LARYNX
eau lobe moyen droit qu'est homologue le lobe antérieur du poumon gauche.
Les poumons des Mammifères sont enveloppés par une séreuse, la plèvre, dont l'un des feuillets (feuillet pariétal) est appliqué sur la cage thoracique, l'autre (feuillet viscéral) sur le poumon. C'est au point de pénétration de la bronche que les deux feuillets se rejoignent. Entre les deux, se trouve une cavité, qui a pour effet d'empêcher toute adhérence entre le poumon et la paroi du thorax.
Larynx. — Le larynx est la partie supérieure de la trachée-artère. C'est en même temps, lorsque l'animal possède la propriété d'émettre des sons, l'organe de la voix. Il est, dans tous les types, formé par un ensemble de cartilages, réunis par des muscles, qui lesrendent plus ou moins mobiles les uns par rapport aux autres.
Il n'y a pas, à proprement parler, de larynx chez les Dipneustes. L'ouverture de la ti'achée est bordée par un anneau cartilagineux, sur lequel s'insèrent les fibres divergentes d'un muscle dilatateur, sans que celui-ci soit contrebalancé par un sphincter.
C'est chez les Batraciens qu'apparaît le larynx pour la première fois.
Dans tout le groupe des Urodèles, l'orifice de la trachée est, en effet, entouré par deux cartilages symétriques qui, à cause du peu de développement de la trachée, sont le plus souvent les seuls cartilages des canaux aérifères. Ils représentent les cartilages aryténoïdes des Vertébrés supérieurs. , c ■
Chez tous aussi, existe un muscle dilatateur du larynx et de la trachée, lorsque celle-ci est développée. C'est le seul qui existe dans les représentants les moins élevés du groupe, le Protée, le Ménobranche, etc. Dans les autres se développe un second muscle, à la face interne des deux cartilages. En se contractant, il rapproche ceux-ci, et agit comme constricteur de l'orifice trachéen.
Mais, à la vérité, c'est là un organe fort peu différencié, et qui mérite à peine le nom de larynx. Chez les Anoures, la complication est bien plus grande. Trois cartilages entrent dans la constitution du larynx (fig. 572;.
Deux d'entre eux sont symétriques et pairs (yl). Ils sont placés adroite et à gauche de la longue fente trachéenne que, grâce à leurs extrémités recourbées, ils entourent complètement. Ce sont les cartilages aryténoïdes qui existaient déjà chez les Urodèles. Un troisième vient s'y ajouter, le cartilage cricoïde (Cr). Il a la forme d'un anneau allongé entourant les deux premiers. Mais ce qu'il oQ're de tout particulier, c'est la présence, sur ses deux bords latéraux, de deux prolongements qui se recourbent eu dessous, et s'unissent l'un à l'autre en formant une baguette transversale (Cr,), de façon à donner au cartilage l'aspect d'une boucle de jarretière.
C'est entre cette baguette et la partie postérieure de l'anneau que passent les voies aériennes, tandis qu'une membrane fibreuse unit cette môme baguette à la partie antérieure.
Le larynx est placé entre les deux cornes postérieures de l'hyoïde qui jouent un rôle important dans ses mouvements. Les muscles qui servent à les elfectuer sont au nombre de six :
Fig. 572. — Cartilages du larynx de Rana esculenta, vu par la partie supérieure :
Cl', cartilage cricoïde; Cri, sa commissure inférieure ; A, cartilages aryténoïdes; G, place de la glotte.
R. PEnniER. — Anat. comp.
1" Une paire de muscles dilatateurs s'insérant d'une part à l'extrémité des cornes de l'hyoïde, d'autre part sur les aryténoïdes;
2» Deux sphincters constricteurs entourant les deux aryténoïdes; . 3" Une paire de constricteurs indirects s'insérant encore aux cornes de l'hyoïde, et de l'autre côté eu avant des deux aryténoïdes. Ce muscle agit comme adducteur des deux cornes, qui enserrent, comme les deux mors d'une pince, le larynx, et resserrent son ouverture.
