ORGANES DES SENS : CORPUSCULES MARGINAUX
frères Hertwig, des cellules neuro-épilhéliales indifférentes, qui ne doivent donnera l'animal quç des impressions vagues.
Chez les Ti-acliynémides [Aglaura, Rhopalonema), il semble exister de véritables organes du tact, constitués par des groupes de cellules, munies chacune d'une longue soie (fig. 99 G).
De pareils organes se retrouvent dans d'autres groupes de Méduses, mais n'atteignent pas un développement aussi net.
Les principaux organes des sens sont les ocelles et les organes a«c?ift"/s. Dans le groupe des Méduses d'Hydrairos, les deux espèces d'organes ne sont jamais réunis (sauf chez la Tiaro'psis), si bien que
Fig. 97. — A. Ocelle de Lizzia Kœllikeri, vu de côté, après traitement par l'acide osmique étendu. — B. Le même, vu de face, dissocié après traitement par l'acide acétique. — i, cristallin; p, cellules pigmentaires ; ^e, cellules sensorielles (0. et R. IIert-wig).
les frères Hertwig ont proposé d'employer la présence des uns ou des autres pour la classification de ces Méduses. Les Ocellées correspondent à l'ensemble des Anthoméduses, et à quelques îa.mWles des Leploméduses {Thaumantidés, Cannotidés, quelques Fucopidés et A^quoréidés).
Les Vésiculées ou Méduses à otocystes, comprennent toutes les autres Leploméduses et les Tr^achy méduses.
Les ocelles sont en général situés à la base d'un tentacule, et le plus souvent sur sa face externe. Leur constitution est extrêmement simple (fig, 97). Ce sont des groupes formés de deux espèces de cellules : des cellules sensorielles (se) et des cellules pigmentaires {p) rouges, brunes ou noires.
L'œil est en général supporte par un amas de cellules et de
flbrillesnerveuses, qui le relient au cercle nerveux placé au-dessous.
Dans certains genres [Lizzia], il s'y ajoute une lentille de nature culiculaire (flg. 97, i).
Les organes auditifs sont plus répandus et surtout plus variés.
^ Ils sont développés
près de l'anneau nerveux interne sur la faceinternedu vélum, par conséquent aux dépens de l'exoderme sous-ombrellaire.
La disposition la plus simple est celle des Leploméduses.
L'organe auditif présente deux espèces de cellules : l^des cellules à otolilhes (fig. 98) à l'intérieur desquelles se trouve une concrétion; des cellules auditives^ basses et plates, disposées autour des premières.
Celles-ci ont une forme très particulière,
Fig. 98. — Organes auditifs des Méduses. — A. flguve 98 A (A) les Type des Craspédotes vésicnlées iPhialidncm) : , /• d', épithéliumombrellaire; rf^ épiihéliumsous- ™0"^''^ ûe lace, sur ombrellaire ; //., cellules auditives eu forme de leur face aplatie suruban ; une soie, part du milieu de chaque pgplgure parlunprOcellule, au-dessus d'elle, et se dirige vers la cel- ^ ' ^ ^ Iule à otolithe, située vers le haut de la vésicule, longement en lornic Son noyau seul est figuré, en blanc; l'otolithe cil [hh), qui se rea été dissous par l'acide osmique ; n;-i, anneau k„ façon à nerveux supérieur ; np, coussinet nerveux ; ?•, ca- ^
nalgastro-vasculaire marginal (0. et R.11ei\twig). devenir parallèle à la
B. Organe auditif de Rhopalonema : hk, corbeille surface \}\a\.6 de la auditive; autour d'elle, l'exoderme s'est sou- , . ,• . »
levé, de façon à former une vésicule iucom- cellule, et Vient S ap
plètè; sur les parois de la vésicule, cellules à pliquer contre la cel-
longues soies sensorielles (0. etR. Heutwig). j^^g à otolithe.
Tout en gardant la même structure liistologique, les organes de cette espèce peuvent présenter deux types diiïérents.
Les cellules peuvent se disposer côte à côte, ou tapisser le fond d'une fosse légèrement creuse {Mitrocoma). Elles peuvent aussi, si la fosse se creuse plus profondément, au point que ses bords
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viennent fi s'afTronter, constituer le revêtement d'une ve'sicule close (Qg. 98 A).
