TUBE DIGESTIF DES REPTILES
tuer à mesure que nous nous élèverons dans la série. Peu développée chez les Sauriens et les Ophidiens, dont l'intestin, par son large œsophage et son estomac de forme très simple, indique un état d'infériorité très évident (ûg. 552 C), la courbure de l'estomac s'accentue chez les Tortues; la portion cardiaque est presque à angle droit avec l'œsophage, et parallèle h la portion pylorique placée au-dessous d'elle (fig. 552 D).
L'œsophage nettement séparé de l'estomac est hérissé, chez les Tortues marines, de papilles cornées, dont la pointe est dirigée vers le cardia, et qui peuvent s'avancer assez loin vers l'estomac.
Les Crocodiliens présentent une organisation bien plus élevée.
Fig. 552. — Schéma des diverses formes de l'estomac chez les BatracieES et les Reptiles : A. Siren lacertina; B. Rana escidenla ; C. Lacerta viridis;B. Emys eiiropxa;E. Alligator lucius. — œ, œsophage ; estomac ; gc, sa grande courbure; pc, sa petite courbure ; P, tube pylorique (pylore); /, intestin.
Leur œsophage conduit dans un énorme sac musculeux (flg. 552, E) à parois épaisses, arrondi ou ovale, et, comme le pylore se trouve rapproché du cardia.nous avons déjà la forme de cornemuse si caractéristique de l'estomac des Vertébrés supérieurs. Sur ses faces dorsale et ventrale, se trouvent deux disques tendineux qui servent à broyer les aliments, et d'où rayonnent les faisceaux musculaires. Enfin, vers le pylore, se trouve une petite poche très évidente chez les Crocodilus, qui constitue comme un estomac appendiculaire.
ÏUBE DIGESTIF DES OiSEAUx (ûg. 553). — Tous CBS caractèrcs rapprochent extraordinairement l'estomac des Crocodiles de celui des Oiseaux ; mais chez ces derniers la différenciation est poussée beaucoup plus loin.
R. PEnniER. — Anat. comp. go
L'œsophage {3), de longueur variable, présente assez souvent, surtout chez les Rapaces et les Granivores, un sac latéral appendiculaire communiquant avec lui, le jabot [4). Tantôt c'est une simple expansion absolument dépourvue de glandes, et servant simplement de réservoir pour les aliments. Mais dans d'autres cas [Gallinacés, Pigeoiis), il est le siège d'une sécrétion abondante laiteuse, utilisée dans la digestion des matières sèches et dures dont ces animaux font leur nourriture.
A sa partie inférieure, l'œsophage présente une dilatation et ses parois se recouvrent de nombreuses glandes contribuant à la sécrétion du suc gastrique. C'est cette partie que l'on désigne sous le nom de proventricule ou estomac glandulaire [6). Une seconde poche fait suite immédiatement à celle-ci, c'est le gésier (7); son énorme paroi musculaire en fait un appareil d'une puissance considérable. Les deux faces présentent en leur centre un disque tendineux très résistant qui sert d'insertion aux muscles. Chez les Rapaces, les muscles sont uniformément développés et l'estomac a la forme d'un sac plus ou moins arrondi. Mais chez les granivores, les muscles se développent plus particuhèrement sur les deux côtés droit et gauche et alors l'organe prend une forme aplatie, anguleuse, très caractéristique. Pour augmenter encore la puissance triturante, la muqueuse présente un nombre considérable de glandes, dont la sécrétion se coagule en une couche cornée, développée surtout dans le dernier cas, et qu'il est souvent difficile de séparer des couches sous-jacentes. Sa surface est hérissée d'aspérités, de telle sorte qu'il se constitue deux véritables meules, qui suppléent de la façon la plus complète aux dents dont les Oiseaux manquent entièrement.
Le pylore [8] est, comme chez les Crocodiles, très rapproché du cardia, et quelquefois, surtout chez les Ichthyophages, il existe dans cette région une troisième poche, pareille à celle des Crocodiles. Grâce aux valvules annulaires qu'elle présente, elle sert à retenir plus longtemps les aliments avant leur entrée dans l'intestin.
Celui-ci présente en général un grand nombre de circonvolutions, et, comme sa longueur est en rapport avec le régime de l'animal, on a essayé, mais sans grand succès, de l'employer dans la systématique.
Intestin moyen des Mammifères. — Le tube digestif des il/amw/- [ères présente une division des parties beaucoup plus parfaite, et en même temps une variété de formes d'adaptation beaucoup plus grande que dans aucune autre classe de Vertébrés.
L'œsophage est toujours nettement séparé de l'estomac, et