TEST DES FORAMINIFÈRES
ont également un test chitineux. Ils forment la famille des Gro~ miidés, et la chitine qui les recouvre jDeut être nue ou incrustée de corps étrangers. Le protoplasma s'échappe par l'ouverture de cette enveloppe, et se répand sur sa surface en émettant des pseudopodes dans toutes les directions (fîg. 21, p, 82).
D'autres, les Liluolidés, se forment un test à l'aide de grains de sable ou, dans certaines espèces, de spicules d'épongés et de débris d'autres tests. Ces matériaux sont agglutinés au moyen d'un ciment chitineux, ou plus généralement d'un mélange d'oxyde de fer et de carbonate de chaux. Les tests ainsi consli-
Fig. 41. — A. flijalosphenia lata. — B. Quadrula symetrica.
tués sont en général rugueux, mais ils peuvent aussi avoir un aspect porcelané.
Dans la plupart des cas, l'animal se sécrète de toutes pièces un squelette calcaire, mais où la chitine joue toujours un grand rôle.
Qu'il soit calcaire ou arénacé, le lest des Foraminifères peut présenter deux structures très différentes. Chez la plupart des coquilles arénacées, et chez les Miliolidés, le test est formé d'une couche compacte, homogène, ininterrompue, parfois de deux couches distinctes, superposées, mais toujours continues. Les autres groupes à coquille calcaire ont au contraire le test criblé d'une multitude de canaliculcs extrêmement Qns, qui font communiquer les loges entre elles et qui mettent en relation l'intérieur des loges avec l'extérieur. Ces canalicules peuvent être droits et normaux à la surface du test, ou au contraire, notamment dans les types h. coquilles épaisses, ramifiés et anastomosés.
La présence ou l'absence de ces canalicules entraîne des
différences notables dans le genre de vie de l'animal. Chez les espèces à test continu, le protoplasma ne communique avec l'extérieur que par un oriace unique, d'où parlent la majeure partie des pseudopodes (ûg. 42 A). Au contraire, dans les espèces à test perforé, le protoplasma s'échappe par tous les Pores, et les pseudopodes rayonnent de toute la surface du corps (fig. 42 B;. Ceci ne constitue pas d'ailleurs une opposition absolue, car même
Fig. 42. - Test des Foraminifères. - A, Imperforcs. SquamuUna lœvis. - B, Perforés. Discorbina globularis.
dans les premiers, le protoplasma peut se répandre h l'extérieur, de façon à recouvrir toute la coquille, et à donner partout des pseudopodes. C'est ce que montre la figure 21 (p. 82), qm représente un Foraminifère Imperforé. Toutefois, on s'accorde à baser sur ce fait la grande coupure des Foraminifères, qui se divisent dès lors en Perforés et Imperforés.
L'étude de la morphologie de la coquille offre un grand mterèt, et c'est sur elle que reposent toutes les classiûcalions qm ont été proposées pour le groupe qui nous occupe. Les variétés de
TEST DES FORAMINIFÈRES. 101 forme qu'elle peut présenter sont infinies, au point qu'on est obligé, à l'heure cacluelle, de renoncer à établir des espèces et des genres délimités, et qu'on se contente de distinguer un certain nombre de types tranchés, d'où rayonnent des séries ininterrompues de formes dérivées.
La coquille peut être formée d'une seule loge, ou être au contraire divisée par des cloisons incomplètes en plusieurs loges communiquant entre elles. Dans le premier cas, la coquille est monotlmlame ; elle est polylhalame dans le second. Il ne faudrait pas conclure de ce fait, comme on l'a fait quelquefois, que les tests polythalames se rapportent sûrement à des Foraminifères coloniaux. Il n'existe, en effet, souvent qu'un seul noyau, et même quand il en existe plusieurs, il n'y a pas forcément un rapport entre leur nombre et celui des loges.
Les tests monothalames peuvent présenter toutes les formes
Fig. 43. — Cornuspira fo- Fig. 44. — Gaudryana Fig. 45. — Quinqueloculina Ziacea Phill.— A, test vu siphonella. maria.
de face ; B, vu de profil ^Williauson).
imaginables, celle d'une sphère {Orbulina), d'une lentille, d'une bouteille {Laxjena)^ d'un tube spiralé [Coimuspira (fig. 43), Spml- Hna), etc.
Les tests polythalames ne sont pas moins variés. Quelquefois chacune des loges constituantes a exactement la forme d'un test monothalame connu; ainsi les Nodosaria sont formées d'une série de loges successives, dont chacune est identique à une Lagena. Peut-être dans ce cas est-on en droit de considérer la première forme comme une forme coloniale directement dérivée de la seconde. Les loges successives se disposent à la suite les unes des autres soit en ligne droite, soit en ligne un peu arquée [Nodosaria], soit sur deux rangs juxtaposés [Texlularia] (fig. 44), soit enfin, et le plus souvent, suivant une spire plus ou moins compliquée. Dans ce dernier cas, il arrive assez souvent que, les loges allant en croissant constamment, les plus récentes recouvrent celles précédemment formées et les cachent complètement. Le
groupe des Miliolidés est parliculièremenl intéressant à étudier.
Fis 46 — Dimorphisme des Foraminifères. — Ta et In, Diloculina Murrhyna, Schwager, formes A et B. - Ha et II„, Triloculina trigonula d'Orb formes A et B. — IIIa et llln, Penleltina saxorum, d Orb. — 6-, luicrosplière et mégasplière; A, B, C, D, E, directions successives des plans de symétrie; I, II..., loges successives (Munier Chalmas et Schlum-
BEnOECl].
La loge initiale (Qg. 46, s) est toujours une loge sphérique, pré-