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MEMBRES PAIRS

semble constituer un axe, dont les autres rayons ne sont qu'une dépendance et sur lequel ils viennent s'attacher, et nous aurons, d'après Gegenbaur, la forme fondamentale du membre antérieur, Varchipteryghm. Ce type, qui est réalisé chez les Dipneustes (fig. 493 B), est ainsi constitué par un axe portant de chaque côté une série de rayons.

Cette théorie prête h de graves objections. II est en effet remarquable que les Sélaciens, qui sont les plus inférieurs des Poissons pourvus de nageoires, ne présentent aucun caractère qui rappelle de près ou de loin une pareille origine. En outre, h supposer qu'elle soit applicable aux membres antérieurs, comment l'adapter aux membres postérieurs ? 11 faudrait alors, ou supposer à ceuxci une nature diff érente, ce qui est contraire à toute vraisemblance, ou admettre avec Gegenbaur l'émigration vers la partie postérieure d'un arc branchial, processus bien difficile à comprendre.

La seconde théorie nous semble plus satisfaisante. Elle a été mise en avant par Balfour, et appuyée depuis par les recherches de Thacker (1), de Mivart (2), d'Haswell, de Dohrn. Chez les embryons d'Elasmobranches, et particulièrement chez la Torpille, on voit apparaître un bourrelet épiblastique continu, sur chacun des côtés ducorps. Ce bourrelet commence aprèsla dernière fente branchiale^ et s'incurve vers la partie inférieure du corps, de façon à aller rejoindre le bourrelet qui doit donner naissance h la nageoire impaire inférieure. Plus tard ce bourrelet se résorbe sur une grande partie de son étendue et ne subsiste que sur quatre points, où il se développe ; il reçoit à sonintérieur un replimésoblastique,pour donner naissance aux nageoires définitives. Donc, tout comme les membres impairs, les membres pairs forment à l'origine une nageoire continue sur les côtés du corps. Dans cette théorie, les membres pairs doivent être considérés non seulement comme homologues entre eux, mais de plus comme ayant une origine identique h celle des membres impairs. La structure du squelette adulte peut d'ailleurs donner de nouveaux arguments pour l'assimilation des nageoires paires et impaires. Quelles que soient l'origine et les homologies des membres, on doit distinguer pour chaque paire : les deux membres proprement dits, et la ceinture qui rattache ces membres au tronc. De là quatre paragraphes .;

1" Ceinture scapulaire ;

2° Ceinture pelvienne;

3° Membres antérieurs;

4" Membres postérieurs.

(1) TifACKF-n. Médian and paire.d fînn, Trans. of Connccticut Acad., 1. 111, 1877..

(2) MivABT. On Ihe fins of Elasmobranchs. Tr. Zool. Soc, t. X, 1879.

1° CeiNTUnE SCArULAIUE.

A. Poissons. — Le type le plus simple de la ceinture Ihoracique se rencontre chez les Élasmobranches, où elle a la forme d'une bande cartilagineuse courbée en cercle autour des parois du thorax, après le dernier arc viscéral. Les deux moitiés de cette bande sont soudées à la face ventrale, mais séparées dans la région du dos (fig. S14, co -)- se).

Un bourrelet cartilagineux, entrant dans la constitution de la

l'ig. 614.— Ceinture scapiilaire et membres antérieurs des Poissons. — A, Hep (a?ichus (Séla.ciens); B, Poli/pterus (Crossoptérygiens) ; C, Sahno lacusLris. — Ceinture scapulaire primaire : co, coracoïde ; se, scapuium, — Cemture scapulaire secondaire : c/, claviculaire; pcl, post-claviculaire- sd supra-claviciilaire;;j<, post-temporal, s'arliculaut au cràue. — I. Squelette primaire de la nageoire : p, proptéi-ygium ; ms, mésoptérygium ; mt, métapterygium ; r, rayons. — II. Squelette secondaire de la nageoire : fs rayons secondaires; 1, le premier d'entre eux. '

cavité glénoïde où vient s'insérer le membre, s'élève sur la face externe de la bande cartilagineuse, qu'elle divise en deux parties : une portion dorsale, V omoplate ou scapulwn, une ventrale, le coracoïde.

Dans les autres groupes de Poissons, cette ceinture primitive se retrouve constamment, soit à l'état cartilagineux soit à un état d'ossification plus ou moins avancé. En général, on peut y distinguer trois éléments, le segment ventral se divisant lui-même en deux : le coracoïde et le procoracoïde. Cette portion primitive de la ceinture scapulaire est d'ailleurs bien plus réduite que chez les Sélaciens. Les deux moitiés ne sont jamais réunies sur la ligne

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