‹ Éléments d'anatomie et de physiologie généralesChapitre 25 sur 108 · I. DONNÉES HISTOLOGIQUBS · texte numérisé non relu

I. DONNÉES HISTOLOGIQUBS

Se fondant sur diverses observations, certains botanistes et des physiologistes ont exprimé cette hypothèse que probablement toutes ks cellules d'un organisme pluricellulaire sont en relation directe par de fins filaments protoplasmiques. Se plaçant au point de vue physiologique, ils se prononcent contre l'emploi de l'expression « association de cellules », par laquelle on désigne si souvent les végétaux et les animaux. Ils considèrent le corps d'un végétal ou d'un animal supérieur comme un corps protoplasmique unique et volumineux, dans lequel se trouvent logés, de distance en distance, des noyaux, constituant les centres des échanges de la matière et de l'énergie (synergîdes de Sachs) et dans lequel des membranes et des substances intermédiaires ont établi une séparation partielle, en constituant des éléments de soutien pour le corps de l'organisme.

C'est dans ce sens que s'expriment J. Sachs et Russow. D'après eux, « la plante multicellulaire ne diSere du végétal monocellulaire « que par ce fait que dans la première le protoplasme est parcouru « par de nombreuses cloisons perforées et treillissées, tandis que

a dans le second le protoplasme ne s'est pas subdivisé en compartitic ments. »

Comprise comme Sachs Tadmet, Tidée de Tunion continue de toutes les parties du protoplasme d'un organisme pluricellulaire n'est pas soutenable, attendu qu'elle n'est nullement conforme aux faits. Il est, en effet, incontestable que, chez les végétaux aussi bien que chez les animaux, il existe des cellules complètement isolées. Nous citerons chez les végétaux les cellules des stomates ; chez les animaux, les corpuscules lymphatiques, les cellules du sang, maintes formes de cellules cartilagineuses, les fibres musculaires striées, etc. Mais abstraction faite de ces éléments, on peut sans doute observer très fréquemment l'existence d'unions protoplasmiques entre des cellules

Fio. i6. — A. Cellule vivante de Volvox aureus, vue de face d unie d chacune des cinq cellules voisines par un JilamaU proloplasmique. — B. Deux cellules de Volvox aureus, vues en coupe longitudinale et dont les fouets vibratiles traversent la Utmelle ou membrane ^enveloppe. Ces deux cellules sont unies par un filament proloplasmique. qui a été intéressé par la coupe. D*après Arthur Mbtbr. — 2, cellule du Volvox ; v, filament proloplasmique d'union ; m, membrane ; g, fouet vibratile.

voisines et l'on est en droit d'affirmer que, plus l'attention sera portée sur ce fait important et plus les méthodes capables de le mettre en évidence se perfectionneront, plus aussi deviendra considérable le nombre des unions de ce genre que l'on constatera.

Dans l'état actuel de nos connaissances, voici quels sont les résultats les plus importants qui soient acquis.

I. On a signalé un mode d'union tout à fait typique et régulier entre les diverses cellules qui constituent le corps des diverses espèces de Vohox^ ce genre d'Algues inférieures qui présente une. si grande analogie avec le stade blastuladu développement des animaux.

Chez Volvox aureus (fig. i6 AetB), chaque cellule de l'hémisphère trophique de la vésicule, est logée dans un mucilage, une gelée épaisse et molle ; elle s'y trouve armée de deux longs fouets vibratiles et est

lE GÉNÉRALES DES TISSUS

„^ ^iles voisines par un ionff filament pro-

JsSXIlW^W^^^i^ reproducteur, les filaments pro-

ÉSV*»*^lB'^^iB^^^â'!**g- i?)- C'est ainsi que les grosses •"^"gS'iBi«;Éi iWiiÉÉi/lfw sont mises en continuité avec les f^^Blttf^HlS^^^n iw^* ^^^ faisceaux de trois à six filait M9SvSlâ*i^l^li^Pttlij^i^e encore quelque temps après ;|j^^nb<9r^iBAS quatre parties et même davantage.

'ft>^ni)[j|^§lit est un peu différente (fig. i8).

