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ORGANES DES SENS INFÉRIEURS

routes les formations de ce genre sont h peu près identiques, sur toute la surface du corps du Mollusque.

Ce sont des cellules neuro-épithéliales, éparses en général au milieu des autres cellules de l'épiderme, et en connexion par leur base amincie avec les filets nerveux du tégument.

Ces cellules peuvent se ramener toujours à deux types différents :

1° Des cellules volumineuses, avec un large plateau, couvert de soies, et décrites chez les Acéphales notamment par Flemming;

2° Des éléments grêles et allongés, n'offrant qu'une portion renflée, tout entière occupée parle noyau, et se terminant par une tête en forme de massue sur laquelle peuvent ou non s'insérer des soies. D'ailleurs les formes dérivant de ces types peuvent varier à l'infini, et ont été décrites sous les noms les plus divers (cellules columnaires, cellules à pinceaux, etc.). Mais on peut trouver les passages entre toutes les formes. 11 est donc naturel de les réunir sous la dénomination de cellules de Flemming, du nom de l'histologiste qui a le plus contribué à les faire connaître.

Elles peuvent exister dans les points les plus divers du corps, en relation avec le milieu extérieur. Pour en donner une idée, on en a décrit chez les Gastéropodes:

1° Sur les tentacules céphaliques, palléaux et épipodiaux;

2° Sur la collerette latérale des Diotocardes ;

3° Sur le pied et même dans les glandes pédieuses (Sochaczewer) ;

4° Enfin sur les divers organes du manteau, notamment sur le bord de celui-ci, dans la branchie, parfois dans la glande à mucus, mais surtout dans l'organe olfactif connu sous le nom d'organe de Spengel ou de fausse branchie , et dont nous avons vu plus haut la morphologie comparée.

Parfois cependant l'organe sensoriel, au lieu de rester diffus,

I prend une constitution plus différenciée, et forme des papilles qui ont encore été décrites par Flemming (ûg. 419). Ce ne sont que des cellules de Flemming associées en un faisceau qui est recouvert par des cellules de soutien plates et larges, nullement nerveuses. L'ensemble constitue un corpuscule ovoïde, qui ressemble d'une façon presque complète aux bourgeons du goût des Vertébrés. Flemming incline à les considérer comme tels. Mais leur situation semble plutôt les définir comme organes du tact. On les rencontre en effet sur les cirres épipodiaux des Trochus, sur les filaments qui bordent le manteau des Peclen, sur les bords du

• sillon latéral des Fissurelles, etc. Ce seraient là. de singulières places pour des organes gustatifs.

D'ailleurs la configuration d'un organe ne peut servir en général à déterminer sa fonction. Il faut des expériences précises. Il n'en a jamais été fait.

Du reste, d'une manière générale, on n'a qu'un fort petit nombre d'expériences à citer relativement à la détermination des organes sensoriels des Mollusques. Les plus concluantes ont permis d'attribuer aux grands tentacules de l'Escargot, non pas un

rôle tactile, comme on l'avait cru longtemps, mais bien un rôle olfactif (Moquin-ïandon).

Les nombreuses cellules neuro-épithéliales qui les revêtent communiquent avec un gros ganglion olfactif, auquel fait suite un nerf olfactif.

Celui-ci, après s'être accolé au nerf optique contenu dans le même tentacule, se rend au cerveau.

C'est par de simples considérations histologiques que Sochaczev^'er a placé dans la glande suprapédieuse le siège de l'olfaction.

Chez les Gastéropodes, on s'accorde généralement à attribuer la fonc lion olfactive à l'organe de Spengel. Mais ici rien de précis; aucune expérience n'a été faite à

Fig. 419. — Papilles gustatives des Mollusques, a, papille traitée par l'acide acétique; b, papilles ayant subi l'actiou du nitrate d'argent; les limites des cellules de recouvrement apparaissent sous forme de lignes noires. — c, cellules de recouvrement isolées ; d, cellules sensitives occupant l'axe de la papille, isolées par macération dans le sérum iodé et l'acide acétique (Flemming).

l'appui, et c'est par une simple hypothèse qu'on a pu leur attribuer ce rôle spécial. A la vérité, si on isole le manteau d'un Mollusque vivant, et qu'on approche de l'organe de Spengel un agitateur imprégné d'une substance odorante, de térébenthine par exemple, on voit des contractions se produire dans l'organe. Mais si on en conclut un rôle olfactif, on sera forcé de généraliser l'olfaction sur une grande partie du corps ; car le même phénomène se produit dans une région quelconque du manteau, sur les tentacules, etc. Il est rai-

i=onnable, pensons-nous, de voir là une conséquence de l'irritabilité des cellules deFlemming, mais on ne peut attribuer cà cellesci une valeur fonctionnelle spécialisée que par suite d'une hypothèse, et seulement dans le cas où elles sont groupés avec d'autres cellules, de manière à former des organes compliqués (1).

