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REINS DES CÉPHALOPODES

Jamais d'ailleurs le parenchyme glandulaire n'atleint l'énorme développement qu'on trouve chez les Gastéropodes.

Reins des Céphalopodes (1). — Les Céphalopodes ont ici encore conservé bien des traits du type primitif. Les reins (pl. V; les cavités urinaires sont colorées en bleu) y constituent deux sacs symétriques, placésventralement dans la région abdominale (^).Il en existe quatre chez le Nautile. Les deux sacs peuvent être distincts {Eledoné), ou réunis par deux anastomoses transversales {Sepia; pl. V, A et B); dans ce dernier cas, il peut s'ajouter un troisième sac impair, placé dans la région dorsale (pl. V, flg. A,B, C; /?).

Quoi qu'il en soit, il existe toujours deux orifices séparés (r), débouchant dans la cavité palléale, h droite et à gauche de la ligne 4Tiédiane, tout près de l'entrée de l'entonnoir.

Les parois de ces sacs sont entièrement lisses, dans la partie inférieure; au contraire la paroi supérieure qui recouvre les veines caves s'épaissit énormément par suite du développement de trabécules anastomosés, et se recouvre de cellules glandulaires (fig. A, pv). Ce sont les appendices veineux, qui, dans la Seiche, se continuent aussi sur la paroi inférieure du sac impair dorsal (fig- C,p-).

Les sacs rénaux communiquent enfin toujours avec la cavité viscérale par un petit canal terminé par un pavillon lobé {It) (néphrostome).

Histologie de l'appareil oLANDULAinE nu hein. — Il nous reste à étudier le raécanisme de la sécrétion urinaire. A cet égard on peut considérer deux cas :

1» Chez les Céphalopodes, quelques Gastéropodes (Fissurella, Pa/eUa, Valuala, etc.), et chez les Acéphales les moins dilTérencics (Nuculidés cl Solénomyiilês), le revêtement épithélial glandulaire du rein est uniforiuément constitué par une seule espèce de cellules cubiques, couvertes de cils et à protoplasuia également condensé en tous ses points. La sécrétion se fait simplement par osmose.

2" Chez tous les autres Gastéropodes et dans la majorité des Lamellibranches, il existe très généralement deux sortes de cellules (fig. 402), les

F.ig. 401. — Coupe de l'extrémité d'une lamelle rénale de Litlorina littorea. — X, épithéliuin rénal; g, cellules glandulaires; i', vacuole d'excrétion; c, cellules ciliées; f, tissu conjonctif fibreux; q, cellules conjonctives (R. Pebrier).

(l) Grobden, Arb. Wien., t. V, 1883.

.^lnes ciliées (c), sans rôle excréteur bien net, les autres au contraire gros ' (g), dépourvues de cils;, ce sont les vraies cellules glandulaires. 11 se foriu'; dans leur partie supérieure une grosse vésicule (y), remplie de suc cellulaire, tenant en suspension des concrétions urinaires. Lorsque la cellule est jnûre, elle se coupe au-dessous de la vésicule, et tandis que celle-ci tombe dans la cavité rénale et est expulsée au dehors, la cellule se reforme et peut continuer à fonctionner.

Rkins primitifs. — Nous avons vu que, chez les Vers, les néphridics se répétaient normalement par paires dans chaque segment, ce qui leur a valu le nom d'organes segmentaires.

Si les reins des Mollusques sont comparables a des organes segmentaires, comme nous avons montré que les Mollusques sont formés de deux segments, il y a lieu de rechercher les néphridies de la première paire, qui doivent mettre en communication la cavité générale céphalopédieuse avec l'extérieur.

Ces néphridies existent en réalité, mais elles n'apparaissent que pendant la vie embryonnaire. Ce sont les reins larvaires ou rems primitifs, découverts en 1851 par Gegenbaur et 0. Schmidt, et retrouvés dans bon nombre de Gastéropodes. Ils jouent par rapport à la cavité céphalopédieuse le rôle du rein par rapport au péricarde. Ce sont des tubes tapissés de cellules à vésicules semblables aux cellules rénales.

Plus tard ces reins disparaissent par dégénérescence, et il ne reste plus que les reins définitifs que nous avons étudiés plus haut.

§ 8. — Système nerveux.

Description GÉNÉRA.LE. — Le système nerveux .des Mollusques est formé par un certain nombre de ganglions, non disposés en chaîne sériée comme chez les Vers etles Arthropodes, mais unis par des cordons nerveux, auxquels on donne le nom de commisswes quand ils unissent deux ganglions de même espèce, et de connectifs, quand ils joignent deux ganglions d'espèces différentes.

