dorsale de ÏArca Noe, L, montrant les deux cœurs. — 0, oreillette; F, ventricule .• Pe, péricarde; a,a', aortes antérieures droite et gauche, se réunissant eu une aorte commune anléi'ieure^ ; /), p', aortes postérieures, se réunissant de même en une aorte comnmne postérieure P; B, rein; fl, rectum ; M, muscle adducteur postérieur; M', m. adducteur antérieur; m, m. rétracteur postérieur; m', m. rétracteur an t. (MenegadxJ.

de la disposition présentée par les Gastéropodes ûiotocardes ; il se ramène donc au type général des Mollusques. Le cœur est toujours placé sur la ligne médiane dorsale, au-

(1) Voir Fol, loc. cit. et Plate, A. Z., t. XI, p. 509.

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