VEAU
ramener. D'ailleurs le membre antérieur de V Archœopleryx nous fournit un remarquable terme de passage du membre Reptilien à l'aile de l'Oiseau. Avec ses trois métacarpiens distincts, ses trois doigts pourvus d'ongles et ne portant aucune plume, il ressemble bien plus à une patte de Lézard qu'à une aile. L'humérus par contre est tout à fait semblable à celui d'un Oiseau; le radius et le cubitus sont libres, et le carpe semble formé seulement de deux pièces.
Bien différent est le membre de l'Oiseau, au moins en ce qui concerne la main, le reste de J'aile étant peu modiQé. La main, n'ayant plus aucune fonction à remplir, ni pour la marche, ni pour la préhension, est réduite à l'état d'un squelette immobile; les doigts ne peuvent exécuter de mouvements amples, et ne sont pas munis d'ongles (flg. 525).
Le carpe est fort réduit; dans l'embryon, il existe deux pièces de premier rang, le radial et le cubital, plus trois carpiens; mais dans la suite, ces derniers s'unissent aux métacarpiens correspondants, et le carpe se réduit aux deux premières pièces {17,18). Chez le Casoar et V Aptéryx, il n'en comprend même qu'une.
Les métacarpiens, d'abord indépendants, se soudent plus tard à leur base ; le premier reste très petit, les deux autres, assez longs, se soudent également par leur autre extrémité [19, 20). Les doigts sont au nombre de trois; mais le nombre des phalanges est très réduit; il n'y en a qu'une au premier (^5) et au troisième doigt {22), deux au second {21).
Ce type se répète avec une constante uniformité dans toute la classe des Oiseaux.
Le membre inférieur, quoique moins modifié, subit lui aussi des changements remarquables, pour s'adapter au saut.
A quelques exceptions près, où le corps reste vertical (Rapaces nocturnes. Manchots, etc.), le fémur est dirigé en avant, horizontal ou très oblique, à peu près parallèle à l'axe du corps. Cette disposition a pour but de ramener à peu près vers le milieu le point de suspension du corps, et de permettre à ce dernier une position à peu près horizontale (fig. 478).
Mais en même temps, la cuisse, qui est assez étroitement unie au corps, cesse de prendre une part active à la locomotion; le premier bras de levier est ainsi presque supprimé, et le genou remplit physiologiquement le rôle du point d'attache de la jambe. La jambe a un tibia bien développé, mais le péroné est réduit à un court stylet, placé au côté externe du premier.
Si aucune modification ne se produisait, la jambe constituerait le seul bras de levier utile, ce qui, comme nous l'avons vu, rendrait fort imparfait le mode de suspension du corps. Aussi s'en produit-il un nouveau, formé par un os long interposé entre le tibia et les doigts.
Il occupe la place du tarse et du métatarse, mais, pour en connaître la vraie valeur morphologique, il faut faire appel à l'embryogénie. Celle-ci nous apprend que l'embryon a un carpe formé de deux pièces, correspondant chacune à une rangée (ûg. 526, 2) ; mais postérieurement la supérieure s'unit au tibia ; la seconde