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CERVEAU DES SÉLACIENS

mire creusée sur la surface ventrale du mésencéphale. A la surface dorsale est Vépiphijse, très volumineuse, placée tout à fait à la partie antérieure, mais dépendant en réalité de la portion postérieure du cerveau intermédiaire, h laquelle elle est rattachéepar les deux ganglions habénidaires.

Sur les côtés du cerveau intermédiaire se trouvent les deuip hémisphères, bien séparés l'un de l'autre. Ils se divisent nettement en deux lobes : un lobe postérieur, qui est l'hémisphère proprement dit, et un lobe antérieur, le lobe olfactif.

Les deux hémisphères sont creusés d'une cavité, qui communiqueavec la cavité du thalamencéphale, et représente les ventriculeslatéraux. Mais, à la différence de ce qui a heu chez les Vertébrésélevés, la portion ventrale de la paroi est de beaucoup la plusvolumineuse, et constitue deux grosses masses, qu'on peut appeler ganglions basilaires. Le toit des ventricules latéraux est au contraire constitué par une mince membrane, le pallium.

En passant à l'état adulte, le cerveau subit de notables changements, sinon dans la structure, du moins dans le développement relatif des parties. Le cerveau devient court, mais s'élargit; les lobes olfactifs deviennent plus volumineux ; le mésencéphale se dilate transversalement, en conservant toujours son ventricule presque ouvert dorsalement.

Les Myxines montrent pour le cerveau les caractères d'infériorité dont témoigne tout l'organisme. Les parties du cerveau nesont séparées que par de légers sillons; les ventricules sont très réduits et manquent même dans les hémisphères, qui sont pleins.. Toutefois, ces derniers sont très volumineux, ainsi que le cervelet, en forme de masse triangulaire, recouvrant en partie la fosse rhomboïdale.

Cerveau des Sélaciens (Gg.594). — Le cerveau des Sélaciens est caractérisé, chez la plupart des espèces, par le grand développement du cerveau anlérievr, à forme variable, et divisé très généralement en deux hémisphères. Leurs cavités ventriculaires, de dimensions très variables, communiquent en arrière avec le troisième ventricule. Les parois ne se différencient pas en pallium et ganglions basilaires ; l'épaisseur et la structure sont les mêmes eU' tous les points, caractère qui élève singulièrement les Sélaciensau-dessus de tous les autres Poissons. Par contre, un caractère d'infériorité consiste dans le développement extrême des lobes olfactifs. Ces lobes, volumineux, divisés souvent en lobules, se rattachent parfois directement au cerveau, d'autres fois y sont' reliés par de longs tractus olfactifs. Ils sont creusés d'une cavitéqui est une dépendance des ventricules latéraux.

Le cerveau intermédiaire est toujours peu développé ; le troisième ventricule est creusé à son intérieur. Les parois latérales sont tapissées par une couche de substance grise [substance cavi-

Fig. 594. — Cerveau de Scyllium. — Tro, Iractus olfactif; UL, lobes inférieurs; ifS, pédoncule de l'hypophyse; Sv, sacs vasculaires; F.rho, fossette rhomboïdale ; les autres lettres comme dans la figure 593 (Wiedersheim).

taire de Meynert); mais il n'existe pas de couches optiques proprement dites; elles sont représentées par deux petits tubercules [tubercules intei'médiaires) ^ unis par un pont de substance grise, la commissure grise.

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Le plafond du troisième ventricule est, comme dans le cas général, réduit à une mince couche épithéliale doublée par la piemère.

L'épiphyse est très réduite ; c'est un corps filiforme creux, placé à la partie postérieure du thalamencéphale.

Inférieurement, le troisième ventricule se termine par l'infundibulum, au fond duquel est a.lldichéeV hypophyse, ici toujours compacte et sans aucune cavité. De chaque côté de l'hypophyse, se trouvent des replis dépendant de l'infundibulum; ce sont les lobes inférieurs [UL], creusés chez les Requins d'une cavité en communication avec le troisième ventricule; pleins au contraire chez les Raies. Enfin, en arrière, tout contre l'hypophyse elle-même, sont deux petites masses gonflées de sang, les sacs vascidaires (su). Elles aussi sont des dépendances de l'infundibulum. Toutes ces parties sont attachées h la face inférieure du cerveau moyen, et décrites souvent avec ce dernier; mais au point de vue morphologique, ce sont évidemment des dépendances du thalamencéphale.

