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ROLE DES PSEUDOPODES

décrit chez les Héliozoaires dont les pseudopodes ne peuvent agir ainsi, un processus curieux. Lorsqu'un Infusoire a touché un pseudopode, les pseudopodes voisins se recourbent vers lui de façon à le retenir dans une sorte de cage. Puis, l'animal émet du point le plus rapproché de la surface un pseudopode spécial, large, lobé, hyalin, qui englobe peu à peu l'Infusoire et l'entraîne jusque dans l'endosarc.

Fig. 11. — Heliosphœva inermis Hœck., avec les pseudopodes étalés; au centre la capsule centrale, contenant le noyau (ILeckel.)

Outre les pseudopodes, il existe quelquefois chez les Rhizopodes d'autres émergences protophismiques de natures diverses. Les unes paraissent n'être que des pseudopodes modifiés. Tel est le Ilagcllum sarcodique, que présentent quelques Radiolaires Péripylaires de la famille des Discidés, et qui est nu ensemble de pseudopodes. 11 est contractile, mais dépourvu d'autres mouvements. D'autres émergences semblent au contraire dillerer des véritables pseudopodes. Telles sont les villosités que possèdent à leur extrémité postérieure certains Amibes nus (I), et qui apparaissent dans les mouvements, surtout pendant la natation.

MoilI-IIOLOGIIi DES l'HOTOZOAIRES CORTIQUÉS. — Lcs pSCUdopodes

ne peuvent se former chez les Protozoaires pourvus d'une culi-

(1) GituiiER, Z. \V. Z., t. XLl, 1885.

cule, et où le corps a une forme fixe. Ils sont remplacés par des organites spéciaux que l'on désigne sous le nom de flagellums, de cils vibratiles, de membranes ondulantes, etc.

Les flagellums sont de très longues émergences protoplasmiques, toujours en nombre restreint; le plus souvent il en existe un seul, mais quelquefois on en trouve deux, quatre ou même cinq.

Fi„ 23 — Fragment du corps à' Actinosphxrhim Eichhorm Ehrb., vu eu coupe optique. - E, zoue corticale, avec de grandes vacuoles, \ ; I, couche externe de la zoue centrale, avec de petites vacuoles, v ; dans cette dernière, on voit des noyaux, », et des grains de chlorophylle, ch; y, spicules axiaux des pseudopodes, qu'où peut suivre jusqu a la zone centrale. Gr. env. 500. (IIertwig et Lesser.)

Les cils sont au contraire des émergences protoplasmiques très courtes, très nombreuses, et dont la forme varie indéfiniment; on peut concevoir \Q%membranes ondulantes comme des agglomérations de pareils cils. . , n .

Suivant la présence de fiagellums ou de cils, on divise les Protozoaires cortiqués en Infusoires ciliks et en Flagelliferes dont nous devons maintenant étudier les diverses formes.

FLâGELLIFÈRES. 83

1" Flagellifères. — Le corps des Flagellifères est en général recouvert par une membrane. Celle-ci ne manque que dans quelques formes inférieures (constituant la famille des Rhizomastigines) qui peuvent dès lors prendre l'état amiboïde. Mais en général une cuticule fixe la forme du corps, d'après laquelle on peut distinguer quatre ordres :

i° Les Flagellés proprement dits, qui possèdent un ou plusieurs llagellums. Leur corps est plus ou moins allongé, tantôt asymé-

Fig. 24. — Trypanosoma sanguinis. Fig. 25. — Bodo urinarius

(Grudy.) Kiinstler.

trique (fig. 24), tantôt présentant une sorte de symétrie bilatérale (fig. 25). La cuticule est quelquefois réduite à une simple couche gélatineuse ; mais chez les Euglènes elle acquiert une résistance très grande, et se montre comme une substance hyaline, homogène, finement striée.

Les flagellums sont toujours disposés à la partie antérieure du corps. Ils sont en général semblables; mais quelquefois aussi ils sont difl'érenciés (famille des Heleromasligodes), et tandis que l'un est dirigé en avant et sert à la locomotion, l'autre, plus grand, est dirigé en arrière et sert de gouvernail.

