FORMES COLONIALES DES ALCYONAIRES
arborescenles, où les polypes naissent d'un cœnenchyme abondant [Alcijonium,Corallium, Isis, Gorçjonia, /{hipidogorgia, etc.). Dans toute cette série, les polypes sont relativement petits, courts, et leur cavité digestive ne pénètre pas très avant dans l'épaisseur du cœnosarc.
Il n'en est pas de même d'une seconde série où les polypes ont jLine longue cavité cœlentérique, et qui nous conduit directement au.v Pennatulidés.
Le point de départ peut être la forme simple Monoxenia, dont les polypes sont très allongés. Un premier stade nous est fourni par la Fascicularia, formée d'une série de polypes, accolés par leur partie inférieure, et libres seulement dans la région tentaculifère.
Supposons que dans pareil groupe les polypes s'allongent démesurément et bourgeonnent latéralement, nous aurons des Alcyonaires coloniaux, formés d'une portion axiale (résultant du développement et de la fusion des polypes primaires) et d'une portion appendiculaire , formée par les polypes issus des premiers par bourgeonnement. Les polypes primaires peuvent dans certains cas garder leur organisation primitive, leurs tentacules, etc. En général, ils entrent en régression et ne sont plus visibles que par leurs cavités digestives, qui persistent sous la forme de canaux longitudinaux courant d'un bout à l'autre de l'axe. Il en existe, chez la Pennatule, 4 semblables, entourant le squelette axial.
Les polypes secondaires naissent parfois épars sur l'axe {VereliUum, Slyloljelemnon) ou par rangées longitudinales (2 chez £umculina, 4-6 chez Kophobelemnon), dans les deux cas, entièrement isolés.
D'autres fois, les divers polypes se soudent par leur partie mferieure de façon à former une lame réniforme {Renilla) d'où émergent les portions tentaculaires libres. Enfin, au maximum de
d.frerenciation,laxeportelatéralementdesfeuilletsquiluidonnent 1 aspect dune plume {Pleroides, Pennalula) (lig. 132). Chaque
Fig. 132. — Pennalula pfiosphorea L., vue du côté dorsal. — a, un polype isolé.
feuillet est formé par la coalescence d'un certain nombre de polypes, dont l'extrémité seule est libre.
Dans tous ces types de Pennatulidés, la colonie cesse d'être fixée au sol; la région inférieure de son axe, libre de polypes, s'enfonce dans le sable, de façon que l'ensemble est à moitié libre.
Origine des conALLiAiiiES. — Les IlYonoconALUAinES. — Les Coralliaires ont été longtemps considérés, et sont regardés même par beaucoup de zoo-
lôgistes, comme constituant un groupe tout à fait spécial, u'aj-ant avec les Hydraires qu'une lointaine parenté, permettant de les réunir dans un même embranchement.
Les découvertes de Moseiey ont établi au contraire entre les deux groupes des relations étroites; elles ont été mises en lumière d'après les résultats anatomiques de 1 "auteur anglais par Edm. Perrier. Il existe en effet un groupe particulier, les Hydrocoralliaires, qui établit entre les deux classes une chaîne continue de formes de passage, conduisant sans difficulté de l'une à l'autre. Les Hydrocoralliaires ont été constitués par Moseley, à l'aide de types qui avaient jusqu'à lui été considérés comme de vrais Coralliaires à cause Fig. 133. — Spinipora echinala (les parties cal- de leur polypier calcaire, et caires ont été dissoutes, et l'intérieur du cœ- étaient répartis dans nosarc a été mis a découvert dans la région divers groupes, inférieure). — dz, dactylozoïde, dans sa loge f*^'® Millepora D ; tentacule ; ffz, gastrozoïde ; canaux du faisaient partie du
cœnenchyme (Moseley). groupe des Tabulés ; les
Dislic/iopora, et un grand nombre d'autres que Milne Ed-wards rapprochait des Oculines : Slylaster, Allopora, Cryptohelia, etc. Tous ces êtres n'appartiennent nullement aux Coralliaires ; ce sont des Polypes hydraires caractérisés, mais manifestant nettement une tendance à se rapprocher des Coralliaires.
Étudions les diverses formes par lesquelles s'opère ce rattachement des deux groupes.
Certains genres ne diffèrent des Hydraires que par le polypieï calcaire. Tels sont les Spinipora (fig. 133), Sporadopora, Errina, etc. Ou y distingue, comme chez les Hydraires, plusieurs types d'individus différenciés : des gastrozoïdes (gz), des dactylozoïdes (dz), des gouozoïdes ruTlimentaircs, des machozoïdes. Tous ces individus sont disposés sans ordre, au hasard, sur le polypier. Les dactylozoïdes sont astomes, eu forme de simples tubes coniques, tandis que les gasti'ozoïdes sont pourvus d'une bouche avec une couronne de tentacules.