ORGANES GÉNITAUX DES GASTÉROPODES
i issurelle et l'HalioUs, un orifice persislant mel en communication les cavités rénale et génitale. Chez les Patelles et sans doute
précédé. Pour lui, le cœloine est comblé par le parenchyme mésodermique et n'est plus représenté que par les sinus sanguins. Le reste représente simplement les organes génitaux qui sont, d'après lui, composés des parties suivantes : 1° les glandes génitales hermaphrodites formant deux cavités s'étendant presque tout le long du corps, de part et d'autre du sinus dorsal (c'est la portion ovigère du cœlome) ; 2» une -poclie ovùjère où aboutissent les deux glandes et où fait saillie le sinus dorsal (péricarde des auteurs) ; 30 deux glandes coquidières conduisant de cette poche à l'extérieur (néphridies) des auteurs.
Cette description, on le voit, ne modifie en aucune façon les données générales qu'on possédait sur la disposition et la connexion des organes dont il s'agit ; elle ne fait que les préciser. L'interprétation seule diffère. La signification physiologique que donne Pruvot est parfaitement acceptable, mais elle n'exclut nullement la signification morphologique des mêmes parties qu'Hu- BnECHT a mis en lumière, et qui nous paraît toujours justifiée.
Eu effet : 1° Pruvot affirme que le cœlome n'est représenté que par les sinus sanguins; mais il n'en donne pas de preuve convaincante. Pourquoi ne sont-ils pas comparables aux sinus sanguins des Annélides ou aux vaisseaux des autres Gastéropodes, où il existe cependant une cavité générale. Mais, même en admettant l'hypothèse de Pruvot, il faut se rappeler que toute l'anatomie indique la présence de deux zoonites chez les Mollusques et, par suite, de deux espaces cœlomiques successifs; tout semble indiquer que le premier espace, la cavité céphalopédieuse des Gastéropodes, est en effet comblé, taudis que l'ensemble des cavités génitales répond au cœlome du second segment, comme nous favons admis pour le péricarde et les cavités génitales des Gastéropodes.
2» 11 ne faut pas oublier que les Mollusques se rattachent nettement aux Annélides, et Pruvot remarque que les radules de certains Wéoméniens (faramenia impera, Proneomenia vogon) sont identiques à des armatures pharyngiennes de Chétopodes. Or, chez les Annélides, les éléments génitaux prennent naissance aux dépens du revêtement du cœlome; il n'y a donc pas lieu de s'étonner qu'il en soit de même chez les Gastéropodes, surtout quand on rencontre une connexion identique chez les Céphalopodes.
30 La disposition du péricarde autour de la partie la plus contractile du vaisseau dorsal nous semble, étant donnée sa généralité dans les Mollusques, un fait d'une grande importance. Pruvot essaye de l'atténuer, en montrant que le cœur n'est pas entièrement libre à son intérieur. Mais c'est là un fait d'arrêt de développement et, même chez les Gastéropodes typiques, on doit en réalité considérer le péricarde comme une vraie séreuse dont un feuillet tapisse le cœur; c'est ce que prouve manifestement la glande péricardique qui se forme tantôt sur la paroi du péi'icarde, tantôt sur le cœur. Quant à la continuité du revêtement péricardique avec les glandes génitales, il n'a rien de surprenant. Les follicules génitaux des Annélides ne sont-ils pas en continuité absolue avec l'endothélium général, ne se forment-ils pas parfois même sur les vaisseaux.
4» Enfin, les glandes coquillières nous semblent simplement être des néphridies. En admettant même la fonction que leur attribue Pruvot, et qu'il avoue n'être que probable, nous assistons assez souvent chez les Annélides à un pareil changement de rôle, pour ne pas nous en étonner ici. La déterminaiion de la nature morphologique de ces canaux est d'ailleurs étroitement connexe de celle du péricarde. Si ce dernier est cœlomique les canaux sont nécessairement des néphridies. Leur dualité est du reste un argument important pour cette dernicl'o détermination. Elle ne s'explique pas, dans la théorie de Pruvot.
En résumé, la théorie d'HuBRECHT nous semble rester entière. Ainsi ce m-
aussi les ïrochidés, les deux cavités sont normalement sans communication; ce n'est qu'au moment de la maturité sexuelle qu'un orifice se produit dans la cloison mitoyenne des deux organes. L'expulsion des produits sexuels se fait toujours par le rein droit seul.
Dans les Monotocardes et tous les autres Gastéropodes, la glande génitale est absolument séparée du rein et débouche au
Fig. 421. — Appareil génital de la Paludina vivipara. — A, organes mâles : h, h, les deux portions du testicule; c, canal déférent; W, glandes prostatiques. — B, organes femelles : h, oviducte ; a, glande albuminipare ; a', point où débouche cette glande ; p, poche copulatrice ; oo, utérus (Baudelot).
dehors par un orifice distinct qui termine un canal déférent plus ou moins long.
La glande génitale présente toujours l'aspect d'une glande en grappe à acini simples ou ramifiés; elle est toujours placée dans le voisinage du foie, quelquefois même cachée à son intérieur. Comme aspect extérieur, la glande peut se présenter comme une masse compacte ou lobée.
