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I. CORRELATIONS CHIMIQUES

a) Phénomène physico-chimique de Vabsorption de l'oxygène et de l'élimination de l'acide carbonique.

Pendant leur activité, les cellules de l'organisme produisent de Tacide carbonique et absorbent de l'oxygène. Elles provoquent ains^ des courants de diffusion, qui se produisent en différents endroits,, d'une part, entre les cellules et le plasma sanguin et lymphatique qui baigne les tissus et, d'autre part, entre le sang et le milieu dans, lequel vit l'organisme. Grâce à ces courants de diffusion, il s'établit un état d'équilibre dans la tension des gaz, en les différents points, du corps et finalement entre l'organisme et le milieu dans lequel il vit. Chez les animaux inférieurs, cet équilibre s'établit par toute la surface du corps ; chez les animaux supérieurs, oit l'épiderme s'étant adapté h d'autres fonctions a perdu la structure nécessaire à la respiration, cette fonction s'est plus ou moins localisée en certaines régions-

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du corps, que l'on appelle, selon leur structure, branchies, poumons ou trachées.

Il va de soi que tout organisme doit posséder un besoin respiratoire déterminé, dont V importance dépend du nombre de ses cellules et de l'activité de leur processus citai, La fonction des organes respiratoires doit être adéquate à ce besoin, pour qu'il ne se produise pas dans le corps de l'organisme une accumulation d'acide carbonique et une pénurie d'oxygène. Il en résulte que, pour chaque organisme, la surface respiratoire des branchies, des poumons ou des trachées doit être proportionnée à rimportance des échanges gazeux. Les organes respiratoires doivent donc croître et leur surface s'agrandir^ soit par formation de villosités, comme c'est le cas pour les branchies et le placenta, soit par formation d'alvéoles, comme c'est le cas pour les poumons^ Jusqu'à ce que se trouve établi l'état d'équilibre nécessaire.

Mais qu'est-ce qui règle cette croissance d'une partie de l'organisme, en corrélation avec le besoin de l'organisme tout entier? Hbrbbrt Spencer a émis, à ce sujet, une idée qui me paraît ouvrir la voie d'une explication naturelle. Il pense que c'est le courant de diffusion de l'oxygène et de l'acide carbonique, ou bien le degré de tension des gaz, qui agit comme excitant de croissance sur les points du corps qui servent à la respiration. La surface respiratoire s'accroît jusqu'à ce que la tension des gaz du corps et du milieu ambiant soit descendue à une limite déterminée.

De cette façon s'expliquent les observations faites par Schreibbrs sur Proteus anguineus, amphibien qui respire h la fois à l'aide de bran- <;hies et de poumons. Schreibbrs est parvenu, chez le Protée, à faire prendre un développement plus important, tantôt aux branchies, tantôt aux poumons, selon les conditions dans lesquelles il plaçait l'animal. S'il contraignait des Protées à vivre dans une eau plus profonde, les branchies se développaient jusqu'à atteindre un volume trois fois plus considérable que leur volume habituel, en même temps que les poumons s'atrophiaient partiellement. Lorsque, au contraire, il faisait séjourner des Protées dans une eau moins profonde, les poumons devenaient plus volumineux et plus vascularisés, parce que les animaux venaient plus fréquemment respirer à la surface l'air atmosphérique. Comme dans ces conditions d'existence le besoin respiratoire était mieux satisfait par les poumons, les branchies s'atrophiaient plus ou moins complètement.

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Ce qui se passe pour le phénomène physico-chimique de la respiration se passe aussi de la même manière pour d'autres phénomènes qui s'accomplissent dans notre corps. Les anatomo-pathologistes et les cliniciens nous fournissent, a ce propos, d'importantes observations concernant /es effets de Vextirpation d'un rein on d'une partie du foie, de la glande thyroïde, du pancréas on encore d'une forte saignée.

b) Sécrétion urinaire, — Reins,

L'extirpation d'un rein a régulièrement pour conséquence l'hypertrophie de Vautre. Ce dernier finit toujours par augmenter de volume au point d'acquérir le poids de deux reins. A cet accroissement de I*organe la substance médullaire participe moins que la substance corticale ; « les tubes contournés s'élargissent, les épithéliums se développent et les glomérules s'hypertrophient. » A partir du quatrième jour jusqu'à la quatrième semaine après l'extirpation, on constate de nombreuses figures de division nucléaire dans les tubes contournés.