A l'intérieur du larynx, attachées aux deux extrémités de chacun des aryténoïdes, se trouvent deux replis longitudinaux, situés eu regard l'un de l'autre. Ces replis sont les cordes vocales. Ils ne sont nullement musculaires, et sont presque exclusivement foi-més de cellules conjonctives et de fibres élastiques.
Le son qu'ils produisent est renforcé, dans les mâles de quelques types, par des dilatations, en forme de sac, de la muqueuse du plancher
Fig. 573. — Syrinx de Gallinago scolopacina, vu de la partie antérieure. — B, le même, vu de la partie postérieure. — C, coupe frontale du syrinx de Crex pratensis. (La moitié droite seule est dessinée.) — br, bronches; 6i, 62, leurs deux premiers anneaux; trachée; <n, son dernier anneau;
membrane tympaniforme externe ; li, membrane tympanifornie interne; c, chevalet; mbt, mst, muscles broncho- et sterno-lrachéaux (Wu^derlicii).
buccal, tantôt paires, tantôt impaires. Elles ne se gonflent qu'au moment où l'animal se met à crier.
Laryinx des Reptiles. — Peu intéressant est le larynx des Reptiles dont le squelette est, comme chez les Batraciens, formé par deux cartilages aryténoïdes, et un cartilage cricoïde en forme d'anneau sans parties adventives. Il est, en réalité, formé par la fusion d'un certain nombre d'anneaux trachéens. Sa place est très variable. Chez les Chéloniens et les Crocodiliens, il est logé dans une gouttière de l'hyoïde, dont les cornes s'étendent loin en arrière. Chez les Serpents, il est situé très en avant, près du bord libre antérieur de la langue. Celte situation a une importance capitale chez ces animaux où la déglutition est très lente, pour que cet acte ne gêne en aucune façon la fonction respiratoire.
Le larynx ordinaire est, chez les Oiseaux, fort peu développe. Les cartilages sont les mômes que ceux des Reptiles, mais tout à faits réduits. Le cricoïde n'est pas fermé à sa partie postérieure. Les aryténoïdes se soudent entre eux en avant, et s'attachent en arrière aux deux branches du cricoïde, de façon à être fort peu mobiles.
Cette réduction s'explique par le fait que cet organe ne sert pas à la voix. Le chaut des Oiseaux est dû à un larynx inférieur ou syrinx, situé au point
LARYNX DES MAMMll-'ÈKES.
d'umoa de la trachée et des broaches, et à la formation duquel concourent les derniers anneaux de la trachée et les trois premiers des deux bronches. Ceux-ci se soudent eu une sorte de caisse qu'on appelle le tambour. Son ouverture inférieure, qui conduit dans les bronches, est divisée en deux par une baguette osseuse transversale et médiane qu'on peut appeler le c/iewaZe^. (fig. 5l3, c). De ce chevalet part, adroite et à gauche, une membrane qui, des deux côtés, se dirige vers le bas, pénètre dans les bronches, où elle va s'attacher aux premiers anneaux bronchiques plus ow moins modifiés. Cette membrane, tendue ainsi, et fixée par sou milieu au 'chevalet, est la membrane tympaniforme interne [H). Souvent, elle se continue un peu au-dessus du chevalet, pour former, saillant dans la trachée, un repli membraneux, le repli semi-lunaire.
Une seconde membrane, occupant les faces ventrale et latérale des bronches, est tendue entre \^ deuxième et le troisième anneau. C'est la membrane tympaniforme externe {te).
