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ADAPTATION A LA COURSE : ONGULÉS

Un certain nombre toutefois présente une disposition intermédiaire. Les doigts reposent par toute leur longueur sur le sol, mais les métapodiaux (métacarpiens et métatarsiens) sont relevés. C'est le type digitigrade.

2" En même temps l'allongement du membre s'accentue par l'allongement direct des parties constituantes, notamment des métapodiaux et des os de l'avant-bras. Toutefois l'humérus et le fémur ne participent pas à cet allongement, ils restent courts, mais s'épaississent notablement ; car c'est sur eux que porte principalement le poids du corps. Les os du carpe et du tarse forment de même un massif court, afin d'éviter le trop grand

Fig. 528. — Extrémité du membre antérieur gauche d'IIyrax capensis : R, radius; U, cubitus; s, scaphoide (= radial); /, semi-lunaire (= intermédiaire); p, pyramidal (= ulnaire); pi, pisiforme; c, central; 1-4, les 5 carpiens, dont les deux derniers sont soudés; w^i.j, métacarpiens; p/fj 3, phalanges; I-V, doigts.

Fig. 529. — Extrémités des membres à'Elephas indiens. — A, membre antérieur ; B, membre postérieur: s, scaphoide, soudé au central, c; l, semilunaire; p, pyramidal; pi, pisiforme; tz, trapèze, t, trapézoïde; m, grand os ; u, os crochu (= unciforme) ; — a, astragale ; c, calcanéum ; n, scaphoide (= naviculaire); cb, cuboïde; 1-3, cunéiformes; — I-V, doigts.

nombre d'articulations distinctes, qui pourrait être funeste à la solidité du membre.

3° Les phalanges qui portent sur le sol sont entourées d'un sabot protecteur qui les recouvre complètement. De là le nom d'Ongulés, donné par opposition à celui d'Onguiculés, qui s'applique aux animaux munis d'ongles ou de griffes.

i" Pour accentuer la solidité de la patte, les métapodiaux, au lieu de se placer h côté les uns des autres, se disposent de façon à former une sorte de voûte à convexité antérieure ; les pièces'du carpe, du tarse et les doigts suivent le même mouvement; le pied est moins large mais plus épais.

5» Les doigts médians, sur lesquels porte davantage le poids du corps, tendent à devenir prépondérants, tandis que les doigts

948 VI5RTÉBRÉS. — SQUELETTE.

atéraux entrent en régression et arrivent à disparaître, en môme temps que leurs pièces carpiennes et métacarpiennes; d'où, réduction du nombre des doigts.

6° Enfin il peut y avoir soudure de plusieurs parties, primitivement distinctes, radius et cubitus, tibia et péroné, métapodiaux, pièces du tarse et du carpe.

Le type primitif des Ongulés, réalisé suivant Cope par les Condylarthres [Periplychus, Phenacodus), est encore représenté à l'époque actuelle par VHyrax (fîg. 528). Les huit pièces fondamentales du carpe s'y trouvent représentées, et il s'y ajoute au côté cubital un pisiforme supplémentaire {pi). Le caractère spécial de ce massif est sa disposition sérielle : le scaphoïde (radial) (s) ne s'articule qu'avec le trapèze {i) et le trapézoïde {2); le semilunaire (intermédiaire) (/) avec le grand os [5) \ le pyramidal (ulnaire) {p) avec l'os crochu {4). De même au membre postérieur, le cuboïde répond à l'astragale, le scaphoïde au calcanéum.

Chez les Proboscidiens, la même disposition se retrouve dans le carpe (fig. 529 A); mais le tarse a une structure très spéciale : le scaphoïde s'est élargi, et pénètre entre le cuboïde et le calcanéum (fig. 529 B).

Tous les autres Ongulés actuels sont Fig. 530. - Carpe droit d'un réunis par Cope dans le groupe des Ciieval : 1, pyramidal: 2, se- r\- i , ■ .t-,

mi-luuaire; 3, scaphoïde; 4, J^iptarthres, et sont caractérisés par

pisiforme; 5, os crociiu; 6, l'alternance qui se manifeste dans les grand os; 7, trapézoïde(Hux- ^g^^ ^^^.jgg ^ ^ ^

ley). , ^ '

boïde du tarse s articule à l'astragale et au calcanéum ; au carpe, le scaphoïde s'articule non seulement au trapèze et au trapézoïde, mais encore au grand os; le semilunaire s'articule à. celui-ci, et à l'os crochu.

