II. O. Nus. — Beroê
§ 1. — Généralités.
Les Cœlentérés, que l'on appelle aussi Polypes, constituent les représentants les plus typiques des Phytozoaires. Fixés comme les végétaux, ou dérivant d'animaux fixés, ils constituent des colonies arborescentes ou rayonnées, dont l'aspect donne si complètement l'illusion d'une plante, qu'on les a considérés longtemps comme tels, et que Cuvier les avait nommés Zoophytes.
Dans ce groupe, la différenciation des éléments en trois feuillets, que nous avons vue apparaître chez les Éponges, se retrouve encore. Mais un caractère essentiel se manifeste chez les Cœlentérés et les différencie des Éponges et en même temps de tous les Métazoaires. C'est, nous l'avons déjà d'ailleurs indiqué à propos des Éponges, l'état rudimentaire du mésoderme qui se réduit quelquefois à une mince lamelle, oîi manquent les cellules. Aussi est-il difficile d'y voir l'équivalent d'un feuillet blastodermique, et a-t-on proposé de le nommer mésoglée. Mais en général cette couche moyenne renferme des cellules, et il est certain, d'après les recherches de Metschnikoiï, qu'une partie au moins est bien équivalente au mésoderme typique, le reste étant dû à une différenciation ectodermique. Toujours est-il que les feuillets ectodermique et entodermique ont une prépondérance marquée, et forment à peu près la totalité des éléments anatomiques différenciés.
Le point de départ, la forme la plus simple du groupe n'est en réalité qu'une (jrcrs^ra/a. C'est laProto/iydra Leuckarti, découverte par Grcef en 1870 (1). Elle consiste en un simple sac, fixé par une
(I)Z. W. Z., t. XX, 1870.
de ses extrémités, et présentant à l'autre un orifice servant à la fois de bouche et d'anus. Ses parois sont continues et formées des trois feuillets fondamentaux, le mésoderme étant réduit h une mince membrane de soutien. Telle est l'humble origine du groupe dont nous abordons l'étude, et qui va nous conduire h des formes élevées, dont les plus dinerenciées sont les Cteno-
En comparant cette forme simple h l'Éponge primitive, VAscella primordialis, nous voyons que les caractères essentiels des deux groupes sont déjà indiqués. VAscetta est en effet percée de pores, et un courant d'eau continuel la traverse; la Prolohydra est un sac fermé. L'Asce^ia a déjà des spicules; la Prolohydra,
des nématocystes.
Divisions principales del'embranciiement. — Trois classes cons-
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r Les Hydroméduses, pouvant être considérés comme de simples colonies de polypes, c'est-à-dire d'individus plus ou moins semblables à la Prolohydra. ou mieux encore à l'Hydre d'eau douce, qui en diffère par la présence de tentacules pleins, disposés autour de la bouche. Ces individus {ôlastozoïdes), qui naissent tous par bourgeonnement sur un individu primitif, issu directement de l'œuf {oozoide), forment généralement des associations arborescentes et irrégulières, où chaque polype a une indépendance plus ou moins complète. Mais ils peuvent aussi s'unir plus intimement, de façon à constituer un ensemble homogène, un tout, possédant une forme déterminée, une coordination complète dans les mouvements, en un mot une véritable individualité. C'est un être nouveau, un mdividu de second ordre, ce que nous avons
appelé un méride.
Les plus remarquables et les plus fréquents représentants de ce type composé sont les Méduses, organismes nageurs, très répandus parmi les Hydroméduses et sur lesquels nous aurons à insister tout spécialement.
2° Les CoRALLiAiRES Constituent aussi des colonies irrégulières ; mais chacun des individus composant la colonie, auxquels on donne encore le nom de polypes, n'est plus un individu simple comme chez les Hydraires, mais bien une réunion d'individus simples, condensés en une unilé de second ordre, comme cela se passait pour les Méduses. Ce sont donc des colonies de mérides.
30 Enfin les CTÉNOPnORES diffèrent notablement des groupes précédents. Ce sont des animaux pélagiques, nageurs, se rattachant peut-être aux Méduses, mais en diiïérant par de nombreux caractères sur lesquels nous reviendrons plus tard.