Tout différent est l'organe auditif des ïrachyméduses(fîg. 98 B). On peut le considérer comme un tentacule très raccourci, auquel 0. et R. Hertwig ont donné le nom de corbeille auditive. L'axe est constitué par des cellules entodermiques, dont une ou plusieurs sont î'enflées, et remplies par une grosse concrétion (otolithe), tandis que les autres sont aplaties et présentent les caractères ordinaires. Cette portion axile est revêtue par des cellules exodermiques qui n'offrent aucune particularité. Mais tout autour de ce tentacule auditif, sont disposées de grandes cellules neuro-épithéliales, munies de cils d'une longueur si grande, qu'ils dépassent celle de la corbeille elle-même. Celle-ci, entrant en mouvement sous l'influence des vibrations sonores, frappe contre les cils, et c'est grâce à ce choc que les cellules neuro-épithéliales reçoivent l'impression, laquelle est transmise par des fibrilles nerveuses aux centres sous-jacents. Quelquefois les cellules auditives ne dépassent pas le niveau de l'épithélium environnant {Aglaura). Mais dans d'autres cas (Cunina), elles forment un coussinet, très saillant chez certaines espèces (C sol maris). EnQn chez les Rhopalonema (fîg. 98 B), un repli circulaire s'élève tout autour de la corbeille, et, par l'affrontement et la soudure de ses bords, forme une vésicule entourant complètement l'organe auditif.
L'organe auditif des Géryonides, la dernière famille du groupe des Trachyméduses, se rattache à ce dernier type. C'est encore une vésicule, entourant une corbeille auditive fixée par un pédoncule en un point de ses parois. Mais l'organe est ici plongé profondément dans le mésoderme. De plus, les parois de la vésicule sont tapissées par des cellules plates, et pareilles à un endothélium. Les vraies cellules auditives, munies de leurs' longues soies, se trouvent fixées sur la corbeille elle-même, et encore sur un de ses côtés seulement. Les filets nerveux du nerf auditif traversent donc ici le pédoncule de la corbeille.
Système nerveux des méduses craspédotes. — Les Méduses dérivées des Hydraires ont un système nerveux central, ayant la forme d'un double anneau, courant tout le long du bord de l'omlircUe (fig. 99 A, rz, et n^) ; c'est une formation purement exodermique, isolée de la mésogléc par une membrane anhiste ; les deux anneaux sont séparés par la lamelle de soutien du vélum. Tous les deux sont composés de fibrilles nerveuses, d'une finesse extrême (fig. 99 B), et de cellules ganglionaircs. Celles-ci sont surtout abondantes dans l'anneau inférieur ; ce dernier, d'ailleurs, plus indépendant de l'épithélium, montre des caractères très nets
de supériorité, relativement à l'anneau supérieur, qui est entièrement plongé clans l'exoderme.
Les fibrilles nerveuses aboutissent à des cellules neuro-épithéliales, allongées, terminées par une soie sensorielle, et entremêlées avec des cellules indifférentes de soutien. On trouve tous les passages entre les cellules neuro-épithéliales et les cellules ganglion-
Fig. 99. — A. Coupe du bord de l'ombrelle d'une JEginide {Cunina laliventris) : T, vélum; a, épithélium sensoriel; anneau nerveux supérieur; «2, anneau nerveux inférieur; es, exoderme supérieur; ei, exodermc inférieur; c, cuticule; s, lamelle de soutien; g, mésoglée ; m, couche musculaire; en, endoderme; /f, canal gastro-vasculaire.
B. Anneau nerveux supérieur de Lizzia KœlUkeri, isolé et partiellement dissocié : îii, fibres nerveuses; g, cellules ganglionnaires; a, cellules sensorielles.
C. Corpuscule sensoriel isolé ù.'Mqiiorea Forskalea, dépendant de l'anneau nerveux superficiel {0. et R. Hehtwio).
naires, ce qui permet de considérer, avec Hertwig, ces dernières comme des cellules épithéliales émigrées dans la profondeur.
Chez la Carmarina, on a vu de nombreux filets nerveux traverser la membrane de soutien et faire communiquer entre eux les deux anneaux. 11 n'est pas douteux qu'il en soit de même dans tous les autres types, mais l'observation n'a pu en être faite.
Ce système nerveux central ne donne pas naissance à des nerfs véritables, mais à un plexus de fibres et de cellules nerveuses.