Dans les types supérieurs, les ganglions sont des corps arrondis, nettement limités, et exclusivement formés de cellules nerveuses, avec quelques éléments conjonctifs, servant de soutien; les cordons nerveux, au contraire, sont exclusivement formés de fibres nerveuses, sans aucune interposition de. cellules nerveuses. La délimilation est loin d'être aussi nette chez les formes infé; Heures. Les ganglions ont la forme de bandelettes allongées se continuant par les cordons nerveux, sans ligne nette de démarcation, et des cellules nerveuses recouvrent ces derniers sur presque toute leur él^endue. C'est là un fait important que nous avons déjà, rencontré avec autant de netteté dans d'autres embranchements.

■Les ganglions ont la structure ordinaire: les cellules nerveuses en occupent la périphérie. Elles sont volumineuses (I); leur noyau, énorme, occupe presque toute la cavité et permet dé distinguer très nettement Je réseau

(1) Chez Y'ileiix, elles varient de 0'"'»,4 dans les ganglions viscéraux à 7 |x dans les ganglions cérébroïdes. . " .' . . \ , ; .. . :" ;

chromatique et le nucléole. Le reste du gcangUou est occupé par la substance pouctuée de Leydig, dont les ûbrillcs mettent eu relation les cellules entre elles et avec les fibrilles des uerfs.

Les fibres nerveuses d'un même nerf sont séparées les unes des autres

Fig. 402. — Système nerveux du Cftilon sicuhts. — M, manteau; L, lobes céphaliques ; F, pied; K, branchies; A, anus; 0, nnneau œsophagien.; c, commissure allant au ganglion viscéral antérieur; p, commissure des ganglions de l'organe subnidulairc ; ?•, ganglion de l'organe subradulaire; Es, cordon viscéro-branchial ; mn, nerf stomacal; n, n', nerfs subrénaux; m, nerfs palléaux ; /i/i', nerfs cardiaques; Fs, cordons pédieux et réseaux nerveux. du pied {Mix IIam,ei\).

par des scpta conjonctifs. Autour du nerf se trouve un névrilcrame formé de deux couches ; l'une interne membraneuse, en continuité avecilcs septa internes; l'autre ex,tcrne, constituée par du tissu conjouctif vésiculaii'e. ■

Système nerveux des Amphineures. — La portion centrale du système nerveux des Ampoineures, qui doivent ici encore être pris pour point de départ, est constituée par une bandelette circulaire (fig. 402, 0) disposée en anneau autour del'œsophage et tantôt complètement dépourvue de renflements cérébroïdes [Chilon], tantôt présentant un petit épaississement ganglionnaire [Neomenia, Chsetoderma). De cet anneau parlent quatre gros cordons nerveux. Deux d'entre eux, rapprochés de la ligne médiane, sont les cordons pédieux [Fs). lissontunis par de nombreuses et irrégulières commissures transversales, quidonnentà l'ensemble un aspect scalariforme. Elles manquent dans le Chxtoderma. Lesdeuxautres cordons sont les cordons viscéraux {Bs). Ils courent près des bords latéraux, et s'unissent en arrière par une commissure transversale au-dessus de l'anus. Dans le Proneomenia, les deux cordons de chaque côté sont unis par des cordons connectivaux, et, dans le Chsetoderma, ils se réunissent même, h la partie postérieure, en un seul cordon qui s'unit à celui du côté opposé en passant audessus du rectum.

En somme, le système nerveux central se réduit à un collier œsophagien! circulaire, d'où émergent deux paires principales de nerfs, les nerfs pédieux et les nerfs palléaux. Les premiers ont été comparés à la chaîne nerveuse des Annélides, mais il n'y a là qu'une apparence. Les deux formations n'ont rien de commun. Quant aux cordons palléaux, on ne peut, comme on l'a fait quelquefois, les comparer à la commissure viscérale des autres Mollusques; car celle-ci passe toujours au-dessous du tube digestif. Ils sont très certainement, comme le veut Bùtschli, homologues des nerfs palléaux des Prosobranches.

On a objecté que ces derniers n'innervaientpas les branchies. Mais nous savons que les branchies des Ghitons ne sont pas morphologiquement comparables à celles des autres groupes. Cela admis, l'importance du rôle de ces cordons dans l'innervation de l'appareil respiratoire explique suffisamment le développement considérable de ces nerfs, comparé à la réduction de la cavité palléale.

Disposition GÉNÉRALE du systiîme nerveux des autres mollusques. — Tous les autres Mollusques ont le système nerveux disposé sur le même type. Les ganglions se trouvent toujours disposés en trois groupes (flg. 403) :

1" Les deux ganglions cérébroïdes (C), placés au-dessus de Toesophage et servant à l'innervation de la tête, du pharynx et des organes des sens. Ils sont unis par une commissure cérébroide (c).

2° Deux ganglions pédieux (/)), innervant le pied par de nom-

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