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ORGANES GÉNITAUX DES LAMPROIES

est successivement mâle et femelle, les Serranidés et les Sparidés [Sargns, Chrysop/irys, etc.), où un testicule se trouve logé dans les parois de l'ovaire.

Un hermaphrodisme occasionnel se rencontre dans le Hareng, le Maquereau, les Cyprinoïdes, et peut-être, comme nous le verrons, chez les Crapauds.

Hermaphrodisme protandrique des Myxines. — Le premier type que nous ayons à examiner, celui des Myxines, est précisément une des exceptions que nous venons de signaler :

C'est un hermaphrodite protandrique. Les individus qui n'ont pas atteint 32 ou 33 centimètres sont des mâles; passé cette taille, ce sont des femelles.

La glande génitale, considérée dans son ensemble, est un long ruban impair, symétrique, placé sur le côté droit, du foie à l'anus. Elle est attachée à un repli du mésentère, le mesorchium ou le mesovarium. On peut y distinguer une portion antérieure et une portion postérieure, cette dernière ayant en général les deux tiers de la longueur totale.

Dans les petits individus (jeunes), la partie postérieure est très volumineuse, de couleur blanchâtre, et renferme un grand nombre de spermatozoïdes dont beaucoup sont mûrs; la partie antérieure est au contraire inactive; on y reconnaît des ovules non mûrs. Nous avons donc des hermaphrodites, à, ovaire mal développé et à testicule mûr, fonctionnant par suite comme mâles. Quand ils sont plus âgés, les choses changent : la partie postérieure devient inactive, l'antérieure au contraire se développe énormément, et porte des œufs grands et bien développés. On a donc affaire alors à de vraies femelles. On rencontre en outre des individus montrant toutes les transitions entre les deux extrêmes.

De nombreuses irrégularités existent d'ailleurs suivant les individus. 11 est probable que la Myxine représente, à ce point de vue comme à tant d'autres, des caractères ancestraux. : elle est dans un stade de transition, cherchant, sans l'avoir encore trouvé, le mode de reproduction qui lui est le plus utile dans la lutte pour l'existence (Nansen) (1).

Organes génitaux des Lamproies. — Chez les Lamproies, les sexes sont tout à fait séparés; mais les deux glandes sont tellement semblables, qu'on ne peut distinguer mâles et femelles que par un examen microscopique, sauf au moment du frai.

La glande génitale est encore un ruban impair, attaché à la

(1) Bull. se. Nord, t. XX, 1889.

face inférieure de l'aorte ; ses produits, par déhiscence, s'échappent dans le cœlome, et de là au dehors par un pore abdominal impair, situé en arriére de l'anus.

Organes génitaux des Téléostéens. — Comme chez le plus grand nombre des Poissons, les glandes génitales sont paires chez presque tous les Téléostéens. Chez les Galaxiidés, les Mormyridés et les Anguillidés, ovaires et testicules sont attachés au mésentère et leurs produits s'échappent par déhiscence dans la cavité abdominale. De là ils sont évacués au dehors par deux pores abdominaux, situés latéralement derrière l'anus. Il en est de même pour les Salmonidés femelles.

Dans tous les autres cas, les glandes génitales, primitivement massives, se creusent d'une cavité centrale, où se déversent les produits génitaux (1). Cette glande sacciforme (fig. 639, ov, t) se prolonge en arrière, par un tube [vg, cdf), qui vient directement s'ouvrir au dehors, derrière l'anus. Il n'y a pas alors de pores abdominaux. Peut-être y a-t-il eu simplement fusion entre ceuxci et les parois des sacs génitaux (2). L'important à noter est que l'oviducte et le canal déférent sont des dépendances de glandes sexuelles, et ne sont en aucune façon les homologues des conduits que nous allons rencontrer dans les types plus élevés.

Les canaux vecteurs affectent des rapports très variables entre eux, avec le rectum et avec la vessie natatoire. Fréquemment, surtout chez les mâles, ils s'unissent, et débouchent par un orifice commun (fig. 633 A).

Chez le Rhodeusamarus, l'oviducte se prolonge en un longtube, destiné à déposer les œufs.