Les causes déterminantes de ce développement sont de même nature que pour les branchies et les poumons. Dès que l'un des reins €st extirpé, l'autre doit suffire h lui seul a la fonction urinaire ; il doit par conséquent éliminer une quantité double de « produits urinaires » accumulés dans le sang. La quantité de ces produits n'est, en effet, pas moindre qu'auparavant, attendu qu'elle dépend des processus vitaux qui s'accomplissent dans tous les tissus et organes du corps. Le rein restant doit donc, pour ce motif, fonctionner davantage.

Presque tous les organes du corps peuvent, dans des circonstances extraordinaires, fonctionner plus qu'ils ne le font normalement; ils possèdent, comme on dit, une énergie de réserve, qu'ils n'utilisent <\\ie lorsqu'ils se trouvent dans des conditions anormales. C'est pourquoi, 2^ heures déjà après l'extirpation de l'un des deux reins, la quantité d'urine et de produits fixes éliminée est la même qu'avant l'opération. Il faut donc qu'une quantité d'eau plus considérable traverse la paroi des glomérules, en même temps qu'une quantité double d'urée, etc., filtre à travers l'épithélium des tubes contournés.

Il faut encore ici attribuer la cause de l'hypertrophie du rein à l'excitation produite par les changements des relations physico-chimiques.

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Comme Ta dit Zibglbr, « nous avons affaire à un cas, dans lequel « une cellulation est directement déterminée par la présence de <( substances chimiques, qui excitent les cellules à augmenter leur « activité physiologique. » La croissance corrélative du rein dure jusqu'à ce qu'il se soit établi un état d'équilibre, c'est-a-dire jusqu'il ce que la surface qui sécrète Turine soit adéquate à la quantité des produits urinaires formée par l'organisme tout entier, sans que l'énergie de réserve intervienne ou Ire mesure.

c; Le foie.

Les extirpations du foie opérées par Poxfick et Podwyssozki ne sont pas moins instructives. Poxiick, par une méthode opératoire appropriée, a enlevé, chez de nombreux lapins, le quart, la moitié et même les trois quarts du foie, sans provoquer de troubles graves, menaçant la vie de l'animal. La partie conservée du foie continue a sécréter de la bile après l'opération, ce que l'on peut reconnaître h la coloratiou des fèces, et elle ne tarde pas à s'accroître très activement. Quelquesjours après l'opération, les lobes restants de l'organe se sont considérablement hypertrophiés, en même temps que leur parenchyme est devenu très mou. Dans l'un des cas observés, onze semaines après, l'opération toute la partie enlevée du foie était reconstituée. On peut même maintenir plus longtemps les phénomènes de prolifération de^ l'organe ; il suffit pour cela, quelque temps après la première extirpation, d'en pratiquer une seconde, puis une troisième.

« Si Ton essaie de continuer toujours à extirper la partie du foie « qui vient de se régénérer, l'énergie de croissance, dit Ponfïck, se « manifeste avec une sûreté et une rapidité telles que l'on ne parvient (( pas it rendre durable la perte de substance ; elle se répare constam- « ment. »

Dans certaines expériences, le volume de la partie conservée de l'organe avait plus que triplé. Ce développement procède des cellules^ hépatiques et des épithéliums des canaux biliaires interlobulaires qui forment des cordons et se transforment ensuite en travées de cellules hépatiques. Tandis qu'à l'état normal on ne trouve jamais de figures de division nucléaire dans les cellules hépatiques, il en existe de très nombreuses, surtout le second et le troisième jour après l'extirpation.

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A la suite de ce processus, les lobules hépatiques deviennent aussi plus volumineux qu'ils ne le sont normalement.

L'explication de ces phénomènes de croissance extraordinaire est la même que pour les poumons et les reins. Le sang de la veine porte, venant de Tintestin et de la rate, charrie dans le foie des substances chimiques spéciales qui s*y transforment en glycogène et en produits biliaires. Après l'extirpation d'une partie du foie, la partie conservée de l'organe a donc a transformer une plus grande quantité de ces substances spécifiques; il en résulte que les cellules hépatiques sont excitées à augmenter leur activité physiologique et à se multiplier jusqu'à ce qu'un état d'équilibre se soit rétabli.

d) Glande i h froide.