A un ou plusieurs flagellums peuvent encore sejoindre d'autresorganes locomoteurs; ainsi le Trichomonas (fig. 26) possède quatre flagellums et une membrane ondulante.

Les Flagellés sont en en général libres, mais ils peuvent aussi être fixés par un pédoncule et se réunir en colonies arborescentes [Dendromonas, Anthûpkysa, Rhipidodendron) (fig. 27).

2° Les Choanoflagellés, toujours fixés soit directement, soit à l'aide d'un pédoncule autour duquel tourne constamment l'animal. Le flagellum est à une des extrémités du corps. Il est entouré par une collerette

Fig. 26. — Trichomonns vaginalis. Donné.

(KUNSTLER.)

Fig, n. — R/iipidodendroti splendidum. Gr, euv. 700. (Stein.) proloplasmique hyaline en forme d'entonnoir (fig. 28), qui pré-

FLAGELLIFÈRES.

senle une certaine rigidité, et qui semble jouer un rôle important dans la préhension des aliments.

3° Les DiNOFLAGELLf^s dont le , corps a une symétrie bilatérale modifiée par une légère asymétrie. Us présentent une cuticule très dure, analogue, mais non semblable à la cellulose, ne manquant que rarement, très souvent bivalve et percée de pores (fig. 29).

Il existe toujours deux flagellums au moins; l'un d'eux est dirigé longitudinalement, parallèlement à l'axe du corps ; l'autre, ou, s'il y en a plus de deux, tous les autres sont transversaux.

Quelquefois (groupe des Adinidiens) ils sont implantés à la par-

tie antérieure et le flagellum trans- Fig. 28.— Codosiga Boirytis.Ehvb

Colonie moyennement développée.— p, pédoncule; n, noyau; V, vésicule contractile; c, collerette hyaline ; flagellum ; d, individu en voie de division longitudinale. Gr. env. 1200. (Butschli et Stein.)

versai est enroulé autour de la base de l'autre. Mais en général [Dinifères) ils sont logés dans deux sillons, l'un longitudinal, l'autre équatorial. Les deux flagellums partent du point d'intersection,

le premier s'en va en arrière, et le second latéralement. C'est ce dernier qui est le principal organe de locomotion. Ses ondulations avaient donné longtemps l'illusion d'une bande équatoriale de cils qui avait valu au groupe le nom de Cilioflarjellés. Quelquefois le nombre de ces flagellums latéraux se multiplie, et on peut en compter jusqu'à huit logés dans autant de sillons transversaux

4" Les Gystoflagellés, qui

29. — l'eridinium tabulatum lihrl). — «, flagellum longitudinal; 6, flagellum transversal. (Kleds.)

ne renferment que trois genres : Nociiluca miliariSy Lepio-

disons medusoïdes et Pyrocijslis découvert par le Challenger (1).

Le protoplasma est ici condensé en une masse centrale, d'où rayonnent des filaments ramifiés. Chez les Noctiluques (fig. 30), le corps a la forme d'une pêche, et présente sur un de ses côtés un sillon profond, le péristome, occupant le quart du méridien au fond duquel se trouve la bouche (ûg. 30 B, f). A l'extrémité antérieure du péristome, est un tentacule [a) enroulé en spirale. En arrière du tentacule et du côté droit, se voient deux petites saillies, la dent (c) terminée par trois ou quatre pointes, et la lèvre [d] en demi-cercle. Celle-ci porte le flagellum (e) extrêmement ténu.

La zone extérieure du corps, qu'on a souvent appelée cuticule, ne semble qu'une différenciation du protoplasma. Des filaments protoplasmiques la relient à la masse proloplasmique interne, qui entoure le noyau et qui est toujours placée dans le voisinage du péristome.

â" Infusoires ciliés. — La forme du corps des hifitsoîres est essentiellement variable. Ce sont en général des animaux libres, mais quelques-uns peuvent se fixer momentanément par un ap-

(1) CiENKOWsKY, A. M. A., t. VII et IX, 1871, 1873. — Podciiet, J. de l'An, el de la P/iys., t. XIX, 1883.

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