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V. Myxosporidies. — Myxosporidium, etc

Spouozoaires. — A l'embranchement des Protozoaires, il faut joindre un groupe important d'êtres unicellulaires parasites, qui, par leur mode de reproduction tout à fait spécial, forment un

(1) Balbiani, Leçons sur les Sporozoïiircs, Paris, 1841. — Ai.miî Schneider, Nombreux mémoires dans A.Z. E. et ïabloUcs zool.

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groupe bien distinct et bien homogène, désigné depuis Leuckarl sous le nom de Sporozoaires.Us se reproduisent, sans conjugaison ni fécondation connues, au moyen de spores, comme beaucoup de végétaux. Aussi les avait-on pris d'abord pour des Algues ou des Champignons. C'est Leuckart qui, en 1879, en a fait une classe des Protozoaires.

Structure anatomiqub. — Le corps des Sporozoaires (ûg. 63) est purement sarcodique ; il est exclusivement constitué par une masse protoplasmique, toujours dépourvue de vésicule contractile, mais offrant constamment un noyau. Le protoplasme se divise généralement en une couche externe, Vectoplasme ou sarcocyte (Schneider), et en une masse intérieure, granuleuse, colorée parfois par des gouttelettes jaunes ou brunes-; cette lis St -A, ennfouve- dernière est Vendoplasme ou e^itocyte; elle ment B; au repos. Gr. est le siège de mouvements moléculaires env. 250 (Stein). continus. C'est en elle que se trouve le

noyau, où on distingue en général un ou plusieurs nucléoles. La masse sarcodique est recouverte dans la plupart des cas par

Fig. 63. — Monocystisagi-

Fig. 64. - Monocystis magna, A. Schraidt; deux individus a^ésj^^^^^^^ cellules caliciformes du testicule du Lombric. Gr. env. 50 (Butschli).

une mince cuticule anhis'te, ornée parfois de stries. Cette cuticule se transforme chez la Klossia, parasite des Céphalopodes, en une

GRÉGARINES MONO- ET POLY-CYSTIDÉES.

véritable membrane. Dans quelques types {Sai^cocysis Miescheri) elle s'épaissit jusqu'à atteindre 12 [x, elle est alors traversée par de petits canalicules.

Les Sporozoaires sont le plus souvent immobiles; lorsqu'ils se meuvent, ils n'effectuent jamais que des mouvements fort lents, grâce à la formation de pseudopodes lobés, simples ou branchus, très rarement fins comme des^ poils {Callynlrochlamys). Les dimensions de ces animaux sont en général fort réduites, de 1 à 20 fx. Mais certains peuvent atteindre une laille plus considérable. Telles sont la plupart des Sarcosporidies qui ont en moyenne 3 millimètres.

Telles sont aussi la Monocyslis magna, du testicule du Lombric, qui atteint 5 millimètres (fig. 64), et surtout la Greganna gigantea qui est longue de 10 à 16 millimètres.

Gomme chez les Amibes, la forme n'a rien de fixe, cependant chaque espèce possède un aspect général particulier, qui permet de la reconnaître. Quelquefois même, les différentes parties du corps d'un même individu sont diversement conformées, ce qui permet de donner à l'animal une orientation déterminée, d'y distinguer par exemple, comme on l'a dit par un léger abus de langage, une extrémité céphalique.

GrÉGARINES mono- et POLY-CYSTmÉES. —

Parmi les Grégarinides un certain nom- Fig. 65. bre de types, réunis sous le nom de Grégarines Polycystidécs, présentent un remarquable degré de difTérenciation (fig. 65). Le corps se divise dans ces êtres en deux segments, séparés l'un de l'autre par une cloison ectoplasmique transparente. Le segment antérieur est très court, et dépourvu de noyau. On lui donne le nom deprotomériie.Le second segment, ou deulomérile, est beaucoup plus long ; il est seul nucléé.

