SQUELETTE DERMIQUE DES TORTUES
des types élevés, on retrouve dans la formation de la carapace tous les stades énumérés plus haut. Par suite, comme d'ailleurs il est impossible d'admettre que le type Ghélonien ait ainsi apparu brusquement, il semble légitime de dire que l'absence de formes mal closes avant le Trias doit être imputée à l'état incomplet de nos connaissances paléontologiques et au défaut de conservation des squelettes. Les formes ouvertes présentent d'ailleurs des caractères d'infériorité qui doivent les l'aire considérer comme primitives.
La carapace d'une Tortue quelconque comprend trois sortes de plaques : 1° une série médiane de huit plaques neurales (fig. 46o
Fig. 4G5. — Carapace et plastron de Chelone Midas. — 1-8, plaques neurales; C,-Cs, plaques costales ; R, côles ; M, plaques marginales ; Nu, plaque Ducale; Py, plaque pygale ; — Enp, eutoplastron ;E/5, épiplastrou; Uyp, hyoplastron; Hpp, hypoplastron; Xp, xiphiplastron (Huxley).
A, 1-8), dans la constitution desquelles entrent les apophyses épineuses des vertèbres dorsales, sauf la première et la dernière ; 2° de chaque côté, huit plaques costales {C\-s), dans la formation desquelles interviennent les côtes des mêmes vertèbres ; 3" un nombre variable de plaques marginales disposées en cercle autour des précédentes [M). 11 y en a de dix à treize paires. L'ensemble est complété en avant et en arrière par deux pièces impaires : la plaque nucale {Nu) qui recouvre la première vertèbre dorsale, la plaque pygale [Py) qui recouvre la dernière vertèbre dorsale.
Le plastron qui est d'origine plus ancienne, et qui apparaît aussi plus tôt dans le développement ontogénique, est au contraipe formé exclusivement par des os dermiques. Sauf chez les
Athèques, qui ont un bouclier ventral en mosaïque comme le bouclier dorsal, les os du plastron sont au nombre de neuf, primitivement rangés en cercles (Qg. 465 B) : un os impair, Ventoplastron, et huit pairs, qui sont d'avant en arrière ; ïépi-,Vhyo-, l'hypo- et Je xiphi-plastron. L'ossification du plastron suit une marche parallèle à celle de la carapace. Dans les Trionychiens et quelques Cryp'.odires {Chelone), le cenlre reste non-ossifié, et est occupé soil par im espace vide, soit par une sorte de
Fig. 4G6. — A. Carapace d'une Tortue {Plalijchehjs). Les lignes en zigzag séparent les plaques osseuses ; les plaques saillantes ombrées correspondant aux écailles épidermiques : Wi-wg, plaques neurales; Cj-Cg, plaques costales ; ?ni-w ji, plaques marginales ; me, plaque nucale ; py, plaque pygale ; se, plaque supra-caudale; — cs^-cs^, écailles centrales; p^-p-,, écailles pleurales; ms, écailles marginales.
B. Plastron d'une Pleurodire [Plewoslernon). Les lignes en zigzag séparent les écailles ; les lignes droites, les plaques osseuses : en, entoplastron ; es, épiplastron; lis, hyoplastron ; hp, hypoplaslron ; œs, xiphiplastron; m, plaques marginales de la carapace; — fsr, écaille iutergulaire ;5r, écailles gulaires; h, écailles humérales; écailles pectorales ; a, écailles abdominales ; f, écailles fémorales; c, écailles caudales.
cartilage. Dans les types plus élevés, l'ossification est complète.
On peut observer les mêmes stades dans l'union des deux parties de la carapace, le plastron et le bouclier dorsal.
Au-dessus de ce squelette dermique, se développe en général un revêtement corné, d'origine épidermique, formé d'écaillés dont la disposition n'a aucun rapport avec les plaques osseuses. Ces écailles cornées manquent complètement chez les Athèques et les Trionyx.
Dans les autres groupes, la carapace épidermique comprend (fig. 466, A) : Une rangée médiane de 5 écailles centrales; de chaque côté, une rangée de 4 écailles pleurales, et, sur le bord, une couronne de petites écailles marginales, au nombre de 22 en général, auxquelles s'ajoutent en