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ADAPTATION A LA NATATION

Les Cétacés et les Sirénides sont bien plus complètement adaptés.

Les membres postérieurs manquent complètement; le Dugong, le Lamantin, et quelques autres, possèdent bien des traces de bassin, mais on ne trouve de rudiments des membres que chez la Ba/éena mysticetus.

Dans les membres antérieurs, dont la ceinture basilaire est réduite à une omoplate très large, les os du bras et de l'avant-

Fig. 532. — E.\trémité d'un membre aulérieur de Porc.

Fig. 633. — Pieds antérieurs gauches de Ruminants : A, Hyœmoschus aquaticus; B, Gelocut communis (Oligocène); C, Cervus; D, Trafjoceros amalthem (Pliocène). — s, scaplioîde; /, semi-lunaire; p, pyramidal; <, trapèze; m, grand os; u, os crochu; II-Y, métacarpiens.

bras sont courts et aplatis. Les doigts, au contraire, au nombre de cinq, sont très allongés, et remarquables par leurs nombreuses phalanges; ils sont unis les uns aux autres par un ensemble de muscles et de tissu conjonctif qui réduit la nageoire à une rame formant une masse unique, et merveilleusement adaptée à son usage (fig. 451).

Une dernière question se présente ici relativement à l'homologie des membres antérieurs et des membres postérieurs chez les Mammifères. Il existe en effet une différence notable dans leur orientation. L'articulation du genou se fléchit en arrière; celle du coude en avant; de même, le gros orteil est au côté interne du pied, tandis que le pouce ainsi que le radius est au côté externe. On a depuis longtemps invoqué pour expliquer cette différence une torsion de ISO», subie par l'humérus, torsion dont on croyait trouver la marque dans l'obliquité de la gouttière postérieure que présente l'os adulte, notamment chez l'homme (Martius). Gegcnbaur montra m5mo que cette torsion se produisait réellement dans le développement ontogénique, et il évalua à 'iT" la torsion subie depuis le huitième mois de la vie fœtale, jusqu'à l'âge adulte. Les travaux de .Julien cl de Sabatier ont battu en brèche cette théorie. Il importe en effet de remarquer que la disposition primitive des deux membres, ontogéniquement et phylogéniquement, est différente de ce qu'elle est chez les Mammifères adultes. Les deux membres sont en effet perpendiculaires au plan sagittal; leur articulation principale, coude ou genou, est en dehors; les deux os de l'avant-bras cl de la jan>bc

sont verticaux et parallèles au plau sagittal, le radius et le tibia en avant, ainsi que le pouce et le gros orteil.

Plus tard, les deux membres s'élèvent; l'angle que forme leur premier article avec le second, de droit qu'il était primitivement, devient très obtus; en même temps, l'humérus subit une torsion de dehors en dedans, et d'avant en arrière; le coude vient en arrière.

Le fémur subit une torsion inverse d'arrière en avant, le genou vient en avant ; comme ces deux torsions sont de 90", la rotation totale d'un des os par rapporta l'autre est de 180°; les deux membres prennent la disposition réciproquement inverse que nous avons signalée.

Les recherches de Gegenbaur semblent d'ailleurs montrer que la rotation est subie par le corps même des deux os, bien que certains anatomistes (Julien, Sabatier) inclinent à croire que la torsion se produit dans l'articulation du membre.

Dans le mouvement indiqué ci-dessus, la main des Mammifères est tournée en arrière, le pouce en dehors. Pour la ramener dans la position qu'elle occupe, quand ces animaux marchent, c'est-à-dire en avant, le pouce en dedans, le radius tourne autour du cubitus par son extrémité inférieure; celle-ci vient se mettre au côté interne de l'extrémité cubitale; le membre antérieur des Mammifères est donc constamment à un état analogue à ce qu'on nomme la supination chez l'Homme (1).

(1) Consulter à propos de ces considérations morphologiques : Ch. Martins, Mém. Acad. se. de Montpellier, 1857; Durand (de Gros), Les origines animales de l'Homme, Paris, 1871; Julien, Revue d'anthropologie, 1879; Sabatier, Comparaison des ceintures et des membi^es chez les Vertébrés. Montpellier, 1880; PoiniEB, Développement des membres, ^axh, 1886; Testut, Traité d'atiaiomie humaine, Paris, 1889.

Généralités. — L'appareil digestif des Vertébre's est toujours un tube ouvert à ses deux extrémités, et dont les orifices sont constamment éloignés l'un de l'autre.

Au point de vue ontogénique comme au point de vue phylogénique, le tube digestif est primitivement un tube droit, ayant la longueur du tronc ; la bouche se trouve à la partie antérieure, tandis que l'orifice de sortie est dans le voisinage de l'extrémité postérieure.

