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APPAREIL FEMELLE DES MAMMIFÈRES

Les deux conduits restant distincts dans toute leur longueur, il existe encore deux vagins. C'est cette présence de deux vagins qui différencie essentiellement les Marsupiaux des Placentaires. Les

Fig.' 646. — Appareil génital femelle du Lapiu: ou, ovaire; ligamen ; pv, pavilloQ de la trompe; Ir, trompe; ut, utûrus; ui;, vagin; ur, uretères; vs, vessie ; c, urèthre ; «m, siuus uro-génital ; cy, corps caverneux du clitoris; V, vulve (GinoD).

deux vagins débouchent séparément avec l'urèthre, dans un sinus uro-génital, quelquefois fort long. Le rectum débouche à l'extrémité postérieure de ce sinus, formant un cloaque rudimcntaire, sauf chez les Kanguroos; un sphincter commun ferme les deux ouvertures.

VERTÉBRÉS

C'est dans la région des vagins, que les deux conduits femelles peuvent affecter entre eux des rapports variables (1). Chez les Didelpityidés (fig. 645 A), les deux conduits présentent au point d'union de l'utérus et du vagin une courbure qui les rapproche l'un de l'autre, mais sans autre connexion. Dans d'autres types, Phalangîstavulpina, f7?//jsî;jr?/?nnM«(B), les deux vagins, devenus contigus sur la ligue médiane, se prolongent en arrière en un tube, dont l'extrémité terminée en cœcum atteint la paroi du sinus uro-génital, mais sans s'y ouvrir ; les deux cavités vaginales restent distinctes, et forment deux poches à la partie antérieure desquelles s'ouvrent les deux utérus. Parfois [Hypsiprymnus) ces deux poches s'étendent même en avant, et se terminent là encore en CcEcum (fig. 645 D).

Ailleurs, la cloison qui sépare les deux ctecums se résorbe et les deux poches se fusionnent en une seule; les deux conduits communiquent alors entre eux {Macropus giganteiis, M. Benetli).

Enfin chez les Macropus Benetti et Billiardieri, le canal impair atteint le sinus uro-génital et s'ouvre à son intérieur, constituant un' troisième vagin impair (fig. 645 C).

Chez les Placentaires, la partie postérieure des deux canaux de Mûller se soude constamment en un vagin impair, où viennent

Fig. 647. — Variation dans l'étendue de la soudure des oviductes (canaux deMuller) chez les Mammifères placentaires : v, vagin impair; u, utérus; od, oviducte ; i7\ orifices de la trompe. — A, utérus double; B, utérus bipartie; C, utérus bicorne ; D, utérus simple.

déboucheries utérus (fîg. 646), Mais ceux-ci, à leur tour, peuvent présenter une coalescence, portée à des degrés divers (fig. 647). Dans certains cas (A), ils restent entièrement distincts ets'ouvrent séparément dans le vagin (la plupart des Rongeurs : Lièwes, Ecureuil, Marmotte; Orycteropus). Dans le cas de Vulérus bipartite (B), ils ne se fusionnent que par leur extrémité, s'ouvrent par un orifice commun dans le vagin, mais restent séparés par un stumpe interne (beaucoup de Rongeurs; Rats, Cobayes; plusieurs Chéiroptères). La forme la plus fréquente eslVutérus bicorne (G), où les utérus se fusionnent sur leur plus grande partie, ne restant

(1) BnAss. I)eili\ z. Kenntnîss des xoeibl. Urogenita sylems der Marsupialicr. Inaug. JJiss. Leipzig. 1880.

APPAREILS COPULATEURS. 1175

distincts qu'en avant [Insectivores^ Carnivores^ Cétacés, Ongulés).

Les cornes à leur tour deviennent plus petites aux dépens de la portion commune chez les Chéiroptères et les Zémuriens; celle-ci enfin existe seule chez les Primates, où Vutérus est simple (D).

