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CHAPITRE XIV

Constitution générale. — Les téguments des Vertébrés se composent, dans tous les groupes, de deux couches superposées : le derme et Yépiderme.

Le derme, dérivé du mésoblaste de l'embryon, est essentiellement formé de tissu conjonctif. Ce sont des Qbres conjonctives, en général étroitement entrelacées et constituant une membrane résistante où pénètrent des vaisseaux et des nerfs. Des cellules conjonctives y existent aussi en plus ou moins grande abondance. Les éléments musculaires y sont fort peu développés, et n'ont d'autre rôle que de mouvoir les organes accessoires (poils, plumes, etc.) qui dépendent de l'épiderme. Dans tous les cas, ces muscles ne jouent aucun rôle dans la locomotion de l'animal. C'est là un caractère essentiel des Vertébrés, qui les sépare nettement de la plupart des autres animaux, chez lesquels la locomotion s'effectue par des muscles dépendant des téguments. On ne peut plus parler ici d'enveloppe musculo-cutanée.

Le derme est relié aux parties sous-jacentes par un tissu de fibres lâchement unies, laissant à la peau une certaine indépendance relativement aux parties profondes du corps. C'est le tissu sous-cutané. 11 s'y rencontre des cellules adipeuses, tantôt isolées, tantôt réunies en groupes considérables : ce sont elles qui forment les panicules graisseux, si considérables par exemple chez le Porc, les Cétacés, etc. Le rôle protecteur de cette couche adipeuse contre le froid et contre les chocs est évident.

Vépiderme est uniquement formé de cellules juxtaposées et disposées sur plusieurs couches. Il dérive de l'épiblastc. Pendant une plus ou moins grande partie de la vie embryonnaire, les cellules qui le composent sont toutes semblables, toutes également vivantes. Cette homogénéité se conserve chez les Poissons et certains Batraciens. Mais chez les animaux à vie aérienne, les assises superficielles meurent, se dessèchent, deviennent cornées, et l'épiderme se divise en deux couches : la couche cornée, formée de cellules mortes, s'exfoliant peu à peu, et la couche profonde ou

couche de Malpighi, formée de cellules jeunes, en voie de prolifération continuelle; à mesure qu'elles vieillissent, ces cellules s'éloignent du derme par suite de la formation de nouvelles cellules au-dessous d'elles. Les sucs nutritifs des vaisseaux ne leur arrivent plus en quantité suffisante; elles meurent, et ce sont leurs débris qbi forment la couche cornée.

Quelques-unes des cellules de l'épiderme deviennent glandulaires; d'autres sont chargées de produire ces organes variés (poils, plumes, écailles, cornes, etc.), connus sous le nom de productions épidermiques ou phanères, organes protecteurs ou défensifs, très répandus chez les Vertébrés.

Le derme peut aussi donner naissance par ossification de certaines de ses parties à des plaques protectrices plus ou moins étendues. Ces plaques sont quelquefois formées par le derme seul (écailles des Téléostéens). D'autres fois, elles sont recouvertes par des productions cornées épidermiques (carapace des Tortues). Dans d'autres cas enfin, le derme et l'épiderme s'associent pour donner naissance à des productions spéciales (dents, écailles des Sélaciens et des Ganoïdes). Quoi qu'il en soit, nous réunirons sous le nom û'exo- ou de dermo-squelette les productions osseuses du derme, accompagnées ou non par les productions épidermiques. Nous diviserons ce chapitre en trois paragraphes :

1° Élude de la peau proprement dite et des glandes qui s'y développent;

2° Productions épidermiques ; 3» Dermosquelette.

§ 1- — Élude de la peau.

Nous avons montré, au début de ce livre, comment les variations morphologiques, dont l'étude est l'objet de l'anatomie comparée, se retrouvent quand on suit les diverses phases de l'ontogéuie d'un type. Cette loi est particulièrement nette quand il s'agit des Vertébrés. Au début de chacun des chapitres relatifs à l'anatomie de ces animaux, nous esquisserons les grands traits du développement de l'appareil, considéré chez un Mammifère (tvpe le plus eleve). Cette esquisse, tout en nous permettant d'établir quelques définitions sera comme le résumé des transformations qui seront rencontrées dans 1 étude de 1 appareil a travers les divers groupes des Vertébrés. Chez 1 embryon des Mammifères, la peau se compose : lo d'un derme homo- . gene, forme de cellules embryonnaires, et séparé de l'épiderme par une sur- » face unie; 2» d un cpidermc, dont toutes les cellules disposées sur plusieurs rangs sont a peu près semblables, sans couche cornée dilTérenciée. Ce n'est ique plus tard que la surface de séparation des deux couches se couvre de : plis saillants, et que le derme forme des saillies dans l'épiderme - ces saillies 1 désignées sous le nom >\z papilles, reçoivent soit dos terminaisons n.-rVeuscs' ■soit des anses vasculaircs, destinées à assurer la sensibilité ou la nutrition ide lep.derme. De plus les cellules superficielles de l'épiderme se de.séchénf i; et constituent la couche cornée. aessLCùeut

A. Poissons (1). —Chez les Poissons, nous retrouvons beaucoup des caractères que nous venons de décrire rapidement dansi l'embryon des Vertébrés supérieurs (fig. ■432).

Les cellules de Vépiderme [ep] sont polyédriques, et engrenées entre elles par des denticulations. Les cellules de la couchr-

Fig. 452. — A. Coupe de la peau de Lamproie [Pelromyzon marinus); ep. cellules épidermiques; cm, cuticule; Aj, k^, A3, cellules en masses {kol-. hen) à divers états de développement; tij, n,, leurs deux noyaux; f, Clament protoplasmique central; mp, glandes unicellulaires ; c, leur canal excréteur; gr, cellules granuleuses; f/, derme; n, nerf; md, cellule mucipare dermique ; i;, sa vacuole (composé d'après Leyoig, Vogt etFouTiiNGER). — B. Cellule mucipare avec plateau cuticulaire [eu) de la peau de Pelromyzon marinus. — 0. Cellule mucipare de Cyprinus carassius. - D. La même ouverte par un orifice supérieur, 0 (Leydio).

superficielle produisent une cuticule striée très nette chez les Dipneusles, un petit nombre de Téléostéens, et surtout chez les Cyclostomes [eu). Jamais il ne se constitue de couche cornée, les Poissons ne sortant jamais de l'eau, et restant toujours dans des

(I) Nombreux mémoires de Leydig. — M. Scuur.T/.E. Die kolbenfônnigen Gebikh'. in der ILnit von Petromyzon. A. A. P., 1801. — F.E. Sciiultze. A.M.A.,t. III et t. V.

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