MEMBRES DES VERTÉBRÉS AÉRIENS
La main se compose de trois parties : 1° un massif osseux formé de petits os articulés ensemble, et qu'on appelle le carpe. Typiquement, les pièces du carpe peuvent être considérées comme au nombre de 9. Une première rangée formée de trois os s'articule avec l'avant-bras. Ce sont : le radial (?•) et Vulnaire {u), dans le prolongement des os correspondants ; V intermédiaire {i) placé entre les deux. Une seconde rangée est formée de S os, correspondant aux doigts ; ce sont les carpiens, numérotés de 1 à 5 à parlir du radius {^-5). Entre les deux rangées, se trouve un nombre variable d'osselets, les centraux, qu'on peut réduire à un dans ce schéma général. ^ ^
A ces os typiques, peuvent s'ajouter d'autres ossicules moins importants, développés dans les tendons articulaires, et n'ayant par suite aucune importance morphologique. Ce sont des os sésamo'ides.
A la suite du carpe, vient le métacarpe, formé de 5 os métacarpiens allongés, et les doigts, formés chacun par une série de phalanges, faisant suite respectivement aux métacarpiens. On les compte toujours à partir du radius, c'est-à-dire du •pouce.
D'après certains auteurs, il existerait un sixième doigt représenté chez l'Ichthyosaure, et dont les pièces carpiennes persistent quelquefois sous forme d'os très petits. Mais ce sixième doigt n'est actuellement présent chez aucune espèce animale. La main est toujours pentadactyle, et, si ce nombre 5 est modifié, c'est toujours par suppression d'un ou de plusieurs doigts.
Le pied a un squelette typiquement identique à celui de la main. Au carpe correspond le tarse, formé aussi de 9 pièces : le tibial, {'intermédiaire, le fibulaire, le central et les 5 tarsiens. Puis viennent le métatarse et les 5 doigts (Hg. 524 B).
Nous n'avons plus qu'à examiner maintenant les diverses variations de ce plan général.
Quelle peutêtrel'origine du membre des Vertébrés supérieurs?
Fig.524. — A, patte antérieure droite d'une Chelydra. — B, patte postérieure droite d'une Salamandre : R, radius; U, cubitus; r, tibia; F, péroné; u, ulnaire; i, intermédiaire; r, radial; tibial; /', fibulaire; c, central; 1-5, carpiens et tarsiens de la rangée distale ; 1-V, métacarpiens et doigts (Gegenbaur).
Tous les anatomistes sont d'accord pour voir, dans les nageoires paires des Poissons, l'origine des pattes des autres Vertébrés. Mais la Paléontologie ne nous donne à cet égard aucune donnée. 11 n'existe aucun type, vivant ou fossile, qui puisse combler la distance qui sépare les deux types sus-menlionnés. L'embryogénie ne donne elle-même que des résultats très vagues, si bien qu'on en est réduit à de simples hypothèses pour expliquer la filiation de la nageoire au membre pentadactyle.
Suivant Huxley, ce dernier dérive d'un membre bisérié analogue à, celui du Ceratodus. Le squelette axial se serait considérablement allongé, éloignant ainsi de la ceinture les éléments périphériques, qui eux-mêmes se seraient réduits notablement en nombre.
Dans cette hypothèse, l'axe a pour pièce basilaire l'humérus, et passe ensuite par le cubitus, l'intermédiaire, le central et le second doigt.
La série interne est réduite à un seul rayon, comprenant le radius et le pouce; la série externe au contraire comprendrait trois rayons au moins, correspondant à chacun des autres doigts.
Suivant Gegenbaur au contraire, c'est d'un type unisérié qu'il faudrait faire descendre les pattes des Vertébrés aériens. Mais la totalité de la nageoire des Sélaciens ne contribuerait pas, en ce cas, à la constitution de la patte. Le métaptérygium — qui, on se le rappelle, est la partie la plus constante et la première apparue — est la seule partie basilaire qui persiste. Elle forme l'humérus ou le fémur. Le proptérygium et le mésoptérygium, qui sont des parties surajoutées, disparaissent. Le reste du membre est constitué par des pièces dépendant des rayons. Les seuls rayons qui persistent ici sont ceux qui sont portés à l'extrémité du métaptérygium. Ceux du bord supérieur disparaissent également.
Il semble d'ailleurs exister entre les deux types extrêmes ainsi compris un terme de passage. C'est celui des Enaliosauriens et surtout de Vlchtkr/osaure, où les différents os du bras, y compris le radius et le cubitus, constituent un massif peu différenten somme de ce que serait une nageoire de Poisson, réduite au mélaptérygium et aux rayons qui lui font directement suite. La patte n'est ici qu'une nageoire, et les files d'os représentant les doigts sont multiples et ne sont pas séparées les unes des autres, comme elles le sont dans le type pentadactyle.
L'embryogénie seule pourrait permettre de décider entre ces deux théories, mais les résultats relatifs au développement du membre donnés par Gôtte et Strasser ne concordent pas absolu-