MORPHOLOGIE COMPARÉE DIÎS APPENDICES
sédentaire ou parasitaire. I^a larve de ces animaux se fixe par la tête, au moyeu d'une ventouse qui termine les antennes, et à l'intérieur de laquelle s'ouvre une glande fournissant la matière fixatrice. Dans les Analif'es et les genres voisins, la partie fixée se développe en un pédoncule parfois fort long, à l'extrémité duquel est porté l'individu. Ce pédoncule manque chez les Baianes, les Coronu/es, etc. Mais, dans tous les cas, il se développe dfins la partie dorsale un repli considérable, qui s'accroît de manière à former un sac chitineux, enfermant tout l'animal, et ne laissant à la face ventrale qu'une ouverture bâillante, par où peuvent faire saillie les appendices. Ce sac constitue le manteau. Il peut arriver (Anelasma) que ce manteau reste liurement chitineux, mais en général il s'y dépose des plaques calcaires, en nombre plus ou moins grand. Chez les Anatifes, elles sont au nombre de cinq, dont l'une impaire, la carè7ie, et les autres placées symétriquement : les lerga ou pièces supérieures, et les scuta on pièces inférieures.
Chez lés Pollicipes, le nombre des pièces calcaires est encore plus grand. Outre les cinq pièces des Anatifes, il se forme en effet, au point où le manteau s'attache au pédoncule, une multitude de petites plaques calcaires disposées en collerette. Supposons que ces plaques se soudent les unes aux autres, et se développent considérablement, de façon à dépasser le niveau des scuta et des terga, nous aurons une Balane; le manteau forme alors une loge complète, où l'animal se retire entièrement; les pièces paires restent seules mobiles, et constituent un opercule qui ferme l'ouverture de la loge.
§ 3. — Morphologie comparée des appendices.
Si la comparaison des anneaux et de ]a forme extérieure des Arthropodes nous a montré une grande variété dans les différents groupes de l'embranchement, nous allons être en présence de modifications autrement importantes en étudiant les appendices portés par ces anneaux.
Les anneaux portent normalement chacun une paire d'appendices. Ces appendices peuvent disparaître sur un ou plusieurs anneaux, mais il est extrêmement rare que deux paires puissent coexister sur un seul zoonite.
Lorsqu'un segment du corps porte plusieurs paires d'appendices, c'est le plus souvent qu'il résulte de la fusion d'autant de zoonites primitifs, comme le prouve l'ontogénie. C'est en se basant sur ce principe qu'on a pu par exemple déterminer, en comptant ses appendices, le nombre de zoonites qui entrent dans la constitution de la tête, qui, on l'a vu, est toujours le résultat de la fusion de plusieurs segments. Il est rare que les appendices disparaissent ou même soient réduits à un état rudimentaire, h la fois dans toute l'étendue du corps. Ce caractère qui ne se rencontre que chez quelques larves, et qui est encore bien plus rare à letat adulte, provient d'une dégradation excessive due au parasitisme, ou d une façon plus générale, à l'abondance des matériaux alimentaires mis à la portée de l'animal. C'est le cas d'un grand nombre de larves de Diptères, c'est aussi celui des Pcnlaslomum
Arachnides parasites, pourvues simplement d'un appareil de fixalion consistant en quatre crochets, qu'on peut considérer comme les articles terminaux des deux premières paires d'appendices (fig. 190).
État rudimentaire des aitendtces chez le Péripate. — Mais il est un cas où l'état rudimentaire des appendices n'est pas dû aux causes que nous venons d'indiquer, mais bien à une infériorité organique. C'est celui des ONYcnopnoRES, représentés par le seul genre Peripatits [ùg. 191).
Les Péripates ont un corps absolument homonome, ayant de 14 à 24 segments, dont chacun porte à saparlie ventrale une paire de mamelons courts, coniques, terminés par deux griffes. Cette organisation les avait longtemps fait ranger parmi les Annélides, mais les reclierches de Moseley sont venues les placer définitivement parmi les Arthropodes, en démontrant que ces mamelons n'étaient en somme que des appendices réellement articulés, mais tout à fait rudimentaires.
Type général de l'appendice. — Ces exceptions mises à part, quelles que soient les modifications secondaires qu'ils puissent subir, et malgré les formes d'une infinie variété qui résultent de leur adaptation aux fonctions les plus diverses (tact, préhension, mastication, locomotion, respiration), les appendices des Arthropodes peuvent être considérés comme dérivant tous d'un même type.
Étudions-les d'abord chez les crustacés. On peut d'une raa-
Fig. 190. — LiNGUAtci.es : — Pentastomum tsenioïdes.
Fiff. 191. — OiNYCiiopuonES : Pevipatus Capenis. Gr. uat. (Moseley).
nière générale y distinguer trois parties : une portion basilaire attachée directement au corps de l'animal et que nous appellerons avec Huxley le protopodile; elle porte à son extrémité les deux branches terminales de l'appendice, désignées sous le nom d'e;*dopodile et d'exopodile (fig. 192). Milne-Edwards en se basant surtout sur l'anatomie des Décapodes avait donné à ces diverses