CHAPITRE XVIII
L'appareil circulatoire des Vertébrés constitue un système absolument clos. A l'état le plus simple (Poissons), il se compose :
1° D'un cœur à 2 cavités (oreillette et ventricule); 2° d'un système d'artères menant le sang du cœur aux diverses parties du corps; 3° d'un système de veines le ramenant au cœur; 4° d'un système de capillaires faisant communiquer les artères avec les veines ; ce sont les capillaires généraux.
En un point du système artériel se trouve interposé l'appareil respiratoire, que traverse tout le sang en allant du cœur aux tissus. Il s'y constitue un second système de capillaires, qu'on désigne du nom de capillaires pulmonaires. A mesure qu'on s'élève dans la série, cet appareil se complique et se perfectionne : le perfectionnement aboutissant à ceci : l'appareil respiratoire se constitue à l'état de domaine vasculaire indépendant, et cesse d'être interposé dans le trajet direct du cœur aux tissus. Nous aurons l'occasion de voir, chez les Batraciens et les Reptiles., plusieurs phases de ce perfectionnement. Chez les Oiseaux et les Mammifères., la séparation est complète. Le sang, qui part du cœur pour aller aux tissus et de là revenir au cœur, ne passe pas parle poumon. Ce n'est que dans un second voyage qu'il part de nouveau du cœur, s'engage dans un autre système de canaux, dépendant de Vartère pulmonaire, et traverse le poumon d'où il retourne au cœur par les veines pulmonaires. Il n'y a alors jamais dans le cœur mélange du sang oxygéné au sang désoxygéné. Il existe dès lors deux circuits dans l'appareil circulatoire ; chacun d'eux part du cœur et y revient, mais le premier a pour domaine les poumons, c'est le circuit de la petite circulation; l'autre a pour domaine tout le corps : c'est la grande circulation (fig. 573).
Au point de vue des propriétés du sang qu'il renferme, on peut diviser autrement l'ensemble de l'appareil circulatoire. Après avoir traversé les capillaires pulmonaires, le sang est oxygéné; il ne perd son oxygène qu'au niveau des capillaires généraux ; dans la moitié du trajet le sang est donc oxygéné ; dans l'autre, il est dépourvu d'oxygène. Les deux routes du sang ne sont jamais mélangées ; à cet effet le cœur est divisé en deux parties :
Ja partie droite contient du sang désoxygéné, la partie gauche du sang oxygéné ; ctiacune des deux parties a deux cavités : une oreillette et un ventricule. On peut donc considérer l'organe central de la circulation des Oiseaux et des Mammifères comme
formé de deux cœurs unis l'un à l'autre : le cœur droit renferme du sang désoxygéné, le cœur gauche du sang oxygéné.
Après avoir indiqué ces quelques traits généraux, il nous reste à voir quelles sont les diverses formes de l'appareil circulatoire dans les divers groupes de Vertébrés.
Nous étudierons d'abord le cœur et les principaux vaisseaux, pour revenir ensuite sur l'étude des circulations particulières.
A. Poissons (Pl. VI).
— Chez tous les Poissons il y a une homogénéité presque parfaite au point de vue de l'appareil circulatoire :
Le cœurest entouréd'un péricarde, qui n'est qu'une portion différenciée du cœrig. 675. — Schéma de l'appareil circulatoire lome, avec lequel, dans les des Oiseaux cl (les Mammifères : 0, oreil- . • ...ô ,r, .
lettes; v, ventricules; a, artères; C, capil- ^^P^^ primitifs (SELACIENS, iaircs généraux; ve, veines; ap, artère pul- C/iondvaganoïdes), il com- : monaire; P, capillaires pulmonaires ; munique par un petit cavernes pulmonaires. * ' *
nal. Le cœur se compose
de deux parties: une oreillette (0) et un ventricule ( F), communiquant par un orifice auriculo-ventriculaire.
L'oreillette reçoit le sang d'un vaste sinus veineux {S) qui semble n'en être que le prolongement, mais qui est placé en dehors du péricarde. Quoique unique, elle a déjà une tendance à se diviser en deux -parties juxtaposées, correspondant aux deux grosses veines latérales.