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YEUX DES LAMELLIBRANCHES

nous avons appelé les yeux élémentaires des Arthropodes. On peut également les appeler des ommatidies (ûg. 411). Chaque ommatidie se compose d'un groupe de cellules incolores impressionnables, les rétitïopkores, entourées par une couronne de cellules pigmentées, les réiimdes.

Les rélinophores sont au nombre de deux. Mais très généralement elles se fusionnent en un seul corps, parfois incomplètement. Lorsque la fusion est complète, l'un des noyaux dégénère (n;/-) et peut même disparaître. Entre les deux rétinophores pé nèlre une fibre nerveuse {axn). Après la fusion des deux cellules, elle devient intracellulaire, et constitue la /ière axiale.

Les rélinules, au nombre de quatre à six, ne sont jamais doubles, et ne contiennent pas de fibre axiale; mais entre elles, se trouvent des filets nerveux intercellulaires {nf).

Toutes les cellules de l'ommatidie s'attachent par un petit pédicule à la membrane basilaire de l'épithélium {àm); elles peuvent également toutes se terminer par une cuticule où on distingue deux couches : l'une anhiste, la cuiicule cornéenne, dépourvue de filets nerveux, l'autre plus profonde, constituant la terminaison des cellules sous-jacentes. C'est la cuticule rélinidienne. Dans cette dernière portion viennent se terminer les dernières ramifications ou rétinidium des nerfs, aussi bien dans les rétinophores que dans les rétinules. Mais dans les premières, c'est le rétinidium de la fibre axiale, dans les secondes ceux des fibres intercellulaires. Tel est le premier stade de différenciation de l'œil. C'est la seule forme qui existe chez la plupart des Lamellibranches.

Mais dans un petit nombre de genres, la différenciation devient plus avancée ; les ommatidies se groupent en grand nombre côte à côte, et cette collection constitue des yeux véritables, qu'on peut remarquer facilement sur tout le pourtour du manteau. Ces yeux peuvent se présenter sous trois types différents :

1° Les rjeux pseudo-lenliculaires qui ne se trouvent que dans le genre Ai ca; ils sont épars, au nombre de 200, sur le pli ophthalmiquedu manteau. Ce sont simplement des groupes d'ommatidies juxtaposées, mais dans lesquelles la cuticule et les éléments rétinidiens ont pris un grand développement ; leur ensemble forme une lentille biconvexe, saillant légèrement à l'extérieur et repoussant devant elle intérieurement les éléments optiques, dont l'ensemble prend la forme d'une coupe peu profonde;

2" Les yeux à facettes qui existent aussi chez les Arches et constituent les seuls organes visuels des Pectunculus. Ils sont tout à fait identiques aux yeux composés des Arthropodes (Qg. Ml, B). Les

rétinules (au nombre de huit) ont perdu leur cuticule rélinidien ne ; au contraire, celle des rétinophores s'est développée considérablement et forme au-devant de la cellule sensible un bâtonnet très réfringent; il ne constitue pas seulement un appareil dioptrique, comme on l'a cru longtemps; le rétinidium du nerf axial y est encore contenu, et en fait un organe sensible au même titre que le bâtonnet des Yertébrés.

Ces différents bâtonnets, avec la couche cornéenne correspon-

Fig. 411. — A, une ommatidie isolée d'un Mollusque; ce, cuticule cornéenne; nrf, noyau nucléole du rétinophore; nrf^, son noyau avorté; axn, nerf axial; nf, fibres nerveuses; bm, membrane basale (Patten).

B, Ommatidie d'un œil composé d.'Ârca ou de Peclunculus. — Les rétinules pg et pg^ ont perdu leur bâtonnet et servent seulement à protéger le bâtonnet des rétinophores ; mêmes lettres (Patten).

dan te, sont individualisés, et l'ensemble de l'oeil, vu extérieurement, apparaît comme formé de facettes hexagonales contiguës, comme chez les Artropodes.

3» Les yeux invaginés constituent le dernier groupe. Chacun d'eux n'est à proprement parler qu'un groupe d'ommatidies qui s'est enfoncé en forme de coupe plus ou moins profonde dans les téguments. C'est h cet état de simplicité schématique qu'ils restent dans YArche, et, chaque onimatidie étant constituée comme dans le type précédent, une épaisse cuticule rétinidienne tapisse chacune des coupes.

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