MEMBRES IMPAIRS
Ce squelette est constitué par des baguettes cartilagineuses ou osseuses, les rayons de la na^eou'e(A;,jn).Ces rayons s'articulent avec d'autres baguettes, les rayons interépineux {h,i), qui elles-mêmes sont en relation avec les apophyses épineuses des vertèbres. Cette relation s'établit de diverses façons. Tantôt il y a articulation directe et les rayons de la nageoire correspondent aux vertèbres, par exemple chez le Protopterus. Tantôt, au contraire, les rayons sont placés dans l'intervalle de deux vertèbres, c'est le cas le plus général. De là le nom de rayons interépineux. Il peut d'ailleurs exister dans chaque espace intervertébral soit un, soit deux ou même trois os interépineux. Chez les Sélaciens, ces pièces intermédiaires manquent complètement. Par contre dans la région ventrale, où les apophyses épineuses n'existent pas, elles sont parfaitement développées.
La forme des rayons mêmes de la nageoire est assez variable. Us appartiennent à deux types, suivant que ce sont des épines rigides, terminées en pointe au sommet {k, r), ou au contraire des rayons flexibles divisés en pinceau à leur extrémité, et formés de petits articles, mobiles les uns sur les autres (m, o). Tous les passages existent d'ailleurs d'un type à l'autre.
Les premiers, quand ils existent, se trouvent toujours à la partie antérieure des nageoires. Leur présence dans l'épiptère caractérise les Acanlhoptérygiens. D'une manière générale d'ailleurs les rayons sont d'autant mieux développés qu'ils sont plus antérieurs. C'est ainsi que chez les Salmonidés, beaucoup de Siluridés et de Scopélidés, la seconde épiptère est absolument dépourvue de rayons ; on l'appelle la nageoire adipeuse.
Chez VEcheneis Rémora, la partie épineuse de l'épiptère s'est transformée en un disque adhésif, dont l'animal se sert comme d'une ventouse pour s'attacher aux corps extérieurs. Ce disque se compose de deux séries de plaques transversales (de 12 à 27) placées les unes derrière les autres, et soutenues chacune par un des rayons de la nageoire modifié.
C'est encore à une modification des trois premiers rayons de l'épiptère que sont dus les appendices céphaliques connus sous le nom de filaments pêcheurs [Lophius, Melanocœtus, etc.).
Des traces de membres impairs se retrouvent chez les Batraciens, soit toute la vie (plusieurs Pérennibranches), soit seulement dans la période larvaire. Mais jamais il n'existe d'appareil squelettique correspondant. 11 faudrait en dire autant des expansions cutanées qui apparaissent exceptionnellement dans les types de groupes supérieurs adaptés à, la vie aquatique {Cétacés).
VERTÉBRÉS
B. — Membres pairs.
Les membres pairs sont typiquement et fondamentalement au nombre de quatre chez tous les Vertébrés ; il existe en effet une paire de membres antérieurs, et une paire de membres postérieurs ;les premiers et les seconds sont construits sur un plan analogue, et ne diffèrent que par des modifications de détail.
Il peut, par suite d'adaptations spéciales, y avoir avortemenl de l'une des deux paires ou des deux à la fois. Dans le premier cas, c'est presque toujours la paire postérieure qui manque. Des exemples semblables peuvent se trouver dans tous les groupes. Mais les Cyclostomes sont les seuls Vertébrés oi:i les membres manquent par suite d'une infériorité morphologique réelle, et n'ont jamais dû exister. Chez tous les autres, leur absence est due à une disparition ; c'est un phénomène secondaire. C'est ce qui a heu chez les Plectognathes, les Physostomes Apodes, où les nageoires abdominales disparaissent, et dans quelques types des mêmes groupes, oîi toutes les nageoires paires manquent.
Parmi les Reptiles, les ondulations du corps et de la queue chez les Sauriens aident beaucoup à la locomotion. Aussi les membres peuvent-ils disparaître. Le groupe des Brévilingues nous montre tous les stades de cette disparition. Chez les Annulés {Amphisbsene) ils manquent complètement (sauf chez le Chiroles), et leur absence est un caractère essentiel de la classe des Serpents.
Parmi les Oiseaux, c'est en général sur le membre antérieur que porte la réduction, qui caractérise le groupe des Coureurs.
Enfin chez les Mammifères, les membres postérieurs seuls manquent aux Cétacés ; encore quelques types possèdent-ils des rudiments de ceinture pelvienne.
Bien que les membres des Vertébrés aériens soient bien différents des nageoires des Poissons, au point qu'on ne peut les y rattacher qu'au moyen d'hypothèses encore disculées, il semble certain que les premiers tirent leur origine des secondes; pour connaître la signification morphologique des membres des Vertébrés, il suffira donc de rechercher l'origine des nageoires des Poissons.
Deux théories ont été émises h cet égard. La première, exposée par Gegenbaur, considère les membres comme une dépendance du squelette branchial. Celui-ci est en effet formé d'arcs successifs dont chacun porte une série de rayons osseux, primitivement tous égaux. Qu'on imagine que l'un d'entre eux prenne sur tous les autres une prédominance considérable, au point qu'il