FORMES COLONIALES DES MADRÉPORAIRES
è. deux formes coloniales, liées d'ailleurs l'une h l'autre par des passages insensibles. Dans l'une, le cœnosarc est très abondant, les calices espacés, et indépendants les uns des autres [Madrepora (ûg. -129), Gculina, Cladocora), etc. Dans l'autre, les calices sont très nombreux {Helias(7\va{Rg. 130), Aslroides, Pontes), très resserrés les uns contre les autres, parfois même polygonaux (/sastVcea, Prionastrœa). C'est fréquemment le cas dans les espèces à gemmation calicinale. Mais toujours les calices restent distincts, sans qu'il puisse y avoir de fusion entre eux.
La scissiparité donne des dispositions plus variées. Elle s'effectue toujours de la façon suivante : le calice s'allonge, le nombre de ses cloisons augmente, puis il se produit un étranglement, qui divise en deux le calice primitif. Lorsque la division est complète, le résultat ne diffère pas essentiellement des formes nées par bourgeonnement.
Les individus produits peuvent être entièrement distincts, et donner des formes cespiteuses {Miissa, Eusmilia), ou rester unis soit par leur muraille, soit par du cœnenchyme {Goniastrasa).
11 peut se faire que ce processus ne se continue pas jusqu'à complète séparation des cloisons. Les calices deviennent alors moins distincts, ils confluent plus ou moins. Il arrive souvent alors que l'allongement se continue longtemps dans le même sens. 11 se forme en ce cas des séries plus ou moins longues de calices, mal séparés les uns des autres, et disposés en lignes plus ou moins sinueuses {Symphi/llia).
L'exagération de ce fait nous amène aux espèces méandrinoïdes (Qg. 131), que des passages ménagés nous permettent de rattacher étroitement aux types précédents. Dans les genres où la disposition est poussée le plus loin, on peut se rendre compte, de la manière suivante, du processus suivi par le développement {deloria, Mœandrina, Monicinia, etc.). Les calices s'allongent démesurément, prennent l'aspect d'une longue vallée sinueuse, bifurquant de temps à autre. La columelle est continue dans toute l'étendue, sous forme d'une lame courant au milieu de la vallée. Aucune séparation ne vient diviser la longueur de ces calices, qui semblent constituer une seule individualité. Mais si on examine les parties molles, sur lesquelles les vallées se retrouvent comme autant de chemins bordés de tentacules (Qg. 131, B) on voit de distance en distance s'ouvrir des bouches, correspondant aux individus en lesquels le polype primitif s'est divisé sans que leurs squelettes aient pu s'individualiser. '
En général le polypier est massif, .et formé d'une multitude de séries accolées les unes aux autres par leurs murailles Dans
un petit nombre de genres [Euphyllia, etc.), il existe une seule série, libre latéralement, et formant par suite une lame foliacée ou flabelliforme, dans laquelle les calices divers sont plus ou moins conQuents ou peu distincts.
Dans quelques types de Madréporaires {Favia, etc.), les deux modes de génération asexuée coexistent.
De ces différences dans le mode de développement asexué, on ne peut rien conclure touchant le port et l'aspect du polypier.
Dans toutes les séries, à l'intérieur parfois d'un même genre, on trouve des formes cespiteuses, des formes branchues et des formes massives. Il est impossible de donner une règle ayant quelque généralité. Dans les divers individus d'une même espèce, on peut trouver les ports les plus différents. De telles consi-
Fig. 1-31. — Cœloria Arabica.
dérations ne peuvent donc rentrer que d'une façon très secondaire dans les caractères de classification.
La morphologie est un peu plus complexe chez les Alcyo- NAiRES, et elle amène h des types à formes coloniales fixes et déterminées.
Parallèlement à ce que nous venons de trouver chez les Madréporaires, nous rencontrons d'abord, outre les formes simples déjà indiquées, les formes stolonifères, où les individus naissent sur des stolons rampants [Cornularia, Rhizoxenia), ou sur une lame membraneuse encroûtante {Anlhelia). C'est à ce groupe que se rattachent les Tubipora, dont les polypes naissent aussi d'une expansion membraneuse basilaire. Mais, en outre, des stolons partant de diverses hauteurs unissent les polypes entre eux, et constituent des sortes de planchers d'où peuvent également émerger de nouveaux polypes. Une disposition analogue se rencontre dans la Cornularia viridis.
Le plus grand nombre des Alcyonaires constituent des colonies