NAGEOIRES DES POISSONS
rame, semble plutôt fonctionner comme un tentacule, dont il revêt la forme.
Nageoire des sélaciens. — La nageoire des Sélaciens est construite sur un type notablement différent. Au début du développement (Qg. 322 A), le squelette en est constitué par une tige cartilagineuse longitudinale (ôp), qui court le long de la base ec émet perpendiculairement à sa direction une série de rayons {fr),
Vig. 522. — Développement de la nageoire pectorale de l'embryon de Scylliiim stellare : bp, basiptérygium, devenant plus tard le métaptérygiuui, mp; fr, rayons de la nageoire; pg, coupe transversale de la ceinture thoracique; f, perforation dans cette ceinture; pc, paroi de la cavité péritonéale; cr, apophyse coracoïde; se, apophyse scapulaire sectionnée; mep, mésoptérygium ; proptérygium ; mp, ces deux pièces non encore séparées; f, fibres cornées (Balfouh).
faisant corps avec elle. La tige longitudinale est le basiptérygium.
La nageoire abdominale conserve dans ses points essentiels cette disposition primitive, et ne fait qu'acquérir des articulations :
1» Articulation avec la ceinture pelvienne, dont, au début, le basiptérygium fait partie intégrante ;
2° Articulations des rayons avec le basiptérygium.
Dans la nageoire pectorale, les changements sont plus considérables. La pièce basilaire n'est plus unique, elle est remplacée
par trois autres, auxquelles on peut donner les noms de pro-, méso- et méta-ptérygium (flg. 522 G). Le mode de développement montre que le métaptérygium correspond au basiptérygium tout entier. Ces pièces portent des i-ayons à leur extrémité distale [rayons primaires), et à leur tour, les rayons de la nageoire supportent des baguettes cornées, destinées à soutenir la membrane qui constitue la nageoire proprement dite. Ce sont de simples dépendances du système tégumentaire ; on les appelle parfois rayons secondaires (fîg. 514 A).
Suivant Huxley et Gegenbaur, la nageoire des Sélaciens se ramènerait facilement à la nageoire des Ceratodus. Le basiptérygium représenterait l'axe de la nageoire desDipneustes, et l'une des séries de rayons aurait complètement disparu. On retrouverait cependant une trace de celte série dans certains types, où on distingue, en dehors du rayon externe, dépendant du métaptérygium, <ïune{Heptanchus) h trois (Cesij-opAoms) pièces rudimentaires.
L'existence du type bisériel chez les Prosélaciens est en conformité avec cette hypothèse.
Toutefois, on n'observe jamais, dans l'embryon des Sélaciens, de traces nettes de la seconde série, sur le côté interne du basiptérygium. Aussi Balfour, rejetant la théorie précédente, a-t-il proposé de considérer le basiptérygium comme constituant la base même de la nageoire occupant primitivement la ligne d'attache de la nageoire au corps, pour s'en détacher plus tard, sauf à sa partie antérieure, de façon à occuper le bord postérieur de cette même nageoire.
Cette théorie de Balfour soulèverait bien des difficultés. On comprend mal, en effet, comment aurait pu se produire l'apparition de Ja seconde série de rayons des Dipneustes, apparition que la Paléontologie nous montre si précoce.
Nageoires des Ganoïdes. — Parmi les Ganoïdes, le Polypterus offre les plus grandes analogies, au point de vue de la structure des nageoires, avec les Sélaciens. Une seule pièce à, la nageoire abdominale, trois à la pectorale forment la base de la nageoire, et portent les rayons. Le pro- et le méta-ptérygium seuls s'insèrent à la ceinture scapulaire; ils sont tous les deux ossifiés ; le raésoptérygium, ossifié seulement en son centre, a une forme triangulaire à sommet proximal. Ses deux côtés sont unis aux deux autres pièces, et le sommet n'arrive pas jusqu'à la ceinture scapulaire (fig. 514 B).
Chez les autres Ganoïdes, le proptérygium disparaît ; mais en revanche, un certain nombre de pièces pénètrent entre le méso-
NAGEOIRES DES GANOIDES. 933
et le méta-plérygium et vont s'attacher directement aux pièces de la ceinture. Ce sont en réalité des rayons de nageoire.
Le nombre des pièces basilaires paraît de la sorte un peu augmenté. Il y en a -4 chez la Spatularia, 5 chez l'Esturgeon et le Lepidosteus.