Enfin le protomérite, à son extrémité antérieure, est surmonte d'un long bec, constitué seulement par l'ectosarc et la cuticule. C'est Vépimérile, organe de fixation, parfois pourvu de crochets, de dents, etc., et à l'aide duquel la Grôgarine se fixe dans les tissus de l'hôte. L'animal est alors immobile, h l'état de

Stylorhynchus longivostris, de l'intestin du Bldps mortisaga. — 1. Gephaliu avec l'épiaiérite. — 2. Sporadin aprè.s la chute de l'épimérite (Aimé SciiNEiDEn).

céphalin (Qg. 6S, 1). Mais l'épimérile peul se détacher, et l'animal, devenu libre et mobile, passe à l'état de sporadin (ag.65,2).

Chez les Grégarines, aussi bien chez les Monocystidées que chez les Polycystidées, deux ou même plusieurs individus peuvent s'associer de façon à former ce qu'on nomme une syzygie (Qg. 66). Ce cas est beaucoup plus rare chez les Polycystidées. Une différence notable dislingue d'ailleurs les syzygies des deux groupes. G est que dans les premières, les individus s'assemblent par leurs extrémités semblables. C'est le contraire chez les Polycystidées. On ne sait pas exactement l'utilité de ce groupement. Suivant

Ki. C6 - A. Syzygie par' apposition de Clepsu nna Blallarum S.lb, de î'ia estin du Peripllneta oriÀtatis. Gr. euv. 100 (A.me Schneideh). -- B. Sy^. zygie par apposition de deux individus de Zygoajslts comela. - G zyzy^ie de trois individus dé la même espèce.

Butschli, ce serait une véritable conjugaison, avec mélange des protoplasmes qui s'enferment dans un même kyste ; suivant Schneider au contraire, les deux individus se sépareraient au moment de

la reproduction.

Reproduction DES sporozoaires. - La reproduction se fait touiours par spores après enkystement; l'individu s'entoure dune membrane dure, et sa substance se fragmente en un nombre généralement assez grand de parties, dont chacune donne à son tour naissance à de nouveaux êtres.

Le détail du processus varie toutefois assez notablement dans

REPRODUCTION DES SPOROZOAIRES.

les divers types, et ses variations ont permis d'établir cinq sousclasses parmi les Sporozoaires.

1° Grégarines. — Les diverses phases de la sporulation des Gré-

67. — Développement (la Monocyslis agilis. St. — A, kyste; B, formation des globules clairs à la surface des masses provenant de la division du contenu du l^yste; G, dissémination des globules clairs à l'intérieur du kyste ; D, transformation des globules clairs en spores ; E, kyste rompu, laissant sortir les spores avec les masses de substance non employée (Balbiani).

garines sont représentées par la ûgure 67. Après s'être enkysté, l'animal se transforme en une petite masse protoplasmique sphérique, qui se contracte, et devient bien plus petite que la cavité du kyste (A). Cette masse se divise en quatre ou cinq sphérules, qui, à leur tour, donnent naissance par bourgeonnement h toute une série de corpuscules globulaires hyalins (B), qui flnissent par se rassembler en une couche compacte contre la paroi du kyste (G).

Bientôt, ces globules chan-

Fig. C8. — Kyste de Stylorhijnc/nisoblongatus, Hammerschen, — de l'intestin de VOpalrum sahulosiim — , émettant les spores. — Le tégument a est rompu ; au centre le pseudo-kysto, 6 ; c, spores sortant en chapelets (Aimé

SCHNEIDEn).

g'înt de forme et prennent l'aspect d'une navette de tisserand; ce R. PEnniER. — Anat. comp. 9

sont les spores, auxquelles on a donné successivement les noms de psorospermies, de navicelles et de pseudo-navicelles. Les masses qui leur ont donné naissance se liquéfient et disparaissent a peu près totalement (D). Enfin le kyste se rompt, et les spores son mises en liberté (E). Elles s'échappent en longs chapelets (fig. 68) en même temps que les masses résiduelles.

Le développement ultérieur de ces spores pourvues d un noyau est lui-même assez compliqué. Elles s'entourent d une membrane, et leur contenu se divise en un nombre variable (de 6 à8 chez le Monocystis agilis) de petits corpuscules falciformes eux-mêmes munis d'un noyau (fig. 69). Tout le protop asma de la spore n'est pas employé ; il reste au centre un globule (noyau de reliquat) autour duquel les corpuscules falciformes se dispo-

formes'; s! T, il les corpuscules passant à l'état am.boide (Eb.eu).

sent en faisceaux. Enfin l'enveloppe se rompt, et les corpuscules falciformes mis en liberté se transforment en Grégannes.

