CELLULES MUCIPARES DES POISSONS
l ondilions analogues pour ainsi dire à celles du fœlus des Mammifères.
Le derme renferme seul les vaisseaux et les nerfs. Mais il ne constitue en général pas de papilles, et vaisseaux et nerfs forment à la surface de séparation du derme et de lepiderme un réseau continu; Toutefois, .en diverses régions du corps, et notamment dans la tête, on voit se former des saillies dermiques qui repoussent 1 epiderme devant elles, mais jamais elles n'atteignent un développement analogue à celui des papilles dermiques des Vertébrés supérieurs.
Cellules mucipares des poissons. - L'épiderme des Poissons sécrète en général un mucus visqueux très abondant. Les organes producteurs de ce mucus sont des cellules épidermiqubs difi'érenciées, qu'on peut réunir sous le nom de cellules mucipares. Elles appartiennent à deux catégories distinctes.
Les unes sont tout à fait superficielles (ûg. 452, B, G, D). Le noyau et le protoplasma sont logés à la base ; le mucus' est sécrété au contraire dans une grande vacuole à la partie supérieure, et s'échappe au dehors par un petit orifice. Ce sont les « BecLrzellen » que nous avons déjà rencontrées dans les Mollusques Dans certains cas (Cyclostomes), ces cellules sont éloignées de la surface, et, lorsqu'elles sont mûres, s'y ouvrent par un petit canal en forme de col allongé (fig. 432 A, c).
La seconde espèce de cellules mucipares a été rencontrée aus«i avec une forme un peu différente chez les Mollusques Elles sont placées plus profondément et se prolongent par un pédoncule jusqu'au derme (fig. 452 A, gr). Elles sont énormes, et en forme de vésicules closes. Un mucus granuleux se développe à l'intérieur de ces vésicules, qui renferment toujours un noyau et un protoplasma, constituant leur partie vivante. On a décrit ces cellules spéciales chez les Cyclostomes, et, parmi les Téléostéens chez les Tanches, les Anguilles, etc., dont l'appareil muciparê est très développé.
Dans \e Protoplerus, les cellules mucipares se rassemblent pour former de vra.es glandes tout à fait analogues à celles des iialraciens (Parker).
Enfin les éléments tégumcnlaires peuvent être colorés par des pigments. Ceux-ci se développent dans des cellules pigmenlaires etoilees ; elles peuvent exister aussi bien dans l'épiderme que dans le derme, ou même dans une couche spéciale placée au-dessous Idu derme, au niveau du tissu adipeux sous-cutané. Dans certains types, Il existe de vrais chromalophores, semblables h ceux de- • Céphalopodes, sous la dépendance du système nerveux, qui'pcu- R. PEnniER. — Anat. couip. g.,
vent se dilater ou se contracter, et par suite, comme dans le Turbot par exemple, modifier dans une certaine mesure la couleur suivant celle du fond. Très fréquemment la couleur s'avive dans la saison des amours. Le Mutins est connu par les vives couleurs qu'il prend au moment de mourir.
.B. Batraciens. — Les Batraciens (1) nous montrent nettement une forme de passage entre l'épiderme des Poissons et celui des Vertébrés supérieurs.
Chez les Têtards, et pendant toute la vie dans la majorité des Pérennihranches, l'épiderme est constitué, comme chez les Poissons, par des cellules toutes de même nature, sans qu'on puisse y distinguer une couche cornée. Mais il n'existe que deux assises superposées : l'assise externe est recouverte d'une cuticule striée, l'assise interne est formée de cellules plus volumineuses parmi lesquelles certaines, connues sous le nom de cellules de Leydig (2), deviennent énormes et sécrètent un mucus abondant, qui se dépose dans la cellule sous forme de vacuoles, entre lesquelles passent de fins filaments protoplasmiques en réseau.
Chez les Batraciens adultes, apparaît la division de l'épiderme en deux couches, que nous rencontrerons désormais dans les classes plus élevées. Les cellules superficielles forment une couche cornée, h une seule assise de cellules. La couche inférieure peut déjà porter le nom de couche muqueuse ou couche de Malpighi. Elle est formée de plusieurs assises de cellules régulièrement disposées (ûg. 4-53, e).
La couche cornée tombe périodiquement par larges plaques, à cellules polygonales, et est remplacée par l'assise supérieure de la couche de Malpighi.
Chez les Batraciens terrestres, la peau, au lieu de rester lisse comme dans les types aquatiques, se couvre de mamelons qui la rendent rugueuse. Ces mamelons ont des origines diverses et sont formés, soit par des épaississements de l'épiderme tout entier, soit par des rides de la couche cornée. Le derme ne présente pas' de modifications bien importantes. Cependant chez beaucoup d'Anoures, s'organisent définitivement des papilles, tout à fait comparables à celles des Vertébrés supérieurs.
Glandes cutanées des Batraciens. — Le tissu glandulaire se développe chez les Batraciens adultes d'une façon très supérieure à ce que nous avons vu chez les Poissons. Il se forme aux dépens
(I) Leydio. Ueber die allgemeinenBcdeckungen der Amphibie n. A.M.A, B. XII, Ï87G — PmzNEn. Die Epidermis der Amphibien. M. J., B. YI, 1880.
(•2) PfiTZNKn. Leydig'scken Schleitndrûsen in der Epidermis der Larve von Salamandi'a maculosa. Kiel, 1879.