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SQUELETTE DES MEMBRES DES MAMMIFÈRES

aux métatarsiens. Ceux-ci, primitivement distincts, s'unissent plus tard en un seul os long, ne montrant son origine multiple que par les têtes par lesquelles son extrémité inférieure s'articule avec les doigts. L'os spécial au pied des oiseaux est donc le représentant des tarsiens {pro parie) et des métatarsiens.

Le nombre des doigts est généralement de quatre ; mais le pouce est quelquefois rudimenlaire et manque chez quelques-uns. Chez l'Autruche, le second doigt manque en outre du pouce.

Le nombre des phalanges vai'ie suivant les doigts. Dans la règle, il y en a 2 au premier doigt ; 3 au second, 4 au troisième et S au quatrième.

E. Mammifères. — Squelette DES MEMBRES. — Les membres , et surtout les membres antérieurs, présentent, chez les Mammifères, une variété considérable, notamment en ce qui concerne la main (fig. 327).

Onpeut les ramenerà quatre types principaux : l'aile des Cheb'opières, la nageoire des Cétacés, la patte des Ongulés, uniquement adaptée à la course; enfin le membre des autres types, lui-même fort varié, mais qui joint à son rôle locomoteur un rôle dans la préhension (Marsupiaux, Rdentés, Rongeurs, Insectivores, Carnivores, Lémuriens, Primates),

Ce dernier, caractérisé par la présence des ongles, se rapproche davantage du type généraL Nous l'étudierons tout d'abord.

L'humérus est muni h. son extrémité supérieure d'une tête sphérique,

Fig. 526. — 1, patte de Poulet adulte; 2, patte d'embryon de Poulet : /', fémur; pièce supérieure du tarse, se soudant au tibia; l~, pièce inférieure se soudant au métatarse; m, métatarsiens; d, doigts (Schmidt).

qui s'articule dans la cavité glénoïde de l'épaule, et autour de laquelle se voient des tubéi^osités servant à. l'insertion des muscles ; à son extrémité inférieure, il présente une articulation en gorge de poulie où s'articule le cubitus. Le radius et le cubitus sont, dans tous les ordres énoncés plus haut, bien développés; le radius plus gros vers le poignet, le cubitus plus gros au contraire vers le coude, oîi il se prolonge en arrière en une apophyse recourbée, l'o/^crdne. Celle-ci, se logeant dans la cavité

olécrânienne du cubitus, limite le mouvement d'extension du bras.

Chez les Primates, et, h un moindre degré, chez quelques Marsupiaux et d'autres, le radius peut tourner autour du cubitus, de façon à entraîner la main dans son mouvement, et à permettre de la tourner dans différents sens.

A cet efl"et, le cubitus s'articule seul avec l'humérus, le radius

Fig. 527. — Pattes des Mammifères. — A, main de l'Oraug-Outang; D, nageoire de Dauphin; E, extrémité postérieure de l'Éléphant; F, extrémité antérieure de Paresseux {Bvadypus); M, patte antérieure de la Taupe; 0, pied antérieur du Bœuf; P, pied antérieur du cheval; T, pied antérieur du Tigre: r, radius; c, carpe; m, métacarpe; s, os sésamoïdes ; jo/i, pA', ph", phalanges; cls, doigts rudimentaires.

avec la main. Quand les deux os sont parallèles, la main est dite à l'état de pronation. La rotation du radius s'effectue d'une façon assez compliquée : la téte supérieure tourne sur place; la tête inférieure tourne autour du cubitus. Dans ce mouvement les os se croisent en forme d'X, et la main qui a tourné de 180° est à l'état de supination.

Le carpe ne diffère pas du type général; il est formé de 7 os, auxquels l'anatomie descriptive a donné des noms spéciaux,

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trois dans une première rangée : scaphoïde (radial), semilunaire (intermédiaire), pyramidal (ulnaire) ; quatre forment une seconde rangée, ce sont les carpiens : le trapèze, le trapézoïde, le grand os, l'os crochu. Ce dernier est formé par la soudure de deux fcarpiens, le quatrième et le cinquième, comme l'indique déjà sa forme, et comme le démontrent rembr3'ogénie et la tératologie. Le central n'est en général plus distinct chez l'adulte; mais dans l'embryon, il existe distinct pendant quelque temps ; il persiste chez un petit nombre de types [Hyrax) (fig. 528) ; ailleurs il se soude soit au radial, pour entrer dans la composition du scaphoïde, soit au second carpien, pour former le grand os. Quelquefois aussi, chez l'Homme par exemple, un second central existe, qui se soude avec le troisième carpien, pour former la tête du grand os.

