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INFUSOIRES CILIÉS

pendice semblable à un -pseudopode. D'autres vivenL dans des labes gélatineux dont ils sont indépendants [Slicliolricha] ou auxquels ils sont attachés. Enfin quelques formes (Vorticelles, etc.) sont portées par un pédoncule sur la nature duquel nous reviendrons.

La forme est toujours fixée par la présence d'une membrane, dont la nature n'est pas connue, mais qui semble difi"érer du protoplasma, dont on peut la séparer en contractant celui-ci par l'alcool ou l'acide chromique. Elle n'est interrompue qu'en un point, la bouche et se replie dans l'œsophage.

C'est cette cuticule qui porte les cils, mais ceux-ci ont leur ori-

V, vésicule contractile.

Fig. 32. — Balantidium coll. St.

Fig. 33. — Euplotes Cliaron 0. Fr. Muller, vu par la face centrale. — ??, noyau; vc, vésicule contractile; u, place de l'anus. (Clapabède et Lach.aiann.)

gine réelle dans le protoplasma lui-même et ils ne font que traverser la membrane.

Ils ne sont pas tous ténus, comme on les décrit généralement; ils peuvent se transformer en cirres, qui ne sont que de gros cils vibratiles, ou en soies non vibratiles, mais rétractiles et mobiles. On dirait de véritables pattes articulées dont l'animal se sert pour marcher (fig. 33). C'est encore k une différenciation ou à une agglomération de cils que se ramènent toutes les autres productions décrites sous le nom de rames, de pieds, de crochets, etc.

La disposition de ces organes est très régulière et permet de diviser les Infusoires en quatre ordres : 1" Les HoLOTHiciiES ont sur tout le corps des cils courts, serrés,

disposés en séries longitudinales et tous identiques [Parame-

cium) (ûg. 31).

2° Les HÉTÉROTRicuES ont un revêtement semblable, mais ils possèdent en outre, partant de la bouche, une bande de grands cils pointus, les cirres, formant tantôt une ligne droite, tantôt une spirale {Stento?', etc.) (ûg. 3i2).

3° Les HYpoTHicnES ont une face dorsale nue et convexe; levv

face ventrale est au contraire aplatie et couverte de cils. Elle présente aussi quelquefois de grosses soies aiguës ou recourbées en crochets, et disposées d'une façon constante dans une même espèce. Elles servent à la marche (flg. 33 et 39 A).

A° EnQn les Péritricues ont très généralement le corps nu ou muni seulement d'une ou de plusieurs ceintures de cils. De plus, il existe autour de la bouche un ruban spiralé formé de longues soies qui, chez les Vorticellidés, entoure un disque cilié semblable à un opercule (fig. 34).

3° AciNÉTiENS. — 11 existe une classe d'Infusoires, qui diffère notablement des Infusoires ciliés par l'absence complète de cils à l'état adulte. Ce sont les AciNÉTiENS ou Infusoires Suceurs (1), qui vivent de proie vivante, en général d'autres Protozoaires. Ils sont ordinairement fixés, soit directement, soit à l'aide d'un pédoncule.

Quelques-uns cependant sont libres [Sphœrophrya] et vivent en parasites sur les Infusoires.

Ils ont à de rares exceptions près une cuticule, tantôt molle et flexible, tantôt au contraire très résistante, dont la forme fixe celle de l'animal, et peut être des plus variées. Le pédoncule, quand il existe, n'en est qu'un prolongement.

Les cils n'existent que chez les jeunes. Chez les espèces parasites, ils apparaissent temporairement lorsque l'animal change

(I) Maupas, a. Z. E., t. IX, 1881 ; — Fiiaipont, MOm. Acad. Roy. Bruxelles, t. XLIV, XLV, 1877 et 1878.

Fig. 34. — Epislylis Nutans Ehrb. L'un des individus est épanoui et montre son opercule cilié, ainsi que le vestibule où s'ouvrent la bouche et l'anus; l'autre est rétracté

ACINÉTIENS. 91 d'hôte. A leur place apparaissent des organes spéciaux, les ten-

Fig. 35. — Acinela myslacina Clap. Lachm, suçant une proie (Claparède),

tacules ou suçoirs, destinés à capturer et à sucer les proies dont l'être se nourrit (fig. 35).

Ce sont de petites tiges, quelquefois ramifiées {Dendrocometes), terminées par une tète en forme d'entonnoir, et dont l'extrémité forme ventouse (fig. 37). Les substances ingérées par ces organes sont portées au corps par des mouvements alternatifs de raccourcissement et d'allongement. Les suçoirs sont généralement rétracliles, et à l'état de repos, on les voit pénétrer jusqu'au milieu du corps de l'animal.

Les suçoirs existent souvent seuls (fig. 36). Mais dans certains types comme ciiez V Hemiophrya, ils sont mélangés à des filamenl. s préhensiles, ayant la structure des pseudopodes (fig. 37) ; ils servent à retenir la proie, et à l'amener, par leur rétraction, au contact des suçoirs chargés de la dévorer. Dans certains genres,

Fig. 30. — Podophrya eh'.igaia. — ii, noyau ; vc, vésicules contractiles.

(Cl.APAUÈDEetLACtIMANN).

réunis dans le groupe des Actinaires, ces filaments préhensiles

Fig. 37. — Hemiophrya gcmmipara R. Hertw., avec ses suçoirs et ses filaments préhensiles épanouis. Deux bourgeons sont eu formation et présentent une zone de cils vibratiles.

existent seuls, et amènent la proie en se rétractant jusque dans l'intérieur du corps.

§ 3. — Morphologie 'mtet^ne.

Différenciation du protoplasma. — Le protoplasma qui constitue le corps des Protozoaires peut avoir les propriétés les plus variables. Il est généralement incolore, transparent et rempli de granulations excessivement fines. Toutefois il peut être coloré soit par un pigment dilTus, qui lui donne une couleur uniforme, soit par des granules colorés.

Le premier cas s'observe, parmi les Infusoires, chez le Stenioj' cœruleus coloré en bleu, parmi les Foraminifères, chez quelques Miliolidés bruns, et chez les espèces arénacées des grands

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