Les recherches de ces dix dernières années nous ont démontré que la glande thyroïde est un important organe de nutrition. Le tissu glandulaire, composé de vésicules dépourvues de conduits excréteurs, reçoit, du sang qui y circule en grande abondance, certains éléments qu'il transforme et excrète h l'intérieur des vésicules glandulaires. L'importante découverte de Baumann nous a fait connaître que, dans les cellules des vésicules de la glande thyroïde, se forme une substance albuminoïde spéciale, qui contient une grande proportion d'iode, ce qui lui a valu le nom de thyroiodine. Des expériences ont en outre démontré que la quantité d'iode contenue dans la glande thyroïde peut augmenter ou diminuer, selon le mode de nourriture de l'animaL Elle augmente, par exemple, chez le chien, lorsqu'on le nourrit de poissons de mer ou qu'on lui administre de l'iodure de potassium, mais surtout lorsqu'on lui fait prendre de l'extrait de glande thyroïde ou de la thyroiodine. La glande thyroïde est donc un organe qui jouit de la propriété d'extraire les plus petites parcelles d'iode que contient le sang, de les combiner à une substance albuminoïde et d'accumuler l'iode sous cette forme à son intérieur.

Cependant cette propriété d'extraire du sang une substance et de l'accumnler dans ses vésicules n'est pas la seule fonction du corps thyroïde. Les substances néoformées et amassées dans cet organe, entre autres la thyroiodine, interviennent elles-mêmes dans la nutrition, probablement en passant dans la lymphe. King a démontré, en effet, ce que HoRSLRY et d'autres auteurs ont confirmé, qu'il suffit d'exercer une

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compression, même légère, sur les lobes de la glande pour faire passer le contenu des vésicules glandulaires dans les voies lymphatiques périphériques. La glande thyroïde constitue donc un exemple d'une friande à sécrétion interne^ dans le sens où l*entend Browx-Séqcard.

Grâce au changement de la composition chimique du sang, la glande thyroïde, comme tout organe de nutrition, peut alors provoquer dans Torgiinisme tout entier des phénomènes corrélatifs. C'est ce que tendent il prouver de nombreuses expériences et des observations pathologiques. Cependant, pour le moment, il est impossible encore de porter sur cette question un jugement définitif, car H. Munk a soulevé, contre l'interprétation et la portée que l'on a attribuées à une foule d'expériences, des objections très sérieuses qui méritent toute considération.

Le procédé que l'on a presque exclusivement employé pour se faire une idée de la fonction de la glande thyroïde est l'extirpation opératoire de l'organe, c'est-à-dire la thyroidectomle. Cette opération a été combinée, d'une façon ingénieuse, par Eiselsbrrg avec la transplantation de la glande thyroïde dans la paroi abdominale. La plupart des expérimentateurs ont démontré que les conséquences sont différentes, selon que Textirpation de l'organe est totale ou partielle et selon Tâge du sujet opéré.

Par extirpation totale, on entend l'ablation de la glande principale tout entière ainsi que de toutes les glandes thyroïdes dites accessoires, (glandes parathyroïdes, glandes de Sandstrom, glandes de Glev). Ces glandes accessoires, chez une foule de mammifères (chien), sont appliquées immédiatement contre la glande principale, ce qui fait qu'habituellement on les enlève en même temps qu'elle, soit intentionnellement^ soit sans le vouloir. Chez d'autres mammifères, au contraire, elles siègent dans la région cervicale, à une distance plus ou moins considérable de la glande principale (lapin), de sorte que l'opérateur doit faire spécialement attention quand il désire les extirper. Ainsi comprise^ l'extirpation totale est toujours mortelle lorsqu'on la pratique sur de jeunes animaux et la mort survient peu de jours après l'opération. Elle détermine, entre autres, des troubles nerveux graves et des convulsions généralisées (tétanos).

Par contre, restirpation incomplète de la glande thyroïde, pratiquée sur des sujets jeunes, donne lieu à une affection chronique particulière et grave, la cachexie struniipri^e. On dit que l'extirpation est incomplète lorsqu'une partie quelconque de la substance glandulaire, soit

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un fragment de la glande principale, soit toutes les glandes accessoires ou un certain nombre d'entre elles n'ont pas été enlevées. Pendant les premières semaines qui suivent Topération, les animaux semblent se porter tout à fait normalement; mais peu il peu ils deviennent abattus et somnolents, ils maigrissent, le ventre se ballonne; ils se développent beaucoup moins que d'autres animaux-témoins du même âge ; leur peau se dessèche et se couvre d'écaillés et de croûtes ; leurs poils tombent partiellement.

Cet état de cachexie strumiprive a aussi été observé chez l'homme il la suite d'extirpations de goitres, surtout quand elles ont été pratiquées avant la puberté. Des malades précédemment intelligents perdent leur activité intellectuelle, cessent de croître; des troubles se manifestent dans la régulation de la température (sensation de froid); la peau devient dure, rugueuse et sèche, par absence de sécrétion des glandes cutanées ; le tissu cellulaire sous-cutané devient épais et élastique, ce qui est en relation avec ces transformations particulières du tissu conjonctif que l'on a réunies sous le nom de inyxœdème.

