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SQUELETTE DERMIQUE DES REPTILES

une carapace complète de telles plaques osseuses {Agonus, Dac- (i/lopterus, Pegasus, Loricaria, etc.).

Certains Siluroïdes ont, par exception, des dents dermiques recouvertes d'émail, comme les Sélaciens ; elles sont mobiles et s'articulent avec les plaques osseuses sous-jacentes.

C'est chez les Lophobranches elles Plectognathes que le dermosquelette atteint son plus grand développement. Quelques-uns ont le corps entièrement enfermé dans une carapace de plaques osseuses contiguës (Lophobranches, Ostracion) ; d'autres ont des plaques armées d'épines [Diodon) ou de petits ossicules comme les : Sélaciens.

Si on résume l'histoire de l'exosquelette des Poissons, on cons- I tate que, à mesure qu'on s'élève dans la série, ce revêtement protecteur tend à disparaître. Très important dans les types primitifs, comme l'attestent au plus haut point les Ganoïdes cuirassés primaires, il tend à dégénérer à mesure que le squelette i interne prend plus d'importance. L'exosquelette est donc essen- I tiellement primitif; le développement et la paléontologie montrent

• que son apparition est très précoce, et précède notablement celle ' du squelette osseux interne.

ExosQUELETTE DES BATRACIENS. — La même remarque s'ap- I plique nettement encore aux Batraciens. Le squelette dermique, I puissamment développé dans les Stégocéphales Labyrinthodentes (du Trias {Archegosauriis, etc.), a à peu près disparu dans les I Batraciens actuels.

On retrouve toutefois de nombreuses petites plaques dermiques dans les téguments de la Cécilie et de VEpicrium, parmi les ' Gymnophiones, qui constituent un type encore primitif. De sem- Iblables productions ont totalement disparu dans les autres {groupes. On ne peut citer que deux Anoures, qui possèdent des ' OS dermiques dans la région dorsale : le Ceratophrys aurata, WEphippifer aurantiacus.

Squelette dermique des reptiles. — Les Sauriens et les Ophi- ■ diens n'ont pas de squelette dermique. Les Scincoides seuls possèdent quelques plaques osseuses, et, dans le Gecko, se rencontrent

• également de petites productions calcaires microscopiques.

Par contre, les Crocodiliens et les Chéloniens ont un exosquelette bien développé.

Chez les premiers, il est composé de larges plaques couvrant I le dos et la nuque, quelquefois même la face ventrale. Ici 'encore, l'exosquelette semble en régression. Il est bien plus défveloppé dans certains types fossiles. Le Te/eosattrus jurassique i était presque entièrement couvert de plaques dermiques.

838 ^ VERTÉBRÉS. — EXOSQUliLETTE.

he type spécial aux Tortues est bien plus remarquable par sa spécialisation etsaconstance. CesReptiles ontlecorpsenfermédans un,eboîte osseuse complète, composée de plaques intimement unies, et qu'on peut considérer comme formée de deux boucliers. Le bouclier dorsal est la carapace; le bouclier ventral, le plastron. Ce dernier est exclusivement formé de plaques exodermiques. La carapace au contraire a une origine mixte, les os dermiques sejoignant, pour la former, aux côtes et aux apophyses épineuses des vertèbres.

L'anatomie comparée nous montre le processus qui a dû être suivi dans la phylogénie des Chéloniens pour constituer la carapace. Dans un premier groupe, les Alhèques, représenté par le genre Sphargis ou Dermatochelys, se trouve la spécialisation la moins avancée : les côtes sont élargies et aplaties, mais ellesn'arrivent pas à se toucher. II existe donc comme à l'ordinaire une cage thOracique. Au-dessus d'elle, se trouvent des os dermiques, assemblés en mosaïque et formant une carapace indépendante, exclusiquement exosquelettique.

Le développement est déjà plus avancé chez les Trionyx, quoiqu'encore incomplet ; les côtes se sont rencontrées et les os dermiques se sont soudés à elles. Toutefois, la portion dermique ne couvre pas toute l'étendue du dos, et les côtes dépassent sur les côtés les bords du bouclier dorsal.

Chez les Cryptodires, l'ossification est bien plus complète, et se relie au stade Trionyx par des degrés insensibles. Dans certains types [Clielone), les côtes dépassent encore le bouclier (fîg. 465 A). Mais en général, le bouclier dorsal est complet, et s'unit plus ou moins au plastron, soit par des prolongements des pièces ventrales [Dactyloplaslres), soit par une soudure complète [Clidoplastres).

Les Pleurodires terminent la série. C'est là que l'ossification est poussée le plus loin, les deux boucliers sont soudés sur une large étendue, et les os du bassin eux-mêmes viennent se souder avec la carapace (fig. 466 B).

Devant une série si nette, il semble qu'on puisse déduire d'une façon évidente la formation progressive de la carapace. Or, si l'on interroge la paléontologie, elle nous montre bien à l'état fossile des types à carapace incomplète, mais ils ne semontrent qu'après les types plus spécialisés, — la première Tortue datant du Trias a une carapace des plus complètes — si bien qu'on a tenté de suivre en sens inverse la série précédente, et de dire que les genres à carapace incomplète étaient des types de régression. Mais si, d'autre part, on étudie l'embryogénie

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