‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 223 sur 412 · YEUX DES GASTÉROPODES · texte numérisé non relu

YEUX DES GASTÉROPODES

Nous rencontrons encore ici les deux variétés de ce type, signalées plus haut. Dans les espèces inférieures {Diolocardes et Hélérocardes) c'est une simple coupe, dont le fond est occupé par des ommatidies ordinaires (tig. 413). La portion cuticulaire se divise en deux couches, l'une extérieure, résistante, la cornée, l'autre, interne, molle et presque liquide, le corps miré.

Dans les types plus élevés, la coupe se transforme en une vésicule close (ûg. 414), mais la complication n'atteint pas à beaucoup près ce que nous venons de voir chez le Pecten. La vésicule reste sphérique, et les ommatidies postérieures seules sont

Fig. 414. — OEil de Murex brandaris, coupé longitudinalement. — L, cristallin; Gl, corps vitré ; R, rétine ; n", nerf optique (IIilgeh).

parfaitement développées ; elles sont droites et tournent leur bâtonnet vers la lumière. Les cellules de la partie antérieure de la vésicule sont au contraire plates et transparentes {couche transparente).

L'intérieur de la vésicule est rempli par une substance hyaline, le corps vitré {gl), tout h fait anhiste. llilger a décrit en outre une lentille sphérique, jouant le rôle de cristallin, mais dépourvue de structure (Z,). Ce n'est qu'une portion condensée du corps vitré. Chez les Stylommatophorcs, elle occupe toute la cavité de la vésicule. En avant de l'œil, l'exoderme s'est refermé, et consliluc une cornée transparente. ' '

D'après Bergh, certaines espèces d'Oncidium posséderaient sur le dos de nombreux tentacules, qui porteraient chacun deux ou trois yeux, disposés à peu près comme chez le Peclen.

Organes SENSORIELS DES PLAQUES calcaires des Chitons (I). — Jusqu'à ces dernières années on considérait les Cliitons comme totalement dépourvus d'organes visuels. Eu I8G5, Moseley a découvert, dans le Schizochiton incisus, des yeux encastrés dans les plaques calcaires qui forment le test. Ces organes ont été retrouvés par lui dans plusieurs genres [Acanlhopleura, Corephium, Enoplochilon, etc.). Ils manquent chez les Chitons indigènes. Leur structure est assez complexe et se rattache à celles des yeux invaginés ; ils sont munis d'une lentille cristallinieune et recouverts d'une cornée calcaire. Leur nombre et leur disposition varient et peuvent servir de caractères dans la systématique. 11 peut en exister plus de trois mille sur une même plaque (plaque antérieure de Covephmm aculeatum).

Au point de vue morphologique, Moseley les considère comme résultant de la transformation d'autres organes papilliformes, bien plus nombreux et présents chez tous les Placophores. Ce sont très probablement des papilles tactiles, éparses sur toute la surface de la plaque, et se présentant sous deux formes, qui diffèrent surtout par leurs dimensions. Ce sont les méga- Isesthetea et les micrœsthètes. Chacune des premières reçoit un nerf, émané d'un riche plexus nerveux plongé dans la plaque; les petites papilles paraissent sous la dépendance des grandes, et reçoivent leurs nerfs de ces dernières. Les yeux ne diffèrent pas par leurs connexions des mégalœsthètes; ils reçoivent leurs nerfs du même plexus et commandent aussi à de petites papilles. Toutes ces parties nerveuses sont logées dans des canaux parcourant l'épaisseur de la plaque.

Les Ptéropodes possèdent des yeux placés sur les tentacules; mais leur structure n'est pas connue.

Ces organes manquent chez le Dentale.

Yeux des Céphalopodes (2). — L'œil du Nautile (fig. 415 A) est construit sur le type des yeux invaginés des Arches et des Gastéropodes. Il est porté au sommet d'un pédoncule conique, et a la forme d'une coupe, mais celle-ci est presque fermée et ne communique avec l'extérieur que par un orifice étroit.

Dans les autres Céphalopodes, les yeux, énormes, sont plongés dans les parois de la tête et à peine saillants au dehors (ûg. 416). lis sont logés dans une capsule cartilagineuse (co), dans laquelle le nerf optique pénètre par un orifice situé à la partie postérieure. Un coussinet graisseux (n) sépare l'œil de la capsule et facilite les glissements.

L'œil a, comme chez les Gastéropodes supérieurs, la forme d'une vésicule close, dont la partie postérieure est formée par la rétine, de structure analogue à celle des Gastéropodes. La portion antérieure de la vésicule est constituée par des cellules plates

(1) Moseley, Q. .1., t. XXV, 1885.

(2) Grenaciier, Abhandl. Nal. Gesellsch. Halle, t. XVI, 1884.

Page 1