APPAREIL FEMELLE DES MAMMIFÈRES
L'œuf mûr, entouré de son vitellus jaune, tombe dans la cavité péritonéale, par déhiscence de la vésicule de Graff, ets'engage dans l'oviducte. Ce dernier, dont les replis deviennent très nombreux au moment de la ponte, se divise en quatre sections : 1° la trompe; 2" un étroit canal ; 3" une section plus large, glandulaire et chargée de sécréter l'albumine; 4° un utérus musculaire, où l'œuf séjourne quelque temps et se recouvre d'une coquille calcaire.
Appareil femelle des Mammifères. — Les Monotrèmes, comme les Oiseaux, ont l'ovaire gauche beaucoup plus développé que l'ovaire droit, ce dernier est presque rudimentaire. 11 est divisé en lobes, et la présence des œufs méroblastiques, à vitellus abondant, le rend plus ou moins semblable, comme celui des Oiseaux, à une grappe de raisin. Par tous ces caractères, l'ovaire des Monotrèmes s'écarte du type général des Mammifères ordinaires, dont les ovaires sont arrondis ou ovoïdes, lobés seulement chez les Marsupiaux, et égaux l'un à l'autre.
Co mme le testicule, l'ovaire quitte assez vite la place primitive où il a pris naissance, et subit une descente apparente, due à la croissance inégale des organes qui l'avoisinent, mais le déplacement est moins grand que pour le testicule.
Dans quelques types {Carnivores), il se place à l'état adulte dans une poche spéciale, formée aux dépens de la cavité péritonéale, et qui reste parfois en communication avec celle-ci [Chéiroptères, Canidés, Félidés), mais qui peut aussi s'en séparer complètement (Mustélidés, Viverridés, Ursidés, Pinnipèdes).
Les oviductes sont au nombre de deux. Leur disposition la plus simple est réalisée chez les Monotrèmes : ils y sont distincts dans toute leur longueur ; la trompe a la forme d'un simple entonnoir, et le canal qui lui fait suite arrive, sans grandes modi- Qcations, jusqu'à l'orifice génital. Il n'existe pas de véritable utérus musculaire. Les deux oviductes débouchent sur une papille commune dans un cloaque bien développé au-dessus de l'orifice urinaire.
Les Marsupiaux (fig. 645) fonttrès nettement le passage des Monotrèmes aux Placentaires: les deux oviductes restent encore morphologiquement distincts jusqu'à leur extrémité, bien qu'afi'ectant dans leur partie terminale des rapports plus ou moins étroits. On peut y distinguer quatre parties: 1° une trompe dont l'orifice est entouré de franges [fimbrise) très découpées; 2" Voviducle proprement dit, canal étroit, plus ou moins contourné; 3» Vutérus, renfié, musculaire, où le jeune subit son premier développement; 4° le vagin, où pénètre le pénis du mâle pendant la copulation!
Fig. 645. — A — D. Disposition des organes génitaux femelles chez divers types de Marsupiaux :
A. Jeune Dif/elphijs dorsigera: R, reins; u, uretères; V, vessie; ur, urèthre ; ov, ovaire; od, oviductes; v, vagins; suf/, sinus uro-génital ; cli, clitoris ; r, rectum ; son orifice dans le cloaque ; gl, glande rectale.
B. Phala7igista vulpina: Ir, trompes; ut, utérus; leurs orifices dans le ■vagin; v^, partie commune des vagins; v, leurs portions distinctes ; x, leur portion réfléchie.
C. Macropus Benetti : x\ portions réfléchies des deux vagins, qui ont conflué, et s'ouvrent dans le sinus uro-génital v,, comme un troisième vagin (la figure montre mal la communication entre x' et v).
^'^fyPfip^'ymnus : x, cœcum impair résultant de la fusion des portions réfléchies des deux vagins ; x'^ , cajcum impair supérieur ; u, orifice du vagin gauche dans le sinus uro-génital ; d'i, un orifice dans le cœcum vaginal impair.
E. Pénis bifide de Didelphys : p, p', les deux lobes ; g, gouttières médianes (Brass;