SYSTÈME NERVEUX DES APPENDIGULAIRES
Aucun organe même, chez la Kowalevskia, ne lui est spécialement dévolu, et le sang, dépourvu de corpuscules, ne peut être mis en mouvement dans les espaces coelomiques que parles contractions (les muscles du corps. Dans les autres Appendiculaires, il existe un cœur (c), placé sur la ligne médiane au-dessous de l'estomac. Il présen-te deux orifices, sans aucune trace de vaisseaux. Les globules du sang manquent totalement, et ce n'est que grâce à la présence de parasites, que Fol a pu reconnaître la réoersibililc' du <:œut\ phénomène très général et très caractéristique des Tuniciers. Nous verrons en effet que, dans tous les groupes, le sens des battements du cœur n'est pas déflni. Pendant un certain nombre de contractions, le sang est poussé dans un sens, puis le phénomène change brusquement et, pendant une seconde période, le sang traverse le cœur en sens inverse, pour reprendre ensuite sa première direction.
Système nerveux. — L'appareil de la sensibilité est plus développé que dans les autres groupes de Tuniciers. Le syslème nerveux central se compose d'un ganglion volumineux [cet-veau) (TV), placé à l'extrémité antérieure du corps, au-dessus du pharynx, et d'un cordon nerveux (n), faisant suite au ganglion et s'étendant le long du sillon
Fig. 430.— Schéma d'un Appendiculaire; 6, bouche cavité pharyngienne (cavitébraucliiale);o, orifices branchiaux (stigmates) ; v, endostyle ; les arcs ciliés sont figurés par une ligne pointillée ; E, estomac; a, anus; c, cœur; T, testicule et son canal; 0, ovaire; N, cerveau; 71, cordon nerveux caudal, avec le ganglion caudal àl'origiue; </, queue, sectionnée vers le milieu, pour montrer l'asymétrie qui résulte d'uue torsion de OO^ vers la gauche :
au centre, l'urochoi'dc ; au-dessus et au-dessous les myotomes ; à gauche, le cordon nerveux (I^amii.leK
"dorsal du pharynx. Il s'incurve ensuite ventralement, passe à travers les viscères digestifs, pour pénétrer dans la queue, qu'il suit d'un bout à l'autre, rejeté sur le côté gauche de la corde dorsale par la torsion signalée plus haut.
Dans cette région caudale, le cordon se renfle de distance en ■distance en de petits ganglions donnant naissance aux nerfs moteurs et sensitifs.
Le cerveau est en rapport avec les organes des sens spéciaux. 11 porte sur sa portion moyenne un otocyste globuleux, contenant une otolithe, maintenue en place par les soies auditives qui U. Peiuuer. — Anat. comp. 48
loi PROTOGIIORDES. — TUNICIERS.
tapissent la cavité intérieure. Des nerfs issus de l'extrémité antérieure du cerveau se rendent à un paquet de cellules sensorielles, sans doute tactiles, situées sur le bord ventral de l'ouverture branchiale. Enfin, un canal cilié, parlant du pharynx, arrive jusqu'au voisinage du cerveau; on l'avait pris jusqu'ici pour un organe olfactif. Son mode de développement semblerait en effet le confirmer et l'analogie avec l'organe de Spengel des Pulmonés aquatiques est curieuse à signaler. Mais on n'y trouve pas de cellules sensorielles, ni de connexion nerveuse avec le ganglion. Pour van Beneden et Julin, c'est simplement le canal excréteur d'une glande spéciale, la glande hypoganglionnaire, très générale chez les Tuniciers, sur laquelle nous reviendrons à propos des Ascidies, et qui représente l'hypophyse des Vertébrés.
Organes génitaux. — Les Appendiculaires comme tous les Tuniciers sont hermaphrodites. Mais, comme le testicule est mûr avant l'ovaire, il n'y a pas autofécondation. Cette protandrie est une exception parmi les Tuniciers, qui sont en général protogynes. Les glandes sexuelles sont logées tout à fait dans la partie postérieure du corps, et consistent en un ou deux sacs (T,0). Les spermatozoïdes s'échappent par un canal qui s'ouvre dorsalement ; les œufs sont au contraire mis en liberté par déhiscence de la paroi du corps.
§ 2. — Développement d'une Ascidie simple (1).
Pour comprendre comment une Ascidie proprement dite peut dériver d'une forme analogue à un Appendiculaire,ilfaut que nous indiquions les grands traits du développement embryogénique chez un Tunicierdu groupe des Ascidies, chez une PhalJusie par exemple. Les premiers stades sont d'ailleurs communs à tous les Tuniciers.
L'œuf donne naissance tout d'abord à un organisme ayant la forme d'une gastrula aplatie et ovoïde, dont le blastopore est situé, comme le montre la suite du développement, à la partie postérieure de la face dorsale (fig. 431, 1, eo).
Mais bientôt, le corps se prolonge en arrière en une longue queue, qui se recourbe ventralement, et c'est sous cette forme que la larve sort de l'œuf. Sa portion antérieure (tête) volumineuse ot sa queue allongée se terminant en pointe lui donnent l'aspect d'un têtard; c'est sous ce nom ou sous celui de larve urodèle qu'on la désigne communément.
(1) KowALESKY. Mém. Acadéni. Saiut-Pétersbourg, t. VII, 1866. — Id., A.M.A, t. VH, 1871. — KuPFFEU. A.M.A, t. Yl, 1870.