®tf »éîlw lif^llr^lle elles cinq à sept bras épais ; mais liiliH'â>W(BjM^«l^iilceux émis par des cellules voisines, râng3àKl0^Jj^^0A^?rane (w), qui enveloppe encore spé-

\,^* P* **! «V* *eï»t ^SI

f jK^-S«<- Û5 •^- *J*- «jV;»

-■^Hi*4- û5 «.-«i- *v- *j^»

^^^^^^^^^^^Mi^^'Ê^'Ê'Zi^ globator, vue de face. D'aorès Arthur Metbr.

• '::^^^j^^Wii B wH^»t jjy ■< ^jliâ^Jfîf aï w M mw ^ ^ores : P, pyrénoïde ; m, meniDrane d'envelopp

Fio. i8.

aureus qui n'est pas encore sortie de sa coque. Elle protoplasmiques. D'après Arthur Meter.

rp., spore: </ (fig 17), fouet vibratile ; 0, v, fila-

des diverses cellules. Cette

çon que la lamelle moyenne

:3^^¥oa¥r)^|»^^«||^9^i^|S2fl deux cellules végétales adjacentes.

lf^i^Sâvr^a'^à^*<Sî)JI;^©^cg:Q^; trois pores délicats, par lesquels

wSL!-S»4v.©a.4 Aft ^SSiT. .fio.irvRa ^«In — : J» l *. 1 : ?.

**-||^AlS|-.f:« -g. -.fr îpc -f:- «; -^'.-t:- , ^

bras protoplasmique à

^■*m''«M*^l^'*f^^€3^o^ découvert que dans Tendosperme .î^i^^iil!ÎTOÎfS*^3^-î»?S^''"^^^ ^^"*' "^i^s par des filaments !"JâîI*^'^M'^M^^^^'^s^*^"^^*®^ ^ ^^^ attirée sur la question •fl'Ilr^Bffl^fl^îlî^^^F^^ow, Gardener, Hicks, Hillhouse,

OOl m^» m%

|'^iÉ^o«ri|2cHrti8.yÉ*-Éîn^ontré que, chez des végétaux les j5,^^i9||,fi||iîg33gEi||>rane de cellulose de très fins pores,

«^i' «^fc m-^m mvtj» ••Vt* ••Vt* ••Vtj» «^^ •^» •V^»

qui livrent passage à des filaments protoplasmiques, qu'il est très difficile de rendre visibles et qui unissent le contenu protoplasmique d'une cellule à celui de la cellule voisine.

Ces connexions se distinguent le plus aisément dans les tubes cribléSy tubes longs et superposés, qui sont séparés par des cloisons transversales, les plaques criblées. Chacune de ces plaques est, comme un crible, perforée de nombreux pores, par lesquels les corps protoplasmiques des tubes voisins se continuent les uns avec les autres.

Des continuités de ce genre semblent surtout exister là où les cloisons cellulaires présentent des ponctuations. Cependant il est généralement très difficile d'en démontrer l'existence et Ton doit, pour y arriver, se servir des plus puissantes lentilles. La meilleure méthode consiste à pratiquer des coupes fines, que Ton couvre ensuite d'une goutte d'acide sulfurique. Après quelques secondes, on lave la coupe à Teau distillée; puis, on la colore avec un mélange d'acide picrique et de bleu d'aniline dans de l'alcool à 5o pour loo. Les corps protoplasmiques qui, par suite de l'action de l'acide sulfurique, se sont rétractés de la cloison cellulaire gonflée, sont colorés en bleu foncé ; il en est de même de fins proloDgements, qui se portent vers les ponctuations, traversent la mince lamelle moyenne et se continuent avec des prolongements semblables des cellules voisines. Toute cette structure est extrêmement délicate. Comme le fait observer Strasburgbr « tous les corps protoce plasmiques ne montrent pas leur union mutuelle, mais seulement <( ceux qui n'ont pas été lésés par le rasoir, lors de la confection de « la coupe, et qui ont été fixés rapidement par l'acide sulfurique. <c Quant aux points qui ont été lésés ou qui n'ont pas été assez brusce quement fixés, ils montrent leurs prolongements rétractés. »

3. Chez les animaux, il y a longtemps déjà que l'on connaît Texistence d'unions entre les cellules. C'est dans une foule de formes du tissu conjonctif qu'on peut le plus aisément la démontrer. Les cellules

FiG. 19. — Cellules de la périphérie de l'endosperme de Chamaerops excelsa. D'après Arthur Metbr.