Sur le bord cubital, à côté du pyramidal, se trouve développé un petit os, le pisi forme ; on le considère soit comme un ossésamoïde, soit avec Gegenbaur comme le reste d'un sixième rayon, atrophié.

Bardeleben a signalé l'existence d'un septième rayon, auquel il a donné le nom de prœpollex, situé sur le bord radial ; mais aucune pièce distincte ne reste de ce rayon, sauf une portion cartilagineuse, qui peut s'observer au bord externe de chaque pièce du rayon I, c'est-à-dire du scaphoïde, du trapèze et du premier métacarpien; le système musculaire viendrait surtout à l'appui de cette opinion. Si elle est exacte, le type ancestral des Vertébrés aurait été pourvu de sept doigts.

Dans le plus grand nombre des cas, le nombre des doigts est seulement de cinq. Le pouce est plus court que les autres doigts. Il n'a que deux phalanges au lieu de trois. Quelquefois même il se réduit beaucoup plus et peut disparaître complètement. Nous ne pouvons entrer dans le détail des modifications adaptatives secondaires, que peut subir la main. Nous ne voulons rappeler que celle qui en fait un membre préhensile par excellence, lorsque le pouce est opposable aux autres doigts. Cette particularité, qui se rencontre chez l'Homme aux membres antérieurs, chez la plupart des Singes et des Lémuriens aux quatre membres, caractérise ce qu'on appelle plus particulièrement une main.

Le membre postérieur ne mérite pas de nous arrêter longtemps, grâce à sa ressemblance aVec le membre antérieur. '

Le tibia est toujours plus volumineux que le péroné. En avant de l'articulation de la jambe et de la cuisse, se trouve un os la rotule, qui protège en avant le genou. On l'a comparé à, l'a- R. PEBniER. — Anat. coin p. gQ

pophyse olécrâne, mais à tort. C'est un os sésamoïde, développé dans le tendon du triceps fémoral. Bien qu'il ne soit très net que chez les Mammifères, on le rencontre plus ou moins développé chez les Sauriens et les Oiseaux. Il manque chez les Marsupiaux et les Chéiroptères.

Le tarse est comparable en tous points au carpe. La première rangée est formée de deux os : Vastragale (libial + intermédiaire) qui porte seul l'articulation de la jambe et du pied, le calcanéum (fîbulaire) qui forme le talon.

Le central reste ici distinct et forme le scaphoîde. Enfin les cinq os carpiens forment les trois cunéiformes et le cuboïde, celui-ci résultant de la soudure des deux derniers carpiens.

Adaptation au vol : chéiroptères. — L'aile des Chauves- Souris ne diffère de ce que nous venons de voir que par l'allongement démesuré des diverses parties du membre antérieur, et particulièrement de celles de la main, qui deviennent en même temps grêles et ténues (fig. 449). L'humérus seul reste assez fort pour servir d'attache aux muscles du vol.

Le cubitus est fort réduit, et l'olécràne en est séparé complètement. Sauf le pouce, dont tous les éléments restent courts, et qui n'est d'ailleurs pas compris dans la membrane alaire, les métacarpiens et les deux phalanges des autres doigts sont extrêmement allongés; ils servent à soutenir la membrane alaire, à la façon des baleines d'un parapluie.

Le membre postérieur est bien plus court. Les seuls caractères qui le distinguent du type général sont : l'état rudimentaire du péroné, et la présence, en arrière du talon, d'un os quelquefois réduit à l'état de cartilage, Véperon, qui est logé dans le bord postérieur de l'aile et sert à le tendre.

Adaptation a la course : ongulés. — On réunit sous le nom d'Ongulés les Mammifères herbivores dont le membre a perdu toute propriété préhensile et s'est adapté exclusivementàlacourse.

De là une série de caractères spéciaux (fig. 527 0,P), qui opposent ce membre à. celui des Mammifères étudiés en premier lieu :

1° Le membre tend à s'allonger verticalement, et cet allongement est produit d'une façon simple par le fait qu'il touche uniquement le sol par l'extrémité des dernières phalanges. Les Ongulés sont des onguligrades.

Ce caractère n'est jamais présenté par les autres Mammifères: ils marchent en posant tout le pied sur le sol, depuis le tarse; c'est la disposition qu'on doit regarder comme primitive, puisqu'elle est déjà réalisée chez les Batraciens et les Reptiles. Ce sont des "plantigrades.

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