Ces deux membranes peuvent être tendues plus ou moins fortement à l'aide de muscles spéciaux s'insérant sur les anneaux cartilagineux, et forment ainsi un appareil vibrant qui, par des tei;sions diverses, peut rendre des sons de hauteurs variées. Il n'est pas étonnant de constater que l'appareil musculaire est d'autant plus compliqué que le chant de l'Oiseau est lui-même plus varié. Chez les Oiseaux chanteurs, il en existe jusqu'à six paires. Dans quelques cas, se produisent des dilatations en forme de sac sur les parois du larynx. Elles servent de résonnateurs.
Larynx des MAiiMirÈREs. — Le larynx des Alammifères présente et dans le squelette et dans les muscles, une bien plus grande différeuciatiou que tout ce que nous avons vu jusqu'ici.
Aux cartilages arytéuoïdes et cricoïde, que nous avons seuls rencontrés jusqu'ici, vient s'en ajouter un autre, le cartilage thyroïde, formant une sorte de bouclier, qui recouvre en avant tout l'ap-
pareil vocal. Ce cartilage, originellement formé
Fig. 574. — Larynx de Cheval, vu par la partie postérieure : a.
cricoïde; 6, arytéuoïdes ; c', plaques latérales du thyroïde; d, épiglotte ; au-dessus, l'os hyoïde ; 1 , 2, articulation du cricoïde avec les cartilages voisins. (ClIAUVEAU.)
de deux pièces paires, est, sauf chez les Monotrèines, impair. Au lieu d'être homologue, comme les autres cartilages, aux anneaux de la trachée, il parait dérivé du squelette viscéral dont il représenterait les arcs i et 5. Le larynx est toujours lie à l'os hyoïde au-dessous duquel il est placé. 11 est donc eu connexion avec la base de la langue. En arrière de celle-ci, se développe une grosse languette de fibro-cartilage, dérivée de la sous-muqueuse pharyngienne, Vépiqlolle. Disposée presque verticalement, mais un peu inclinée eu arrière, elle fait sadlie en avant et au-dessus de l'oriQce du larynx, pareille au couvercle d'une boite qui serait à moilii' levé. Son rôle est de protéger le cunal trachéen pendant la déglutition, surtout au passage des liquides. Elle manque chez les Siréniens. Mais chez les vrais Cétacés, elle se développe eu uu long tube ; en même temps que les cartil;igcs arytéuoïdes, ce tube vient s'engat'er dans les arnère-narines. De la sorte, les deux conduits respiratoire et "digestif sont entièrement séparés. Le même résultat est atteint chez le Chevil d'une autre façon. Le voile du palais se prolonge, en effet, jusqu'au larvux et vient entourer la base de l'épiglottc, établissant ainsi la continuité des voies aériennes.
Les muscles moteurs sont nombreux et très spécialisés. Chez l'Homme ils sont au nombre de neuf. Les cordes vocales, au nombre de deux, sont des
replis tendus entre le cartilage thyroïde et les cartilages aryténoïdes. Elles sont formées en grande partie par un muscle dont la contraction tend plus ou moins le repli, tandis que d'autres muscles, faisant mouvoir les cartilages aryténoïdiens, donnent à l'orifice de la glotte des formes variables. Ainsi se produisent des sons divers, dont les qualités sont encore modifiées par les variations de forme que peuvent présenter les cavités buccale, nasale, en un mot les cavités sus-glottiques. Parmi celles-ci, quelques-unes sont propres au larynx. Ce sont les ventricules de Morgagni. Ces cavités, chez l'Homme et plusieurs autres Mammifères, sont formées par la présence de deux replis placés au-dessus des cordes vocales, et semblables eu apparence à celles-ci. Mais elles n'ont rien de musculaire, ne servent pas à la phonation, et ce n'est que par un abus de langage qu'on les désigne sous le nom de cordes vocales supérieures .
Les ventricules de Morgagni présentent quelquefois des dilatations appendiculaires, qui apparaissent à l'extérieur du larynx sous forme de poches pendues au-dessous de cet organe. Elles sont notamment développées chez le Chimpanzé, où elles sont au nombre de trois. Ce sont de simples organes de résonance.