Le développement des corpuscules falciformes dans les Gregarines Polycystidées a été étudié par Bûtschli dans la C epsidrma Blauarl;.i par Aimé Schneider dans le collis. Mais ces deux auteurs sont arrivés à des '-«^^^.^^^ ^/^^^^^ toires Pour le premier, les deux segments seraient formes pai b parution du sarcode primitif, et l'épimérite se formerait en dernier lieu. Pour Schneider, au contraire, le sarcode pnm tif ommence par bourgeonner deux segments, le proto- et le eutomérite; après quoi, le noyau ém.gre dans ce dernier, tandis que le segment primitif s'effile et se transforme en epimeritc.

2» CoccidL - Dans le groupe des Coccidies, les phénomène sont un. peu plus simples. Après l'enkystement, la substance de

REPRODUCTION DES SPOROZOAIRES.

!' A eloppeineût du Coccidimn oviforme, du foie du Lapin -

a, b, c, cellules épithéliales des canaux biliaires, reAfermant une Cocddie • ^ noyau de cette cellule; d, e, f, Coccidies enkystées; ^.Vr^ 7 formation des spores; spore mûre, isolée, montrant 1? deux cornuï

écttéfl'urTlÏT ^'"^ ''''''''' "^^"^'^"^ = «' corpuscules falc for'm ; (BalbiI-!)"" corpuscule falciforme isolé; y, son noyau

l'animal se transforme tout entière en une seule spore (Monosporees : Eimeria) (flg. 69), ou \ se divise en deux ou quatre spores (Oligosporées : Coccidium) (fig. 70). Dans l'un et l'autre cas, les spores se divisent à leur tour en un nombre ya.rM&&Q corpuscules falciformes (2 seulement chez le Coccidium oviforme, un plus grand nombre dans VEimeria) qui produisent chacun une Grégarine.

3" Sarcosporidies. ~ Dans lesSarcosporidies.la sporulation est assez semblalDle à celle des Grégarines. Mais les spores semblent se produire di-

rectemenl(?)pa,.segmentation du protoplasma de l'animal, tes spores remplissent complètement la cavité du kyste •sauf toutefois les deux extré-

-tes, et deviennentpolygonales par pression réciproque (Qg. 71)

l' jg. 7 l .—Sarcocyslis Miescheri, Uay Lank. — Tube psorospermiqiic tiré du diaphragme du porc. L'enveloppe s'esl rompue ; adroite, se trouventquelques corpuscules falciformes isolés (Manz)

i32 PROTOZOAIRES.

Chacune d'elles se divise en un nombre considérable de corpus- ' cules réniformes, qui deviennent libres dans la cavité du kyste par résorption de l'enveloppe des spores.

4° Amœbosporidies. — Dans les Amœbosporidies, l'enkystement est précédé d'une conjugaison de deux individus, qui se confondent et s'enkystent ensemble. Les deux noyaux qui persistent se divisent, de façon h en donner 6. Deux d'entre eux se rendent au centre du kyste, s'unissent, et s'entourent d'une couche protoplasmique et d'une membrane. Ainsi se constitue la spore unique. Le reste et les autres noyaux disparaissent. Comme dans les groupes précédents, la spore se divise ensuite en huit corps falciformes nucléés, avec une petite masse de reliquat.

5° Myxnsporidies. — Enfin les Myxosporidies ont une sporulation toute spéciale. Les spores s'y forment en deux temps; dans le premier, apparaissent des globules clairs à six noyaux, qui nagent dans l'endoplasme. Au second temps, chacun se divise en deux moitiés. Celles-ci sont les spores, qui par suite sont Irinucléées. Mais deux de ces noyaux disparaissent. Les spores, désormais uninucléées, sont dépourvues de toute espèce d'enveloppe. Elles présentent à leur extrémité un filament enroulé en spirale, qui se dévagine dans certaines conditions, comme nous le verrons faire pour les némalocystes des Cœlentérés. C'est évidemment un appareil de fixation, destiné à attacher le parasite à l'hôte qu'il a choisi. Cette structure spéciale des spores est caractéristique de ce dernier groupe de Sporozoaires, où on n'a pas observé de corpuscules falciformes.

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