Quelques espèces sont vivipares [Embiotondés,Cypnnodontidés^ Zoarces, Sebastes). L'oviducte se renfle alors h son extrémité en un utérus. Généralement les œufs sont déposés et abandonnés; parfois cependant, ils subissent une incubation, attachés à, la face ventrale de la femelle {Aspredo balrachus), dans la bouche du màle [Chromis pater familias), ou enfin dans des poches incubatrices [Syngnathidés mâles [replis de la pai-oi abdominale], Solénostome femelle [coalescence des nageoires abdominales]).

Plan général de l'appareil génital chez les autres Vértébrés. — ■ A partir des Sélaciens, le plan général de la disposition des organes génitaux et de leurs conduits efîérents dans les divers

(1) Cela s'applique surtout à l'ovaire ; le testicule n'a réellement une semblable forme que chez le Syngnathes acus ; ailleurs il est constitué par de véritables tubes séminaux.

(2) La question de la nature morphologique de ces oviductes n'est pas encore résolue, malgré le travail de Mac Leod (A. B., t. II, 1881).

PLAN GÉNÉRAL DE L'APPAREIL GÉNITAL. H59 (ypes, devient identique et présente une constance remarquable.

Fig. 639. — Organes génitaux de la Perche. A, appareil mâle : t, testicule ; cdf, canal déférent ; vs, vessie urinaire ; rt, rectum ; ru, uretère ; la; urèthre. — B, appareil femelle : ov, ovaire unique; vg, oviducte. — C, coupe de l'ovaire : l, lamelles intérieures; p, paroi externe. — D, une lamelle plus grossie, montrant, en a, les œufs,'' complètement développés ; en 6, les oeufs plus petits en voie de développementî(GmoD).

Chez les mâles (Qg. 640 A)', les testicules , toujours pairs , entrent en relation avec les canaux antérieurs du mésonéphros,

IICO

et le canal de Wolff'{W), uretère primitif, devient chargé du rôle de spermiducle, qu'il cumule avec sa fonction primitive d'uretère (Sélaciens, CnoNDROGANOïDEs, Batraciens), ou auquel il

se consacre exclusivement (Am-

NIOTES).

Chez les femelles (fîg. 640 B), les œufs tombent toujours dans la cavité péritonéale, et sont expulsés au dehors par les canaux de Mûller [M), qui sont des oviductes.

Les pores abdominaux ne jouent plus dans toute cette série le rôle important qu'ils avaient chez les Gyclostomes.

Ils persistent cependant en général chez les Poissons, mais sans grande constance.

Dans un seul et même genre, certaines espèces peuvent en être dépourvues , d'autres en posséder ; les divers individus d'une espècepeuventmèmeàcet égard être différents. Les pores manquent entièrement chez les Notidanidés, les Cestracionidés, les Rhinidés, VAmia, etc. Chez les Amnioles, on ne les rencontre que chez les Chéloniens el les Crocodiliens (?).

A. Appareil mâle. — Nous étudierons d'abord les organes mâles dans la série indiquée plus haut, pour nous occuper ensuite de l'appareil femelle.

Appareil male des Sélaciens.

— Les testicules des Sélaciens,

Fig. 640. — Schéma de l'homologie des conduits génitaux internes du màle (A, côté droit) et de la femelle (B, côté gauche) : 0, ovaire; T, testicule ; W, canal de Wolff ; chez la femelle il s'atrophie, chez le mâle il forme le canal déférent. La partie génitale (/) du corps de Wolff est représentée chez le mâle par l'épididyme, chez la femelle par Vépoophore {corps de Rosenmûller).

La partie urinaire du corps de Wolff {2) forme chez le mâle le paradidyme [corps de Giraldès) et chez la femelle le paroophore (ou parovaire); elle forme de plus chez le màle les vasa aberrantia [x). — M, canal de Muller : il disparaît chez le mâle. Son extrémité libre, qui forme chez la femelle le pavillon (P), forme chez le mâle ïhydatide de Morgagiii [h) ; son extrémité inférieure forme chez la femelle l'utérus (0) et chez, le mâle l'utricule prostatique [P).

en forrne de grappes de raisin, sont constitués par un grand nombre de capsules, à l'intérieur desquelles se développent les spermatozoïdes. Chacune se continue par un fin canal, qui arrive dans un conduit collecteur commun, placé sur le côté du testicule (fig. 631 A,nt). De celui-ci par-

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