§ 10. — Organes génitaux.

Les Mollusques sont pour la plupart dioïques; mais il y a parmi eux des exceptions nombreuses s'étendant à des groupes entiers. Les Amphinewes, les Puhnonés, les Opislhobi-anches, les Pléropodes et un certain nombre de Lamellibranches sont hermaphrodites.

L'hermaphrodisme peut se présenter sous deux formes diffé-

Fig. 420. — Follicules de la glaude hermaphrodite des Gastéropodes (demischématique). — A, Hélix: les œufs (a) se développent au fond des follicules, les éléments mâles près de l'orifice, mais ils ne se développent en spermatozoïdes qu'après s'être détachés, et rendus dans l'intérieur du follicule (6). — B, /Eolidia : il y a séparation des follicules mâles [b], et des follicules femelles [a) ; c, conduit cfTérent commun (Geoenbahr).

rentes. Tantôt les produits mâles peuvent se former aux mêmes endroits que les produits femelles, mais à des époques différentes. L'animal est alors à un moment donné unisexué, mais il est successivement mâle ou femelle. C'est ce qui a lieu dans l'Huître et le Cardium. Plus souvent l'hermaphrodisme est complet, et l'animal produit en même temps des œufs et des spermatozoïdes. Gela a lieu chez le Peclen, VAspergillum., parmi les Lamellibranches, et dans tous les autres groupes hermaphrodites. Alors même, plusieurs dispositions peuvent se présenter.

Chez les Puhnonés, par exemple, les produits des deux sexes se forment côte à côte dans le même follicule glandulaire, les œufs dans la partie la plus profonde, les spermatozoïdes près

(I) Voir Félix BERNAno, loc. cit., A. S. N., 7" série, t. IX, 1890.

de l'orifice (Qg. 420 A); mais leur maturité n'a pas lieu au même instant. L'Escargot peut donc bien produire en même temps œufs et spermatozoïdes, mais ils viennent de follicules différents de la glande.

Chez les Opistliobranches la séparation est constante; il existe des follicules mâles ne produisant jamais d'œufs, et des follicules femelles ne donnant de spermatozoïdes à aucun moment de leur existence (fig. 420 B). Lorsque cette disposition est poussée à l'extrême, la glande génitale finit par se diviser en deux glandes, l'une mâle, l'autre femelle, ayant chacune leur conduit excréteur particulier. Ce cas est réalisé notamment dans les Ebjsia.

L'étude des organes génitaux comprend deux parties : l" l'élude des glandes elles-mêmes et de leurs conduits excréteurs; 2" l'étude des organes accessoires.

Originellement les produits génitaux prennent naissance aux dépens de l'endothélium de la cavité générale, comme chez les Annélides. Cette disposition est réalisée chez les Amphineures et chez les Céphalopodes, où la cavité générale persiste dans toute son intégrité. Dans les autres types, la portion géniîale se sépare du péricarde, et se constitue proprement à l'état de glande génitale. D'après sa nature morphologique même, il est facile de comprendre qu'il n'existe jamais qu'une glande impaire.

Voyons maintenant les dispositions spéciales à chacune des classes :

L Gastéropodes. — Chez les Amphineures, les éléments génitaux sont formés aux dépens du revêtement de la cavité générale; les oeufs et les spermatozoïdes se développent sur le même individu, mais dans des follicules séparés; ils s'échappent au dehors par les néphridies et il n'existe pas d'orifice génital proprement dit (1).

La même connexion existe chez les Diotocardes. Chez la

(1) Le chapitre relatif aux Mollusques était complètement imprimé et presque entièrement tiré, lorsqu'à paru le mémoire de Pruvot sur les Néoméniens (A.Z.E., 2» sér., t. IX, 1891). Je n'ai donc pu tirer parti des nombreux faits anatomiques qu'il renferme. L'auteur apporte une multitude de détails nouveaux sur ce groupe encore si peu connu, mais ils changent peu les traits généraux que nous avons esquissés aux pages précédentes, et qui, pour la plupart, se trouvent vérifiés. — L'appareil circulatoire demande ici toutefois un nouvel exposé. Il est en effet très réduit, et se compose exclusivement de deux sinus médians, un donal et un ventral, sans parois propres et simplement creusés dans le parenchj'me mésodermique. A la partie postérieure, le sinus dorsal fait complètement saillie dans ce que nous avons appelé le péricarde, il est très musculeux et mérite le nom de cœur, mais sans présenter la différenciation ordinaire en oreillettes et ventricule. 11 est même parfois incomplètement clos, et communique avec les lacunes intra-mésodermiques.

C'est surtout sur la description du cœlome et des organes génitaux et urinaires que PnuvoT se croit en désaccord complet avec les auteurs qui l'ont

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