TÉGUMENT DES AMNIOTES
Chez les Serpents, et chez quelques Lacertiliens, le revêtement corné se détache tout d'une pièce. Chez le Crotale, le revêtement corné de l'extrémité caudale se détache de l'épiderme, mais ne tombe pas ; il se dessèche et reste fixé h la queue sous forme d'anneau. A chaque mue, s'en ajoute un nouveau (fîg. 455) ; cet ensemble constitue un appareil stridulant, que l'animal fait vibrer par les mouvements de sa queue.
Cellules pigmentaires. — Dans les trois classes de Vertébrés Allantoïdiens, le tégument ne varie que par les dépendances pigmentaires et glandulaires qu'on y rencontre.
Chez les Reptiles, le pigment n'existe pas dans l'épiderme, mais dans le derme où se développent des chromatophores contractiles, produisant des changements de couleur bien connus dans le Caméléon, mais observés aussi chez des Serpents et même chez le Lézard.
Chez les Mammifères au contraire, les cellules pigmentaires, lorsqu'elles existent, sont surtout développées dans la couche de Malpighi, particulièrement au contact du derme.
La partie glandulaire de /'e-
,,. , ... -, -, , ^'^S- 455. — Coupe loDgitudinale de pithehwm est très réduite chez rappareil stridulant du Crolalus les Reptiles et les Oiseaux. Ce Aon-idii*, montrant les anneaux corfait est corrélatif du développe- successifs emboîtés les uns dans
'^'^ les autres.
ment de la partie cornée dans
les premiers, de la présence des plumes dans les seconds. Souvent il n'existe aucune glande, et, lorsqu'il s'en trouve, elles sont très localisées. Telles sont les glandes anales de VHatteria, les glandes préanales des Amphisbxnes, et les nombreuses glandes disposées en rangées au côté interne de la cuisse des Lézards. Leur nombre et leur disposition sont employés dans la systématique. Telles sont encore, chez les Crocodiles, les glandes à musc de l'anus et de la mâchoire inférieure. Le rôle de ces glandes est tout à fait inconnu.
Il en est de même de la glande uropygienne{i), la seule glande cutanée des Oiseaux; elle s'ouvre près de la queue par un ou plusieurs canaux (6 chez le Pélican), et peut-être sert, grâce au liquide graisseux qu'elle sécrète, à lubréfier les plumes; elle est en effet développée surtout chez les Oiseaux aquatiques [Tvbinares, Sléganopodes), elle manque chez les Autruches, les Outardes, les Perroquets.
Glandes cutanées des mammifères. — Le tégument des Mammi-
(I) KossMANN. Z.W.Z., B. XXI, 1870-71.
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fères est remarquable parson grand développement, et par l'abondance|de ses formations glandulaires. Cliez les Cétacés, par exemple, l'épiderme peut atteindre 5 millimètres, et le derme 15 centimètres d'épaisseur. Quant aux glandes, les principales sont les glandes sébacées attachées aux poils, et les glandes sudoripares.
Ces dernières ne manquent que dans quelques types, comme les Cétacés, qui sont surtout aquatiques. Elles sont répandues sur tout le corps, sauf sur le prépuce et le pavillon de l'oreille. Ce sont des productions épidermiques ; elles constituent des glandes en tube qui s'enfoncent profondément dans le derme. La partie extérieure du tube est droite ou légèrement ondulée en spirale et s'enfonce normalement h la surface de la peau. Arrivé à une certaine profondeur, le tube se pelotonne, et forme un glomérule (fig. 454,5) entouré de vaisseaux et de nerfs.
Les cellules glandulaires fonctionnent comme dans les glandes mérocrines ; elles laissent échapper la sueur à certains moments, mais continuent à fonctionner, sans se détruire après chaque acte sécrétoire.
La sueur est un liquide formé d'eau, tenant en suspension des matières d'élimination, notamment des acides gras, des graisses, de l'urée. Elle joue donc un rôle d'excrétion, mais de plus elle est chargée, en s'évaporant, de rafraîchir la peau, et contribue pour une grande part à maintenir constante la température du corps.
Toute autre est la structure des glandes sébacées (fig. 454, 7). Elles sont attachées spécialement aux poils et sont chargées de sécréter une substance grasse destinée aies lubréfîer. Elles sont,, comme les glandes sudoripares, plongées dans le derme.
Mais ce sont des glandes en grappe, présentant des acini distincts, chacun muni d'un canal excréteur. Ces canaux se réunissent entre eux et débouchent contre la racine du poil.
La sécrétion se fait ici par fonte de cellules. C'est dire qu'on trouve, au-dessous des grosses cellules en fonction, d'autres cellules jeunes, appelées h les remplacer après leur chute.
Bien que les glandes sébacées soient spécialement destinées aux poils, ces derniers peuvent disparaître sans qu'il en soit forcément de même des glandes.
On en trouve par exemple sur le mufle du bœuf, à la face interne de la lèvre inférieure et du prépuce. Elles. peu vent se modifier dans ce cas, et s'adapter alors à des rôles spéciaux. C'esl le cas des glandes de Meibomius, des glandes du musc, des larmiers des cerfs, etc.