Pour ce qui a trait au nombre des doigts, les Condyl.art.hres fossiles en possèdent à chaque pied le nombre primitif 5 (fig. 531 A); ce nombre persiste à l'époque actuelle chez les Proboscidiens seuls. VHyrax a encore cinq doigts en avant, mais il n'en a que trois en arrière. Chez les Diplarthes, ce nombre est au plus de quatre à. chaque pied.

La Paléontologie montre d'ailleurs que cette réduction est le

ARTIODACTYLES ET PÉRISSODACTYLES,

résultat d'une régression, portant en premier lieu sur le premior doigt (à partir du radius) et que ces animaux descendent d'ancêtres pentadaclyies.

Les Diplarlhes se divisent d'une façon très nette en deux groupes : les Artiodactyles, qui reposent sur le sol par deux doigts, le troisième elle quatrième; les Péînssodacty les, reposant sur le sol par un nombre impair de doigts.

La raison d'être de cette division se voit facilement ; le poids du corps peut porter son effort soit sur un doigt, soit dans l'intervalle compris entre deux doigts. Dans le premier cas, le doigt

F)g. 531. — Généalogie du pied antérieur gauche du Cheval : A, Phenacodus primxvvs (Eoeène) ; B, Hi.racotherium venticolum (Id.) ; C, Palœotherium médium (Gypse) ; D, Anchitherium auveliancnse (Miocène) ; E, Hippotherium gracile (Pliocène) ; F, Equus caballus. — l, semi-lunaire ; m, grand os ; p, pyramidal; s, scaphoide; t, trapézoïde; iz, I, trapèze; v, 4, onciforme; I-V, doigts et métacarpiens (me).

le plus chargé prend la prédominance, et les doigts latéraux diminuent, tout en restant égaux deux à deux (fig. 531).

Dans le second cas, les deux doigts entre lesquels se porte le poids du corps restent égaux et prennent simultanément la prédominance, pendant que les doigts latéraux diminuent (Qg. S32).

La Paléontologie nous montre de remarquables séries, qui tracent d'une façon complète l'histoire de la régression des doigts latéraux.

Si nous prenons d'abord les Périssodactyles, nous trouvons la série suivante observée soit sur l'Ancien continent, soit d'une façon plus complète dans le Nouveau monde (fig. 531) :

Eohippiis, Orohippus — Hyracotherium — Eoeène inr^

Epihippus.

— Palœolherium — Oligocène

— 4 doigts développés; rudimcntdu ponce.

— 4 doigts développés: II, m, IV, V.

Mesohippus Miohippus

Protohippus Pliohippus

— Palaeotlierium —

Eocène moy.

Oligocène.

— Anchiiherium — Miocène

Equus

— Hipparion

— Equus

— Miocène moy.

— Pliocène

— Pliocène sup'.

— Actuel

11,111, IV.conaplets;V, réduit au métacar pien.

Il,ni,lV, complets; V. métacarpien rudimentaire.

II, III, IV, complets.

m, seul complet ;

II et IV réduits aux métacar piens.

On retrouverait de même une chaîne ininterrompue conduisant de VAnth'acotheriwn, dont les quatre doigts reposent sur le sol, bien que les deux externes soient plus petits, aux Suidés actuels, où deux doigts reposent sur le sol, tandis que deux autres, placés en arrière (fig. 532), sont notablement plus courts et n'atteignent pas le sol, et aux Ruminants. Chez ces derniers, la réduction des doigts est portée à des degrés divers.

En voici des exemples (fig. 533) :

II et V.

III et IV biea développas.

Hyœ^noschus (fig. 555 A).

Élan. Cerf (G)

Courts, mais complets.

Zc?., non attachés au carpe.

Complets, métacarpiens

rudimentaires.

Rudimentaires.

Nuls.

Entièrement distincts.

Métacarpiens soudés à la

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