Dans les types spécialisés, il se complique de plus en plus, soit par des modifications dans sa forme et dans sa structure, soit par la formation d'annexés glandulaires de plus en plus différenciées.

Les changements de formes les plus essentiels concourent tous au même but : rendre plus complètes et l'action des sucs digestifs sur les aliments ingérés et l'absorption des matériaux assimilables résultant de cette action.

Les moyens mis en œuvre pour arriver à ces résultats sont de diverses natures :

1° Le tube lui-même s'allonge et doit alors, pour se loger dans l'espace qui lui est réservé, former des circonvolutions plus ou moins nombreuses ;

2° Son calibre s'augmente dans certaines parties. En d'autres, il se forme des poches fermées par des sphincters, oii les aliments doivent séjourner pendant un certain temps et qui sont désignées suivant iCur nature sous les noms de jabot, gésier, estomac, caecum, etc. :

3° Enfin la membrane digeslive peut former des replis constituant des villosilés hérissant sa surface, des valvules spirales, ou des valvules conniventes, c'est-à-dire circulaires, qui ont pour effet de retarder la marche des aliments.

Ces modifications spéciales sont d'ailleurs en rapport avec le régime de l'animal.

La digestion des aliments végétaux est plus difficile et plus longue que celle des matières animales; les parties alimentaires

y étant plus rares, la somme de matériaux ingérés doit être plus considérable. Aussi est-ce chez les Herbivores que nous rencontrerons les plus grandes modifications, et, tandis que chez le Chien la surface digestive équivaut à peine aux deux tiers de la surface extérieure, elle la dépasse deux ou trois fois chez le Cheval et le Bœuf.

En même temps qu'une différenciation dans la forme, il se produit dans les cellules de la muqueuse digestive une spécialisation. Tandis que dans les premières phases de la vie embryonnaire, elles sont toutes, comme chez les animaux inférieurs, absolument semblables, il ne tarde pas à se faire un départ, et la faculté sécréloire reste plus particulièrement dévolue à un certain nombre d'entre elles, qui se localisent dans la région moyenne de l'intestin. Là elles se groupent le plus ordinairement de façon avenir tapisseries parois d'enfoncements plus ou moins compliqués, tantôt cylindriques, en doigts de gant, tantôt ramifiés, qui se logent dans l'épaisseur du tube digestif.

Ces groupes de cellules, qui méritent dès lors le nom de glandes, peuvent enfin se développer d'une façon extraordinaire, et constituer alors des corps appendiculaires plus ou moins considérables, qui font saillie hors du tube digestif, avec lequel ils communiquent par un canal sécréteur. En même temps, les diverses glandes ainsi formées se différencient par la nature des sucs sécrétés, et on arrive ainsi au maximum de la division du travail, qui, chez les Vertébrés, se trouve réalisé de très bonne heure. Presque dès la base de la série, on peut distinguer toutes les glandes dont nous aurons à faire l'histoire, les glandes salioaires, les glandes gastriques, le pancréas, le foie et les glandes inteslinales.

Développement du tube digestif. — La segineutatiou de l'œuf, à quelque groupe qu'il appartienne, aboutit toujours, après un certain nombre de phases qu'il est inutile de rappeler ici, à la formation d'une blastosphère, dont les parois sont constituées par deux enveloppes cellulaires : l'une extérieure qu'on nomme épihlasle ou exoderme; l'autre interne, Vhypoblaste ou endoderme. La cavité de cette sphère, qui n'est pas autre chose que Vintesti?i primitif, le prologaster, communique primitivement chez les Vertébrés inférieurs [Cyclostomes, Esturgeon , Sétaciens, A7nphibiens) avec l'extérieur par un oi'ifice qu'on nomme blastopore . Mais ce blastopore se forme tôt ou tard, et le protogaster est alors constitué par un sac absolument clos, tapissé par l'hypoblaste. Chez les Vertébrés élevés, le blastopore ne se forme jamais réellement, et l'intestin pi-imitif est clos dès sou origine.

Dans tous les cas, il renferme dans son intérieur le vitellus nutritif qui est destiné à la nutrition de l'embryon. — Le protogaster tout entier ne contribue pas à la formation du tube digestif de l'adulte. D'une manière générale, tout le long du contour de l'aire où se formera le corps de l'embryon, se creuse un sillon, qui a pour effet de produire un élranglemeul dans la cavité digestive primitive, et de la diviser en deux parties, dont la supérieure seule contribuera à former l'intestin définitif (fig. 534). La partie inférieure (F) se sépare de plus eu plus de la première, et ûuit par ue plus

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