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GLANDES MAMMAIRES

Glandes mammaires (I). — La plus importante de ces modifications donne naissance aux glandes mammaires.

Ces glandes, caractéristiques des Mammifères, sont toujours placées à la face ventrale du corps. Elles sont rudimentaires chez le mâle, très développées au contraire chez la femelle, surtout après Va. parturition. Elles sont en effet chargées de sécréter le lait, qui constitue la nourriture unique des jeunes Mammifères, pendant les premiers temps de leur vie.

Chacune de ces glandes est formée par un ensemble de tubes servant de débouché à autant de glandes en grappe. Ces tubes se réunissent entre eux (Ongulés et Cétacés), ou débouchent séparément au dehors (5-dO chez les Carnivores, 15-20 chez l'Homme). Cet appareil glandulaire est protégé par une forte niasse de tissu adipeux et l'ensemble forme une loupe saillante à la surface de la région ventrale, et constituant la mamelle. Les conduits galactophores débouchent au miHeu de la mamelle, au sommet d'une éminence papillaire, le mamelon., souvent développée seulement pendant la lactation. C'est cette région qui, introduite dans la bouche des jeunes, sert seule à la succion.

Chez \&s Monolrèmes seuls, le mamelon n'existe pas. Le lait coule le long des touffes de poils, et les petits lèchent simplement celles-ci. Il n'y a donc pas allaitement véritable.

Du reste ces animaux, au point de vue de l'appareil mammaire., sont conformés d'une façon notablement différente de ce que nous venons d'exposer. Les glandes mammaires de l'Ornithorhynque sont des glandes sudoripares modifiées. Chez l'Echidné, les deux sortes de glandes coexistent ; cela devait se passer ainsi chez les premiers Mammifères et ce n'est que plus tard que les glandes sébacées seules ont conservé la fonction spéciale.

Les mamelles sont toujours placées symétriquement; leur nombre, qui est en rapport avec le nombre des jeunes d'une même portée, varie de 2 à 22 [Tanrec).

Elles sont placées le plus souvent dans la région inguinale., mais parfois aussi deviennent pectorales (Proboscidiens, Sirénides. Chéiroptères, Primates).

Chez les Cétacés, les mamelons sont logés dans une gouttière longitudinale, placée dans la région de l'oriQce génital ; chez les Marsupiaux, elles sont localisées dans un cercle de la région ventrale. Au devant d'elles, s'étend un repli de la peau, partant de la région postérieure; elles se trouvent ainsi logées dans une poche

(1) Geoenbauh. Zuv fjenauern Kenntniss der Zilzen der Suugel/iiere, M.J.., 1. 1, 1876. — Ki.AATScii. Zitr Morplioloqie der SUiigetlncrzilzen, M. J., It. IX,

OÙ les petits passent les premiers jours de leur vie. La même chose se passe chez les HJonotrèmes.

§ 2. — Productions épidermiques.

Toute production épidermique a pour origine une proliféralio excessive des cellules de Fépiderme en un point ou sur une région donnée. Une papille vasculaire dermique, dans le premier cap, un groupe de semblables papilles, dans le second, se développe au-dessous de l'épiderme, et, par l'apport plus considérable d'éléments nutritifs, permet un développement plus grand des couches épithéliales. Ce processus aboutit en définitive à la formation d'organes durs, plus ou moins saillants à la surface de la peau, et exclusivement formés de cellules épithéliales cornées.

Ces productions n'existent qu'exceptionnellement chez les Poissons et les Batraciens (dents cornées des Cycloslomes, grifTes des Dactijlethra). C'est donc surtout chez les Vertébrés aériens que nous avons à les étudier.

Considérées simultanément dans les divers groupes, on peut les ramener àun petit nombre de types, que nous étudierons dans l'ordre de complication croissante.

Le type le plus simple est constitué par une papille dermique trop proéminente pour être cachée par l'épiderme sus-jacent. Il se produit dès lors une saillie recouverte d'un épiderme, qui peut, ou bien garder à peu près la consistance habituelle, ou bien acquérir une dureté plus ou moins grande.

Ces organes se retrouvent dans les types les plus divers et dans les régions du corps les plus variables. On peut faire entrer dans cette catégorie les écailles imbriquées qui recouvrent le corps de la plupart des Reptiles, celles qui se développent sur les pattes des Oiseaux, etc.