Le mésencéphale est constitué par les tubercules bijumeaux, et creusé de l'aqueduc de Sylvius.

Le cerveau postérieur est surtout caractérisé par l'extrême développement du cervelet, qui se montre comme une masse volumineuse, recouvrant partiellement le mésencéphale et la fosse rhomboïdale, et très souvent divisée par des sillons en lobules et en circonvolutions. On trouve même un représentant, à vrai dire très réduit, du pont de Varole, dans des fibres transversales allant d'un lobe du cervelet à l'autre, en passant au-dessous du cerveau.

Au-dessous du cervelet se trouve la portion antérieure du quatrième ventricule. Celui-ci se prolonge dans le mi/élencépale, fort développé, et présentant une fosse rhomboïdale assez large. Le fond de cette fosse présente un sillon médian, bordé de chaque côté par une bandelette saillante, Véminence leres. Les bords de la fossette sont eux-mêmes épaissis en chapelet : ce sont les coi^ps resliformes, qui sont les noyaux du nerf vague [X)\ ils se prolongent le long du bord postérieur du cervelet et se terminent dans un renflement irrégulier, le lobule du trijumeau, d'où part ce nerf ( V).

En résumé, le système nerveux des Sélaciens s'élève notablement au-dessus de celui des Cyclostomes, et, s'il conserve quelques caractères d'infériorité (lobes olfactifs volumineux, etc.), le développement considérable des hémisphères et du cervelet élèvent les Sélaciens même au-dessus des autres groupes de Poissons.

1066 VERTÉBRIÎS. — SYSTÈME NEKVEUX.

Cerveau des Téléostkens (1). — Le cerveau des Téléostéens présente la plus grande variabilité ; nous sommes forcé de nous en tenir aux traits généraux ; le cerveau moyen et le cerveau postérieur sont les parties prépondérantes; le cervelet, quoique moins

Fig. 595. — Cerveau de Saumon. — Pall, palliuiu, partiellemeut enlevé pour montrer les ganglions basilaires BG; Tco/y^, bandelette optique; Ch, chiasma des nerfs optiques ; Jnf, iufundibulum ; UL, lobes inférieurs ; su, sac vasculaire ; les autres lettres comme dans la figm-e 593 (Wiedershkim).

développé que chez les Sélaciens, et ne présentant que rarement {Scomber) des circonvolutions, est cependant assez volumineux, généralement allongé; il recouvre en arrière plus ou moins com-

(I) RAnt,-ROcKiiAHD,/lrc/(./l?J und Pli., m^, ISSS; — Deutsche vied. Wocfienschrift, noSS, 1884.

CERVEAU DES GANOIDES ET DES DIPNEUSTES. 1067

plètement la fosse rhomboïdale. En avant, il présente également une saillie volumineuse, mais elle pénètre à l'intérieur du cerveau moyen, au sein même de l'aqueduc de Sylvius, dilaté à cet effet, et constitue la valvule du cervelet; naturellement elle n'est pas visible de l'extérieur; il faut pour la voir inciser la partie supérieure des tubei'cules bijumeaux. Ceux-ci sont extrêmement volumineux, au moins en apparence, puisqu'une partie de leur masse est en réalité une dépendance du cervelet. Leur développement est en rapport avec celui des organes de la vision. Chez les espèces aveugles des cavernes [Amblyopsis], ils sont rudimentaires.

Le cerveau intermédiaire est réduit à ses parties appendiculaires: ïépiphyse, longue et filiforme comme chez les Sélaciens, et creusée d'une cavité centrale ; Vhypophyse, accompagnée, encore comme chez les Sélaciens, par les lobes inférieurs et les sacs vasculaires. Ces parties sont attachées à la face inférieure du cerveau moyen. Le cerveau antérieur est formé des deux hémisphères, à l'intérieur desquels sont creusés les ventricules latéraux.

