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POLYMORPHISME DES POLYPES

Ils sont quelquefois tous semblables, d'autres fois ils se ramènent à deux types différents, notamment lorsqu'il existe deux cercles de tentacules.

Leur forme est essentiellement variable; parfois- filiformes et couverts de nématocystes dans toute leur étendue, ils peuvent d'autres fois avoir tous leurs organes urlicants concentrés en une sphère placée à leur extrémité. Ils ne sont creux comme dans l'Hydre, que chez les Myriothela et le Polypodiim; chez tous les autres, l'intérieur est occupé par un cordon de grosses cellules endodermiques disposées sur un seul rang.

Polymorphisme des polypes. — Les Polypes ainsi associés restent quelquefois tous semblables et rempHssent tous les mêmes fonctions; mais le plus souvent, les divers individus de la colonie se divisent le travail physiologique, et, comme il arrive toujours en pareil cas, leur constitution se modifie de manière à s'adapter à la fonction qui leur est échue.

C'est là, un perfectionnement considérable de l'ensemble de la colonie, puisque la division du travail physiologique est le mode constant sous lequel se manifeste le progrès organique.

Mais en même temps, se produit évidemment une diminution notable dans l'indépendance mutuelle des polypes, qui acquièrent concurremment une solidarité de plus en plus grande.

On distingue, au maximum de différenciation, cinq espèces d'individus :

1° Les uns conservent la forme d'une hydre avec ou sans tentacules ; c'est à eux que s'applique la description générale que nous donnions tout h l'heure. Ils sont chargés du travail digestif. On les appelle des gastrozoides.

2» D'autres sont chargés de la protection de la colonie, en surveillant les alentours. Ce sont des polypes dépourvus de bouche, auxquels on donne le nom de dactijlozoïdes. Ils ont en général la forme de filaments longs, très extensibles, assez semblables à des tentacules. Mais ce sont de véritables polypes, car ils peuvent dans certains cas conserver leurs tentacules.

3° Les machozoïdes ou nématophores sont chargés à leur tour de la défense de la colonie. Ils ressemblent aux dactylozoïdes, mais sont munis à leur extrémité d'une forte batterie de nématocystes. Au moindre danger, ils se précipitent en avant, pour paralyser l'agresseur au moyen de leurs capsules urticantes (1).

On désigne également, chez les Plumulaires, sous le nom de

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R. PERniER. — Anat. comp.

nématophores, des individus placés à la base des Polypes normaux, et qui sont caractérisés par une dégénérescence remarquable. Les cellules qui les constituent sont en effet fusionnées en un syncytium amiboïde, qui peut s'allonger en longs pseudopodes hors du calice (fig. 94, e, /•) ■ On a émis l'hypothèse, assez gratuite d'ailleurs, que c'était la forme primitive des Polypes, et les Graptolilhes siluriens auraient eu, d'après Allman, une constitution analogue. Cette hypothèse est repoussée par la plupart des paléontologistes actuels. .

4° Certains polypes sont réduits à un état plus rudimentaire encore [Poclocoryne). Ce ne sont plus que des épmes cornées éparses sur le bord de la colonie. Ils n'ont plus rien de la forme du polvpe, mais se développent identiquement de la même manière e^t doivent par suite être regardés comme tels.

5° Enfin viennent les individus reproducteurs, ou gonozoïdes. Ceux-ci ont une importance capitale, et méritent de nous arrêter

plus longuement.

ÉTUDE SPÉCIALE DES GONOZOÏDES. — Si on fait unc ctude comparée des formes que peuvent présenter les individus reproducteurs dans toute la série des Polypes Hydraires, on se trouve en présence d'une variété si grande, que leur filiation morphologique offre une extrême difficulté. Les divergences d'interprétation que l'on rencontre h chaque pas, témoignent de l'embarras des zoologistes, en face de ce problème compliqué. Nous essayerons tout à l'heure de le déchiffrer. Mais tout d'abord, il nous paraît utile de rechercher les limites extrêmes entre lesquelles

s'opère la variation.

Le cas le plus simple nous est montré par les gonophores de l'Hydre, simples saillies se manifestant en divers points du corps de l'animal.

Au maximum de différenciation, se constitue un appareil compliqué, pourvu d'organes spéciaux, qui naît par bourgeonnement comme ses congénères sur la colonie, et qui, arrivé à maturité, s'en détache pour devenir un organisme absolument indépendant, emportant dans son intérieur les produits mâles ou femelles. Cet organisme est une Méduse.

ÉTUDE GÉNÉRALE DE LA MÉDUSE d'hYDRAIRE (Qg. 93). — A Un état

de complet développement, la méduse a la forme d'une cloche, dont le battant est représenté par un tube, le majiubrium {0), portant à son extrémité la bouche. Celle-ci s'ouvre dans l'œsophage, qui conduit dans Valrium [f] ou cavité gastrique, placé au fond de la cloche. De l'atrium rayonnent des canaux gastro-vasculaires, au nombre de 4, qui sont creusés dans les parois de la

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