Le vagin débouche dans le sinus uro-génital, mais celui-ci reste, en général, à l'état de cavité large, mais peu profonde, au point que, dans beaucoup de cas, elle n'existe que d'une

Fig. 648. — Ovaire, trompe et organe de Rosenmuller : a, ovaire, 6, trompe; c, d, canalicules du corps de Roseumiiller ; e, canal commun; f, vésicule appendue à la trompe ; g, culs-de-sac des canalicules de l'organe (Follin).

manière virtuelle, et qu'on peut considérer les orifices génitaux et urinaires comme distincts.

Il nous reste à parler des organes rudimentaires qui proviennent de la régression des organes du mésonéphros dans les femelles. La portion antérieure du mésonéphros correspondant à la tête de l'épididyme du mâle est représentée par un système de canaux anastomosés, terminés en culde-sac du côté du hile de l'ovaire,' réunis parl'ois de l'autre côté par un canal court, qui représente le canal de Wolff. C'est le parovarium, ou époophore ou organe de Rosenmuller (flg. 6i8, c, d).

La portion inférieure du corps de WolfT constitue le paroophore, correspondant àu paradidyme, petit tubercule jaune où se distinguent des restes de canalicules sinueux.

§ 4. — Appareils copulateurs.

Nous devons terminer celte étude de l'appareil reproducteur des Vertébrés par quelques mots sur les organes copulateurs destinés à, amener l'introduction du sperme dans les organes femelles.

Api'aueil copulateur chez les Anamniotes. — Ces organes n'existent à proprement parler que chez les Vertébrés supérieurs. Toutefois, même chez les Poissons, existent des dispositifs, sans

aucun rapport avec les organes copulaleurs des Vertébrés plus élevés, qui facilitent la fécondation.

Chez les Lamproies mâles, les parois du pore abdominal se prolongent en un organe saillant, qui au premier abord paraît tout à fait comparable à un pénis protractile; mais il s'agit d'un simple prolongement de la paroi abdominale, et on n'a jamais constaté effectivement qu'il eût un rôle copulateur, l'accouplement n'ayant jamais été observé. Un pareil phénomène a été constaté au contraire chez les Sélaciens, tout au moins chez les Scyllium (1). Dans tous les types de Sélaciens, une partie de la nageoire abdominale, la plus rapprochée de la ligne médiane, est modifiée dans ce but, et constitue une paire d'organes, les ptérygopodes (Pétri), placés à droite et à gauche de l'orifice génital du mâle. Chacun d'eux est une tige cartilagineuse, articulée, portant un sillon profond sur sa face interne, et, latéralement, d'autres pièces cartilagineuses, qui peuvent s'écarter sous l'action de muscles spéciaux et élargir le ptérygopode. D'autres muscles recouvrent les cartilages latéraux, et peuvent au contraire donner à l'organe la forme d'une tige étroite. L'appareil revient au repos par la simple élasticité des hgaments. Au moment de la copulation, le ptérygopode, réduit par les muscles rétracteurs à son plus petit volume, est introduit dans l'orifice femelle ; les muscles dilatateurs écartent alors les cartilages latéraux et dilatent par là l'orifice femelle comme le ferait un forceps. Pendant ce temps, la papille génitale du mâle fait saillie hors du cloaque, est poussée entre les deux ptérygopodes, formant canal à sa suite, et le sperme pénètre dans l'appareil femelle.

Les Téléostéens, les Ganoïdes et les Dipneustes manquent très généralement d'appareils de copulation.

L'accouplement n'existe pas non plus chez la plupart des B.v- TRACiENs, où le mâle se contente de tenir la femelle étroitement embrassée pendant la ponte, fécondant les œufs à leur sortie. Chez les Gymnophiones toutefois, existe un cloaque protractile, qui peut se dévaginer et atteindre une longueur de 5 centimètres.

Appareil copulateur des Reptiles. — Les Reptiles présentent tous, smî Batteria (Giinlher), des organes d'accouplement, mais ils se montrent sous deux types distincts : l'un spécial aux Plagiotrèmes, l'autre commun aux Chéloniens et aux Crocodiliens.

Chez les premiers, il existe deux pénis, constitués par deux sacs protractiles, logés, au repos, en arrière du cloaque, sous la

(1) BoLAu. Z. W. Z., t. XXXV, 1882.

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