La paroi supérieure, qui, chez les Vertébrés plus élevés, constitue la portion principale de cette région, les hémisphères proprement dits, reste tout à fait mince, et constitue un pallium [Patl], qui a longtemps passé inaperçu, mais a été mis en évidence par Rabl-Rïickhard. Au contraire la partie inférieure, correspondant aux corps striés et à l'insula de Reil des Mammifères, prend la prédominance, et donne les ganglions basilaires {BG). C'est de là que partent les lobes olfactifs, en général peu volumineux, sauf chez le Congre oîi ils sont énormes. Ils ne sont pas creusés d'une cavité intérieure. Tantôt ils sont directement attachés aux hémisphères, tantôt ils y sont reliés par des traclus longs et grêles.

Cerveau des Ganoïdes et des Dipneustes (1). — C'est à dessein que nous avons réservé jusqu'à présent l'étude du cerveau des Ganoïdes et des Dipneustes. Le cerveau des types étudiés plus haut présente en effet des caractères assez spéciaux, qui ne permettent pas d'en déduire le cerveau des types plus élevés. Au contraire, le cerveau des Ganoïdes et des Dipneustes se rattache d'une façon tout à fait nette au cerveau des Batraciens. Cela est du reste en harmonie avec les considérations phylogéniques émises précédemment. C'est parmi les Ganoïdes et les Dipneustes qu'il faut rechercher la souche originelle des Batraciens. Les Sélaciens et les Téléostéens constituent des groupes fermés, dérivés euxmêmes des Ganoïdes, mais qui n'ont donné naissance à aucun

(I) WiEDEnaiiRiM, M. J., 1880.

VERTÉBRÉS,

autre type. Nous trouvons du reste^ parmi les Ganoïdes, des types {Lepidosteus, Amia)^ dont le cerveau fait le passage à celui des Téléostéens.

Les caractères saillants du cerveau dans les deux groupes qui nous occupent sont: la disposition allongée de l'ensemble du cerveau la prédominance du cerveau antérieur et des lobes olfactifs qui y sont attachés, la disparition presque complète des lobes inférieurs et des sacs vasculaires, la réduction du cervelet à l'état d'une simple commissure transversale, formant un bourrelet en avant de la fosse rhomboïdale. Ce sont là autant de caractères qui rattachent d'une façon étroite ce cerveau au type que nous allons trouver chez les Urodèles. Un autre caractère important du cerveau des Ganoïdes et des Dipneustes est la situation proéminente du cerveau moyen et du cerveau postérieur, qui sont à un niveau plus élevé que les autres parties de l'encéphale. Un angle très net existe entre le mésencéphale et le métencéphale, indication d'une flexion nucale plus grande que dans les autres groupes.

B. Batraciens (1). — Gomme pour les Poissons, toutes les parties du cerveau des Batraciens sont disposées sur un même plan horizontal (fig. 596).

Toutes sont d'ailleurs parfaitement individualisées; on peut rattacher d'une façon complète la disposition générale à ce que nous avons vu réalisé chez les Ganoïdes, notamment en ce qui concerne les Urodèles. Les Anoures s'en écartent déjà, davantage. EnBn les Gymnoplàones présentent des caractères de supériorité très nets qui leur donnent dans le groupe une place tout à fait à part.

1" La fossette rhomboïdale métencéphale aune forme triangulaire très régulière ; ses bords épaissis constituent les corps restiformes. Chez les Tritons et les Gymnophiones, elle est à peu près complètement recouverte par le cerveau moyen qui s'est énormément développé; mais, dans tous les cas, elle est limitée en dessus par une mince lamelle épendymaire, doublée elle-même par un plexus vasculaire de la pie-mère.

Les diverses productions qui étaient apparues chez les Poissons dans cette région (lobes du nerf vague, du trijumeau) tendent à disparaître.

2° Le cerveau postérieur confondu sur la face ventrale avec l'arrière-cerveau ne se distingue dorsalement que par le cervelet, réduit à une simple commissure formant la base antérieure de la fossette rhomboïdale.

(I) Stieda, Ueber den Bau des centralen Nerveimjstems dei- Amphibien und Reptilien. Z. W. Z., t. XXV, 1875.

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