— Ces cellules ont été traitées, d'abord par la lessive de potasse, puis par l'acide sulfuri- 3ue (i partie pour 3 parties 'eau); ensuite par une solution d'iodure de potassium iodée ; puis, h nouveau par l'acide sulfurique (i partie pour 3 parties d'eau) et, enfin, par le violet de méthvle. De cette façon les canalicules, dans lesquels passent les ponts protoplasmiques, sont nettement colorés. Grossissement : 600 diamètres.

lE GÉNÉRALES DES TISSUS

Hiies par des prolongements ramifiés

iS|ux encore que ceux qui unissent les

iParmi les diverses formes du tissu

e (fig. 20) nous fournit un exemple

fM^^^^ (corpuscules cornéens), logées

3li;^t unies en une sorte de réseau par

|4M^fl|fS|lS*^P'^^"^^^"^^' ^^^^ ^^ dentine, les.

^ «'«ÏV» ^ «-in-» a^» «ZV»

00 • Ql? Ao • eo i, eo 00, ' 00 • fio ' 00 00

Ircsi» ai. — Carlilage céphaliqae du Calmar» traité par • macide pierique et monté dans la glycérine. D'après Rak- . — c, substance fondamenUle ; </, corps cellulaire:

«M» ramifications anastomosées des cellules.

ts, tandis que dans le cartilage, les isolées, sauf cependant^dans le car- Céphalopodes (fig. 21) et dans queliagineux.

constater Texistence d'unions entre Cependant ici encore l'étude des

M *mmmt m <

:S DE L'ORGANISME iig

de nombreux exemples,

|âiài@}>iiiii™iii9'(ii^uiÉ m"^* démontré que les den- ^^li-l&Ç^^^^p^ décrites pour la

Wi m '^ft^'^^T^^&ttf j^j^ nt nullement à la façon Il rsiiiè|fti§&^! Bit S'instituent des filaments, £%tl||{f!!^»-BI||fQ^l4^^^ 6^ traversent de

^2*^iïf^^y^|jj|î« On peut donc au-

®SViiii?ié^9tpUS|A wcente à la couche cornée

L'on

Ji)l"ii

I5[:*'*™**"*3^'*w» «w» «^^ Vo'» «w»

>jr

'•-^- k? ^OQ^jok^ji^'^w^^m^Z" Assise cellulaire inférieure de l'épi^ hoflS^^ifi^O^^*^ •oai'm^ d'une lamelle branchiale de la larve de it"^' ZMZ*-Xgi^*^i^* •^éa^andre. Vue do face. D'après Flemmiug.

après

espaces intercellulaires (i, en clair) larges; les corps des cellules sont

• -llîl^îSiïPi^i^-*^ »?^î¥! "^9^ et I»éris8é8 de pointes à leur surface.

'^È^0^9^^^!t!^:t'^^':/^^im/^lûmiitM*9^ iw5^*êâl espace inlercellulaire se trouve une

!f ^lll^^SS*^-!' ^-#?^::i: .iêiW|g*ilg?alrice pourvue de longs prolon -

ii'^t^^^mJjS-^'miSm mtA-^ «■«£«■• «-iv» Jl^m

m^V^^^^é' ^^^ autre cellule migratrice, ré- -gM^^«n forme de sphère, est en mitose (/';.

•^^•?^/^ intercellulaires.

es d'épithéliums. D'après

iques de Cépithéliutn de

;!^Tar leurs parois latérales,

JT^Iiix très ffrêles. Kolossow

'^igJC^éiires entre les cellules de

•/»^|«î^Ca/2es séreuses, Neyt en a

ce met.

lilE GÉNÉRALES DES TISSUS

|p||lSi^iWîiifeigDalé Texistence d'unions entre les

MV^'i^i B^wM ^uscul^i^^s* I^éjà à Tépoque de

ï^mé^^^Êf^'Wl musculaire primitif, une fusion de

^Éf^lS w^GB^^ aujourd'hui, c'est un syncytium,

^"4MF®'de

fp4«|Bt UDU!

