RÉGIONS DU CORPS
même des anneaux. D'une manière générale, on peut typiquement, distinguer dans la tunique chitineuse de chaque zoonite six parties : uae partie dorsale, le tevgim, et une ventrale, le sternum; quant aux parties latérales, lespleurœ, chacune d'elles est constituée par deux pièces chitineuses : une inférieure, Vépislermm, et une supérieure, ïépimère. Mais c'est là un degré de complexité qui se rencontre assez rarement, et qu'on peut étudier, par exemple, sur les anneaux du thorax des Insectes. Dans la règle, ces pièces se soudent entre elles, de façon à constituer des demi-anneaux; quelquefois même, comme dans les Chenilles, etc., le zoonite a pour squelette un anneau complet et continu. Quoi qu'il en soit, le développement respectif, de chacune des parties du zoonite, leur mode d'agencement varie beaucoup, et entraîne desdiflférences considérables dans la forme des anneaux suivant qu'on les considère en un point ou un autre du corps. D'autre part, il peut se produire entre un certain nombre d'anneaux voisins des relations plus étroites, et alors le corps, au lieu de se composer d'une série de zoonites successifs, offre cà considérer un petit nombre de régions complexes, elles-mêmes comprenant plusieurs anneaux. Dans ces conditions, la segmentation est dite héléronome.
MoRpnoLOGiE DES RÉGIONS DU coHPS.'— Le maximum de différenciation nous est offert par les Insectes (fig. 182), dont le corps se divise en trois parties nettement distinctes :
1° La tête (A) constituée par une masse unique résultant de la soudure de quatre anneaux au moins, comme l'indiquent les appendices que porte cette région, et qui sont différenciés en organes de tact, les antennes, et en organes masticateurs ■2" Le thorax ^{T), formé de trois anneaux, dont chacun porte une patte ambulatoire, et sur lesquels se trouvent aussi les organes du voJ.
3- VaMome^ iAB] lypiquemenl formé de onze zoonites, très generalemenl dépourvus d'appendices, mais dont le nombre peut plstut) d-"-- annaux (voï^
miers anneaux se soudent toujours de hmn P'^" indivisible, la tête ^«^J^"^-- façon a former une région
ne se modifient .u'insensiMeLnt, com^'lef:;;::- r";»;:
portent, de façon qu'on ne puisse pas établir de ligne de démarcation nette séparant le corps en plusieurs parties. Au contraire, cheiVApus, dont l'organisation est pourtant fort peu différente, un repli cutané en forme de bouclier dorsal s'étend sur tous les premiers anneaux qui sont ainsi soudés et immobilisés, et deux, parties peuvent dès lors être nettement distinguées dans l'animal, bien que les appendices de l'une et de l'autre ne présentent que des différences peu sensibles. Cette tendance h la division du corps en deux régions distinctes s'accentue bien davantage chez
Fig. 182. — Parties du corps d'un Insecte : Œdipoda miniata. — A, tête; T, thorax [pth, prothorax; msth, mésothorax; mtth, métathorax] ; AB, abdomen; a, antenne ; y, yeux; pi, pz, pz, les trois paires de pattes; ai, «2, les deux paires d'ailes; h, hanche (tro chanter) ; c, cuisse;/, jambe, tarse.
les Crustacés supérieurs. Chez les Décapodes, l'Écrevisse par exemple, il existe aussi un bouclier dorsal, la carapace, soudant les uns aux autres les treize premiers anneaux, tandis que les derniers anneaux, formant Vabclomen, restent Ubres et indépendants. En même temps se manifeste entre ces deux parties une division du travail physiologique qui entraîne l'hétéronomie complète des appendices. Les membres abdominaux sont rudimentaires, et à part les appendices de l'avant-dernier anneau, qui, avec le segment terminal, forment la nageoire caudale, ils jouent un rôle très limité; ceux au contraire de la partie antérieure du corps modifient leur forme de façon à devenir des
MORPHOLOGIE DES ARACHNIDES. " 32o
organes sensoriels, les anteimes, des organes masticateurs ou préhenseurs, et des appareils de locomotion. Ils sont, en somme, comparables aux appendices que portent la tète et le thorax des Insectes. Aussi donne-t-on à cette partie antérieure le nom de céphalothoi'ax.
Le céphalothorax est en réalité la partie essentielle du corps; c'est> l'intérieur de ses anneaux que se trouvent logées les parties centrales des appareils constituant l'organisme de l'animal. L'abdomen au contraire, qui ne contient que des prolongements de ces mêmes appareils, tend à devenir une partie résiduelle, où on ne rencontre plus que les organes spéciaux à chacun des zoonites, des muscles, une portion du tube digestif, de la chaîne nerveuse et de l'appareil circulatoire. Les Décapodes Anomoures nous montrent une série très graduelle de formes où cette région devient de moins en moins développée ; et l'abdomen des Crabes ne consiste plus qu'en une série d'anneaux extrêmement petits, où la chaîne nerveuse elle-même ne se continue plus que sous la forme d'un mince filet. Cet abdomen raccourci ne porte plus de nageoire caudale et se replie sous le céphalothorax, que recouvre une large carapace triangulaire arrondie ou quadrangulaire, seule visible quand on regarde l'animal par sa face dorsale.
MORPnOLOCilE EXTÉRIEURE DES ARA-
CflNiDEs; cÉPHALiSATiON. — Ces phénomènes de rétrogradation de l'abdomen, auxquels on a donné le nom de céphalisation, se manifestent avec encore plus de netteté chez les ARAcnNiDES. Parmi celles-ci, le Scorpion se rapproche le plus étroitement des Crustacés. Son corps (fig. 183) présente aussi un céphalothorax portant les appendices préhenseurs et locomoteurs, et un abdomen formé de douze segments Mais celui-ci ne porte plus à proprement parler d'appendices. De plus un nouveau pas est fait dans le sens de la céphalisation L abdomen se divise en deux parties : les sept premiers anneaux sont aplatis, de même largeur que le céphalothorax; les autres au contraire, sont prismatiques et très étroits; ils constituent le
Fig. 183. — Bulhus euvopmus. — c, céphalothorax; a, abdomen; pa, post abdomen pm, palpe maxillaire.
post-abdomen ou la queue du Scorpion, qui se termine par un aiguillon venimeux.
Chez les Thélyphones (fig. 184), l'abdomen se termine par un long filel articulé. Ce sont les trois derniers anneaux qui forment,
Fig. 184. — Thelyphonus caudaUis : a, chélicères; b, palpe maxillaire;
c, post-abdomen.
on le voit, un post-abdomen extrêmement réduit. Chez les Phrynes (fig. 183), qui sont, comme organisation, extrêmement voisines, ce fouet post-abdominal disparaît lui-même entière-
Fig. 185. — Prynus limulahis.
ment et il ne reste plus que la partie antérieure de l'abdomen, encore formée de onze anneaux distincts, mais dépourvue totalement d'appendices. Enfin, chez les Araignées (fig. 186), tous les segments restants de l'abdomen se soudent entre eux de façon à constituer une masse unique, et le corps de l'animal ne se com-