‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 83 sur 412 · APPAREIL CIRCULATOIRE DES CRINOIDES · texte numérisé non relu

APPAREIL CIRCULATOIRE DES CRINOIDES

aboutissent à l'anneau de Tiedemann. De plus, les lacunes existent sur toute l'étendue de l'intestin. *

La disposition des lacunes d'absorption chez les Oursins, semble confirmer l'idée énoncée plus haut, que le tube digestif remplit un double rôle. La première partie, qui a seule des rapports avec l'appareil absorbant, joue évidemment le rôle le plus important dansJa digestion et dans l'absorption. La seconde partie, qui reçoit le siplion intestinal est plutôt respiratoire.

AppARiiiL CIRCULATOIRE DES Crinoïdes. — L'appareil circulatoire des Crinoïdes diffère notablement de ce que nous avons décrit dans les autres classes d'Echinodermes. II présente une complication plus grande encore, mais est aujourd'hui bien connu, grâce aux travaux de Ludwig, de William et Herbert Carpenter, et surtout d'Edmond Perrier, quia consacré à l'étude de l'organisation et du développement de la Gomatule un mémoire important. La disposition générale de l'ensemble de cet appareil est représentée dans la planche I. Comme précédemment, on peut y distinguer quatre parties.

i° Appareil ambulacr aire. — 11 se compose toujours (Pl. I) d'un anneau {aa) entourant l'œsophage et donnant naissance : 1° à 20 canaux tentaculaires, semblables à ceux des Holothuries, et se rendant aux cinq groupes de quatre tentacules qui entourent la bouche [tp) ; 2° à S canaux radiaux ambulacraires [va). Ceux-ci se bifurquent bientôt pour se rendre dans les bras, qu'ils accompagnent jusqu'à leur extrémité, donnant un rameau à chaque pinnule. Le canal brachial ambulacraire est placé sur la face orale du bras(Qg. 173, ua). 11 ne porte pas de pieds ambulacraires. Mais ceux-ci sont remplacés par des tentacules de même nature et de môme origine que les tentacules péribuccaux. A l'origine en effet, avant la formation des bras, la membrane périorale porte 23 tentacules semblables : 20 d'entre eux deviennent les tentacules buccaux groupés par 4, les autres sont emportés au bout des bras, et forment le premier tentacule de chacun d'eux.

Les tentacules (Pl. I, tr, tb) se montrent sur toute l'étendue des bras, sauf sur la première pinnule externe de chaque bras ; ils sont disposés par groupes de trois, dont le plus éloigné du disque est de beaucoup le plus grand et le plus mobile. Leur surface est irrégulièrement couverte de papilles, terminées par des soies rigides, et qu'on considère comme des organes des sens. Malgré ]a différence de fonction, ces tentacules sont incontestablement les homologues des tubes ambulacraires des autres Echinodermes.

Nous avons retrouvé jusqu'ici toutes les parties de l'appareil ambulacraire typique, k peine modifiées. 11 nous reste à voir ce

296 ÉCHlNObERMES.

.que devient l'appareil hydrophore. Si on s'adresse à une jeune larve de Comatule, qui vient de se fixer et est encore dépourvue de bras, qui en un mot appartient encore à la phase cysiidéenne, on constate que l'anneau ambulacraire est en relation avec l'extérieur paruniuèc hydrophore unique, continu, et s'ouvrant au dehors par un entonnoir vibratile, placé tout près de l'anus. A cet état, l'appareil ambulacraire est de tout point comparable à celui des autres groupes, ce tube hydrophore étant absolument homologue au canal du sable ou tube hydrophore des Stellérides et des Oursins.

Mais l'homologie ne tarde pas à être détruite. Dans la phase suivante, connue sous le nom de phase Phylocrinoïde, et caractérisée par l'apparition des bras, quatre autres tubes hydrophores font leur apparition et établissent une communication nouvelle entre l'anneau ambula.craire et l'extérieur. Mais ces quatre tubes ne doivent pas être considérés comme étant exactement les homologues du premier, qui reste le seul représentant du canal du sable. Ils naissent en effet d'une façon un peu différente : l'entonnoir vibratile est d'abord entièrement indépendant du tube hydrophore, et ce n'est que plus tard que ces deux parties entrent en relation, en débouchant toutes les deux dans une cavité creusée •dans l'épaisseur de la paroi du corps, et qu'on appelle le sac intrapariétal. L'ensemble de ces trois parties peut être désigné sous le nom d'appareil hydrophore.

Mais les modifications ne s'arrêtent pas là. En effet, après que la Comatule est détachée de son pédoncule, les tubes hydrophores et les entonnoirs vibratiles, les premiers partant de l'anneau ambulacraire, les seconds de l'exoderme, continuent à se multiplier, particulièrement les entonnoirs, dont le nombre atteint plusieurs centaines. Mais il n'y a plus aucune corrélation directe entre les uns et les autres; un certain nombre d'entonnoirs cessent d'entrer en rapport avec les tubes hydrophores, et vont dans certaines régions de la cavité générale; les autres communiquent encore avec les canaux hydrophores, mais indirectement, nous allons voir tout à l'heure par quel procédé.

2° Cavité générale et ses dépendances. — On désigne sous le nom de caviié générale la cavité comprise entre le tube digestif et la paroi du corps. Elle ne renferme d'autre organe important, que le stolon génital (Pl. I, g), organe plastidogène, sur lequel nous allons revenir, et qui occupe à peu près l'axe du corps.

La cavité générale est comme toujours formée par deux sacs nés par invagination de l'endoderme. Ils s'accolent, et se placent l'un au-dessus de l'autre. La cavité générale est donc à l'origine formée de deux cavités superposées, séparées par un mésentère

Page 1