Z: J3^^ ^(Pit'^f^*». #-1^» -7^*> ^X' v^>V *^^ ^B.a^f .tf -C?^ -^ 1^ J^T

FiG. a^. — Coupe transversale de la tunique musculaire de la muqueuse intestinaledu chat. Sublimé corrosif; rubine.

D'après D*après Bohcmaihi.

sculaires sont probablement réunis

bi^>ques. Dans la paroi de Tintestin des

5^«^qM5:2n«||érJaî^«^eau de cellules musculaires striées

•!• • • • • • ramifiées (fig. 20).

Enfin, dans le tissu

musculaire lisse des

^^^^^Ér^^"^"^^^ r^^^^ mammifères, d'après

les recherches de lultschitzky, de Barfurth, de Cohx, de Klbcki et de Werner, on trouve jusqu'à un certain point une disposition semblable i\ celle qui se trouve réalisée dans Tépithélium pavimen-

^c^32k*S£p^llules musculaires juxtaposées sont » •■$y» «SE» »'<&'■■ •vt* ^ *

laire de la muqueuse

^^^^^^S^§|liwllf)jg*l« ^^ LOBGANISME 5.

~^ ^^ T^^extrêmement fines, en

[^autres par de fins fila-

ISFiH @t'ltt^ iB^iWiJikUicats, qui constituent

^^^tt W^/S('^|]i'â{®^^i6i^<^o les offules des |iy'«L9i||#l)^liii'l^|^^lios de Paladino et de

. ©•' M ^r 9o 'mS^ViS

i«i st et^iw «^ .^,™- Ht

"iraïï'lDl t"5o ^âo-^» '■^" «^» a^» • ao • f^«€î^!!gîJî€vte;-jS5^||*»-'^^ «i'u^c coape d'un follieiUe de

^•Stm^^mJ'^ZZ^ZZ^ZZwZ^M^ lapin. D'après Retzius.

fc-,^^ couche corticale de Tovule avec

ces filaments

et unissent la

l$S;2'ïi)Si':WÇ#^é^3|«'>« »»»* c^H^^les folUculeuses (/).

lli^^^l^yP^îi»»*"W*'V5^^^» •œt ^sT^ffl* ''W"'* couche corticale d 'M^5'%SV'rR?'wT5 S^i*»®»-'i'"ne pellucide (z) i

T «^pa^fc «^w a^» «I,, «^» '"^* «^» a^» rn^m

^^i^^«li"^^*li"îS34i^»^*'ii*qu'ici s'effectuent entre il''^^lo'*^^§ô'<*^Si^«*'Jl^uifu tissu conjonctif, soit ^jî-^êÉE^SFr^^ certains auteurs,

Ï^&^l^i4l*4f^ll^"ll^'î^4l«4è'îi?2>nt siffnalédes faits, qui

S^^JHuL' :^0" ■« 00 00 00 ^Sl 00 00 .^?^ «0 O ' X

^^^^^1^jga^®4»iî^ corps de divers ani-

.^l^^-É^f^î'^Hfi^ijiiicsb directes entre des

=A^efeLsa??rsiS;«' ojBU -Si* „ o o ^ le a i ^ftfl ^^ - - - - -

celdes

'■'iÉ?^M^*!!!'^4l^3®bà^c;pn^^«^ Hamar a cherche

S.^|Stp»?6

m/75 sont aussi en conconcerne du moins une

liîi;'^jMj^«||)]H||»^^«5i»-i^ si les relations sont

^^^^^^«il€^^^^^'4^^i3^*€*^^'^''^^<^s. 11 en est un certain ""^ fî^l^é^if^iiniég^ygèâlsi^ plus minutieuse-

5a ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE GÉNÉRALES DES TISSUS

nous devons souhaiter que les recherches détaillées qui s'y rapportent se multiplient, et que les méthodes capables d'en donner la solution se perfectionnent encore.

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