Fréquemment, de pareilles productions se développent dans le voisinage ou sur les parois mêmes de la cavité buccale, et remplacent les dents, dont elles diffèrent par leur structure exclusivement épidermique. On peut, avec Milne-Edwards, les appeler des odonloïles.

Telles sont les papilles coniques, souvent dures et cornées, de la langue et du palais des Carnivores et des Ruminants, les lamelles marginales du bec du Canard, les dents coniques de la Lamproie, etc.

Ce sont également des odontoïdes et non des dents qui se développe"' dans les mandibules des embrj'ons de Perroquets. Ces organes, plutôt coni" parables aux lamelles du bec du Canard, avaient été assimilés par Geoffroy

FANONS ET ORGANES ANALOGUES. 82b

Saiut-Ililaire à de véritables deuts, et regardés depuis comme le rappel <rane dispositiou aucestrale. Les recherches récentes de Braun, Fraisse, Gadow, out montré que, si les ancêtres des Oiseaux avaient de véritables dents, les germes reconnus chez les Perroquets ne pouvaient en aucune façon être considérés comme les représentant.

Dans certains cas, l'épaississement de Tépiderme, au lieu de se localiser, s'étend à une portion plus ou moins étendue de la peau; il se constitue alors une plaque cornée unie et continue. Ainsi sont formées les callosités des Singes, le bec de l'Ornithorhynque, des Oiseaux et des Tortues (voir le chapitre relatif à Vap'pareil digestif), les plaques d'écaillé qui recouvrent la carapace des Tortues (voir le paragraphe relatif à l'exosquelette), etc.

Fanons et organes analogues. — L'étude des fanons des Baleines nous présente un second type de productions épidermiques. Tous les Myslicèies sont dépourvus de dents à l'état adulte. A leur place, sont développées de larges et longues lames cornées, ayant la forme d'un triangle très allongé, dont le sommet est libre et qui s'insèrent par leur base sur la mâchoire supérieure et la voûte palatine. Elles y sont disposées sur deux rangées parallèles, et descendent vers la mâchoire inférieure comme des dents de peigne. A leur bord interne, elles sont déchiquetées, et se terminent par des filaments durs et raides, qui s'entre-croisent comme des filaments de crin.

Cet ensemble forme un filtre, qui permet à l'eau avalée par l'animal de s'échapper, mais retient les petits animaux (Méduses, Crustacés, Mollusques) qui ont été capturés en même temps, pour servir à la nutrition du Cétacé.

Par la macération, on constate que le fanon tout entier est formé de cellules épidermiques cornées. Mais, sur une coupe transversale, il est facile de voir que cet organe est formé d'une multitude de tubes parallèles, placés longitudinalement et serrés les uns contre les autres; ils sont entourés par une masse cornée compacte, surtout développée à la périphérie du fanon. Celle-ci manque au bord interne, et ce sont les extrémités libres des tubes qui forment les franges et le chevelu qu'on y remarque.

L'origine de ces fanons ne diffère pas essentiellement de ce que nous avons décrit jusqu'ici. A chacun d'eux correspond un pli saillant du derme, le c/enne du fanon. Celui-ci porte à son sommet une multitude de papilles filiformes d'une grande longueur (elles atteignent la moitié de la longueur du fanon), et chacune d'elles correspond à un tube corné. Le fanon n'est que le résultat de la transformation des couches superficielles de l'cpiderme en substance cornée. Les tubes sont formés par les papilles filiformes, le reste par l'épithélium même du germe.

Parmi les formations semblables que présentent les Verté-

brés, il faut citer la corne nasale du Rhinocéros, qui ne diffère du fanon, que parce que la substance intertubulaire persiste jusqu'à l'extrémité des tubes, qui n'est par suite jamais libre. • Sabots, ongles, griffes. — Celle catégorie de phanères nou& amène à une catégorie analogue, dans lesquelles la structure et le mode de formation sont identiques. Ce sont les onglea, les griff'es et les sabots, sans doute aussi les écailles des Pangolins, de la queue du Castor, etc. La seule différence avec les organes précédents réside en ce que l'organe pousse parallèlement à la surface du corps, et se soude intimement, au moins sur une por-

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