FORME PRIMORDIALE
nites qui le composent, varient chez les Arthropodes d'une façon extraordinaire ; mais il est facile de formuler quelques remarques générales, et de constituer une chaîne qui relie les unes aux autres toutes ces formes au premier abord si dissemblables du type Articulé. Pour que la série fût complète, il nous faudrait montrer des formes primitives à un seul segment, et, passant de là à des organismes plus élevés, faire voir que chacun de ceux-ci est d'abord réduit à un segment unique, d'où dérivent successivement et par bourgeonnement tous ceux qui conslitueront le corps de l'adulte.
Ces différentes phases morphologiques, nous les rencontrerons complètes, quand nous traiterons des Vers.
Mais pour ce qui concerne les Arthropodes, nous ne pouvons trouver une série aussi ininterrompue.
Forme primordiale.
— Le Nauplius. — On ne connaît pas d'Articulés àun seul segment.
La forme la plus simple que l'on rencontre est la. for me Nauplius, sous laquelle éclosent beaucoup de Crustacés (fig.
181). Elle ne présente i^'ig- iSl. - L'dvve Nauplius de Penœus Caramote aucune segmentation, (Fritz Muli.er).
ni aucune trace indiquant la présence de plusieurs zoonites. Mais les trois paires d'appendices dont elle est pourvue indiquent évidemment qu'il y a déjà dans cette forme larvaire si simple un certain degré de complication ; car typiquement un zoonite porte toujours une paire unique d'appendices. Partant de ce Nauphus qu on peut considérer comme la forme originelle des Arthropodes, la constitution progressive du corps de l'adulte suit les règles ordmaires. Les anneaux se forment successivement, et à Chaque mue on en voit apparaître de nouveaux, jusqu'à ce que le corps,^arnvé à l'état adulte, ait atteint le nombre de segments définitif. ^
Il est vrai, dansles représentants élevés du groupe, chez un grand nombre de Crustacés Maiacostracés, chez la plupart des Arachnides, et chez tous les Insectes, le mode de développement que H. PEnniER. — Anat. comp, 21
a22 ARTHROPODES.
nous venons d'indiquer semble ne pas se. retrouver, l'animal sortant de l'œuf avec tous ses segments développés. Mais ce n'est là qu'une apparence. L'embryogénie d'un être ne commence pas à la sortie de l'œuf, mais bien au début de la segmentation de la vésicule germinative. L'animal peut briser l'enveloppe qui protège ses premiers débuts, h une période ou à une autre, à un stade quelconque de son développement. C'est là un point secondaire; l'éclosion tardive n'a d'autre résultat que de garder à l'embryon un abri pendant un temps plus long. Or, si l'on étudie les développements des types précités, à l'intérieur de l'œuf, on constate que le processus de formation est le même. Chez l'Ecrevisse par exemple, qui sort de l'œuf avec tous ses segments, on voit apparaître tout d'abord dans l'œuf, aux premières phases de l'embryogénie, les trois appendices naupliens; les autres anneaux avec leurs appendices ne se montrent que postérieurement. ■ '
Nombre des zoonites. — Le nombre des anneaux du corps des Arthropodes est éminemment variable, surtout chez les Crustacés. Chez ces êtres, en effet, qui sont les représentants les moins élevés du groupe, le type n'est pas encore défini ; il n'est pas possible de constituer un Crustacé idéal, et il serait, par suite, vain de vouloir déterminer, comme on avait cherché à le faire anciennement, le nombre typique des zoonites qui constituent le corps de ces animaux; c'est une exagération fautive du principe de l'unité de plan de composition. Il est impossible, on le comprend, de ramener au même type les Phyllopodes, qui possèdent jusqu'à quarante-huit segments, et les Oslracodes, chez lesquels on n'en trouve que neuf. Mais à mesure qu'on s'élève dans la série, on voit peu à peu le type se fixer, et sans sortir de la classe des Crustacés, iious atteignons cette fixité avec le groupe des Malacostracés, où le nombre des segments est absolument constant, le corps de ces animaux se composant de vingt et un zoonites. De même encore, dans l'immense classe des Insectes, le type est définitivement constitué, et possède un nombre fixe de. segments (1). Ce nombre n'est jamais dépassé, et s'il ne se retrouve pas, il est toujours facile d'expliquer la réduction opérée, et de faire rentrçr cette exception dans le type général.
Attachons-nous maintenant d'une façon plus spéciale à la forme
(1) Outre la tête, il "existe loujours trois anneaux thoraciques, et onze zoonites abdominaux. Quand il y a une réduction, celle-ci porte sur les zoonites post-génitaux. Comme l'orifice génital est sur le huitième anneau, il peut y avoir avortenient de un, deux ou trois anneaux, ce qui réduit le nombre des zoonites abdominaux a 10 (Cîmex leclularhis), 9 (Coléoptères), ou 18 (Lépidoptères). Voir à ce sujet de La.g,\ze'Dut.hiehs. (A. S. N.,3o s., t. XIX, 1853).