Dans la nageoire abdominale, la pièce basilaire reste toujours unique, quelquefois [Polyodon) divisée sur le bord postérieur en baguettes, dont chacune correspond à un rayon. Plus souvent, le basiptérygium a la forme d'une baguette. A l'extrémité de celle-ci se trouvent les rayons de la nageoire. Mais ceux-ci sont fort réduits en nombre. Chez le Polypterus par exemple, il n'y en a que 4, et, entre leurs extrémités distales, se placent de petites pièces cartilagineuses qu'on désigne sous le nom de rayons secondaires. La réduction est plus grande encore chez VAmia et le
Fig. 523. — Base de la nageoire antérieure du Brochet [Esox Lucius) : Sep, scapulum; Cr, coracoïde; a, métaptérygium ; b, mésoptérygium, soudé au rayon correspondant (1); entre a et b, rayons transformés eu plaques basilaires; 1-5, rayons de la nageoire (Huxley).
Lepidosteus. Il n'y a plus au maximum que 3 rayons très courts ; encore se soudent-ils souvent dans la vieillesse.
La nageoire des Ganoïdes nous permet de comprendre facilement celle des Téléostéens. La base est formée par une série de petits os courts et cylindriques. Dans l'exemple représenté figure 523 [Esox lucius), il en existe quatre (a). Un cinquième, primitivement distinct, se soude au rayon correspondant (6-/), qui dès lors s'insère directement sur le coraco-scapulum. D'après ce que nous avons vu chez les Ganoïdes, le premier de ces os («) représente le métaptérygium. Le mésoptérygium est celui qui s'est soudé avec le rayon b. Les autres pièces correspondent à des rayons de nageoire.
A la suite de celte partie basilaire, vient un certain nombre de petits cartilages, représentant les pièces radiales de la nageoire, qui portent à leur tour les baguettes parlicllemenl ossifiées qui soutiennent la membrane de la nageoire {1-5).
Les nageoires postérieures sont bien plus simples. La partie basilaire est réduite au basiptérygium qui tantôt reste libre.
tantôt s'unit par symphyse à son congénère. Les pièces radiales fort petites sont réduites à une rangée, ou même disparaissent complètement, et alors les baguettes de soutien s'insèrent directement sur le métaptérygium.
Membres des Vertébrés aériens. — A partir des Amphibiens, la disposition du type des membres change complètement.
Tandis que le type nageoire formait une rame absolument appropriée h la vie aquatique, la patte des Vertébrés supérieurs est constituée en vue de la locomotion terrestre, de la marche.
L'animal doit tout d'abord élever son corps au-dessus du sol, et s'avancer ainsi sans que la paroi abdominale de son corps touche la terre ; à cet eflet, le membre se divise en deux articles : l'un proximal, attaché à la ceinture scapulaire, l'autre distal appuyé sur le sol. Au lieu d'un seul levier, il y en a deux successifs. En même temps, le membre, au lieu d'être horizontal et perpendiculaire au plan de symétrie, tend à devenir vertical, c'està-dire parallèle à ce plan.
Mais ces résultats ne sont pas atteints immédiatement.
Chez les Batraciens et les Reptiles, le membre est presque horizontal, et il est incapable de soulever complètement le corps, qui traîne à terre et peut lui-même prendre part à la locomotion. Mais chez les Oiseaux et les Mammifères, les membres se rapprochent l'un de l'autre sur la face ventrale, et deviennent verticaux.
Les deux paires de membres sont, à la base de la série, absolument semblables. Mais, dans les types plus élevés, tandis que les membres postérieurs restent toujours uniquement chargés de soutenir le corps, les membres antérieurs peuvent au contraire s'adaptera d'autres fonctions (tact, préhension, vol, natation), soit qu'ils conservent en même temps leur destination primitive, soit qu'ils s'adaptent exclusivement à leur nouvelle fonction. Ils subissent alors des modifications plus ou moins profondes.
Mais toujours le plan reste le même, aussi bien pour les membres antérieurs que pour les postérieurs, et offre une constance presque absolue.
Le premier article du membre, le bras d'une part, la cuisse de l'autre, est soutenu par un os long unique, articulé à la ceinture correspondante : Vhumérm, — le fémur.
Le second article [avant-bras., — jambe) est au contraire soutenu par deux os parallèles, le radius ou ultia et le cubitus, pour le membre antérieur ; le tibia et le péroné ou fîbula pour l'autre. A la suite de ce second article vient un appareil assez compliqué, qui termine le membre. C'est respectivement la main et le pied (ûg. 524).