Les conduits génitaux (fig. 421) sont extrêmement simples dans;
pris, les Amphineures présentent avec les Gastéropodes, et d'une façon plus éloignée avec les Céphalopodes, une analogie de plan de structure tout à fait profonde, et tout le groupe des Mollusques se concentre de la sorte aisé-' ment en un faisceau homogène dont l'étude comparative est particulière-, ment intéressante.
ORGANES GÉNITAUX DES GASTÉROPODES. 735 les lypcs diûïques, c'est-à-dire chez tous les Prosobranches (sauf la Valva(a). Ce sont des tubes droits, ou plus ou moins contournés, qui partent de la partie antérieure de la glande génitale, s'accolent à la région droite du manteau, longent le rectum et viennent déboucher dans le voisinage de l'anus. Dans le mâle (fig. 421 A), il n'existe que rarement des glandes accessoires; mais l'oviducte, dont la région terminale se renfle parfois en utérus (fig. 421 B, o), a en général ses parois fortement épaissies, et les cellules qui le tapissent intérieurement sécrètent une masse énorme d'albumine. Plus rarement (Paludine, Hétéropodes), il existe une glande spéciale (a) chargée de ce rôle.
Les organes de copulation manquent totalement chez les
Diotocardes.
Les Monotocardes, au contraire, possèdent un pénis parfois énorme, développé dans le voisinage de la tête, sur le côté droit, et attaché au corps (Qg. 379). C'est en général une masse musculaire et solide, non susceptible de s'invaginer, mais se logeant seulement dans la cavité palléale. Ce n'est que dans des cas fort rares que le pénis peut s'invaginer.
Les spermatozoïdes peuvent arriver à l'extrémité de ce pénis de deux façons :
1" Par une gouttière ciliée qui commence à l'orifice génital et se prolonge jusqu'au sommet du pénis [Murex, Strombus, Hétéropodes) ;
2° Par un canal continuant directement le canal déférent, et s'ouvrant au sommet du pénis {Buccinum). On peut dire alors que l'orifice mâle est au sommet de l'organe copulateur.
La femelle n'a en général chez les Prosobranches aucune partie difl"érenciée en vue de la copulation; l'extrémité amincie du pénis pénètre dans l'orifice génital, qui sert de vagin. Chez les Hétéropodes, il existe cependant un réceptacle séminal.
L'appareil est plus compliqué chez les Gastéropodes hermaphrodites et présente plusieurs plans de structure. La disposition la plus simple est celle que présentent la plupart des Teclibranches {Bullidés, Aplysiidés). Un seul canal sert à la sortie des œufs et des spermatozoïdes. L'orifice génital unique est en relation avec un sillon cilié, qui amène les spermatozoïdes à un pénis volumineux situé dans la région céphalique, sur le côté droit de la tête. Des glandes accessoires (mucipares, albuminipares) et des réservoirs (vésicules et réceptacles séminaux) sont en général joints à cet appareil.
Les Ptéropodes ont l'appareil génital calqué identiquement sur le schéma si simple des Teclibranches.
Les Nudibranches , les Pulmonés et un petit groupe de ïecti-
branches, dont le type est le P leur o branche, ont un appareil repro- j ducteur plus compliqué ; la disposition est tellement semblable ' dans ces types, que la même description peut se rapporter à tous (fig.422B) (1). Le canal excréteur, unique à, son origine (e), se divise plus ou moins loin en deux canaux : l'un (c) destiné aux produits mâles, l'autre (a) aux œufs ; les deux canaux restent quelquefois pendant un certain trajet accolés l'un à l'autre, et leurs cavités
A B Ifig. 422. — Appareil reproducteur à' Hélix jmmalia. — A, vue d'ensemble de l'appareil: A, glaude hermaphrodite ; e, son canal excréteur; a, glande albuminipare ; o, oviducte ; i, canal déférent; c, portion libre du canal déférent; p, poche copulatrice ; p', son canal; f, flagellum ; g, gaine du pénis; m, son muscle rétracteur; v, vestibule géuital (vagin); .r, glandes mucipares (Baudelot). — B, coupe delà poche du dard : ov, oviducte; d, dard; sd, sa poche; m, sou appareil musculaire ; vm, glandes mucipares; vo, leurs oi'iflces (Giiioo).
communiquent alors par une fente longitudinale (Pulmonés), mais ils finissent toujours par se séparer et se rendent alors individuellement à l'extérieur. Leurs orifices peuvent être éloignés l'un de l'autre [Pleurobranchiis, Succinea, Onchidium, Ujmnxus), ou au contraire s'ouvrir dans une poche cloacale commune {Pleurobranchœa, Helicidés, Limacidés) (u).
Le canal déférent se termine toujours par une portion à parois épaisses, musculaires, qui se dévagine et sert de pénis. Chez cer-
(1) Baudelot. A.S.N., 'i'-' série, t. XIX, 18G3. — Mazzahelu, Z. A., t. XIV,