L'arrêt de croissance du corps, que Ton a observé chez les animaux et chez l'homme, est principalement dû à des troubles dans le développement des os. Ainsi que l'ont démontré des recherches histologiques faites sur déjeunes chiens, il se produit une dégénérescence spécifique des cartilages épiphysaires, qui consiste en une diminution de la prolifération normale des cellules cartilagineuses, un gonflement et un fendillement de la substance fondamentale, accompagné d'un gonflement vésiculeux des capsules cartilagineuses et d'une rétraction, parfois même d'une destruction partielle des cellules cartilagineuses (Chondrodystrophia thyreopriva de IIofmbistbr).

Le complexus symptomatologique observé dans la cachexie strumiprive oflFre maints rapports avec le crètinisme et le rachitisme congénital et fournit des arguments h l'appui de la théorie, d'après laquelle ces deux affections seraient dues à des troubles ou a l'absence de fonction de la glande thyroïde, survenus déjà pendant la vie intra-utérine.

J'ai décrit avec quelques détails les phénomènes consécutifs à l'extirpation de la glande thyroïde, parce que le tétanos à issue mortelle, aussi bien que la cachexie strumiprive, les troubles des fonctions cérébrales, le myxoedème, les perturbations des phénomènes d'ossification, etc., sont probablement des conséquences de troubles du chimisme ou de la nutrition. Beaucoup d'auteurs sont d'avis qu'à la

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suite de rextlrpation de la glande thyroïde, la composition chimique du sang se modifie, soit que des substances chimiques ne se forment plus, soit que des substances toxiques, charriées par le sang, ne sont pas éliminées et transformées, soit enfin que ces deux ordres de phénomènes s'accomplissent simultanément.

Dans notre Chapitre ix, nous avons déjà signalé des exemples qui prouvent que Texistence de traces de substances anormales dans le milieu où vivent les cellules influent sur leurs fonctions, troublent certains processus morphologiques, les arrêtent et en provoquent d'autres à leur place.

Qu'il s'agisse probablement d'excitations chimiques dans le cas de la glande thyroïde, c'est ce que l'on peut non seulement déduire par analogie, mais établir jusqu'à un certain point par des expériences. En eflet, les troubles déterminés par l'extirpation totale ou partielle de la glande thyroïde peuvent se guérir ou tout au moins s'atténuer par la thyroldothérapie. On peut partiellement parer à la perte de la glande thyroïde en administrant à l'animal opéré de l'extrait de glande thyroïde, soit directement par les voies digestives, soit en injections sous-cutanées, sous une forme appropriée, c'est-à-dire en introduisant artificiellement dans l'organisme les substances qui se forment dans la glande thyroïde lorsqu'elle fonctionne et qui sont indispensables à la nutrition.

Mais plus actif encore que l'extrait de glande thyroïde est l'emploi de la thyroiodine, cette substance spécifique découverte par Baumaxx dans cet organe glandulaire. Les expériences concordantes de Baumaxn et GoLDMAxx, de IIofmbistbii et IIildbbrandt ont démontré qu'après la thyroïdectomie, les phénomènes tétaniques ne se manifestent pas aussi longtemps que l'on administre régulièrement chaque jour 2 à 6 grammes de thyroiodine aux chiens et aux lapins opérés. Des animaux, qui auraient infailliblement succombé au tétanos peu de jours après l'opération, ont pu, par ce traitement, être maintenus en vie pendant des semaines et des mois. Au contraire, chez les animaux opérés, survenaient des accès de convulsions dès que l'on suspendait l'administration de la thyroiodine ou que l'on en diminuait notablement la dose. Lorsque les convulsions tétaniques se produisent chez des animaux opérés, on parvient à les atténuer ou même à les faire cesser cornplètement en leur administrant de la thyroiodine à fortes doses, surtout en injections sous-cutanées.

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Le traitement par l'extrait de glande thyroïde ou par la thyroiodine [thérapeutique de substitution) peut aussi agir efficacement dans le cas de goitre, de myxoedème et de cachexie strumiprive.

Pour obtenir un effet durable par la thérapeutique de substitution, il faut employer une très grande quantité d'extrait de glande thyroïde ou de thyroiodine. Voici comment on explique ce fait. Normalement la thyroiodine formée dans la glande thyroïde est retenue dans cet organe et n'est utilisée que lentement dans la nutrition, tandis que chez les animaux auxquels on a extirpé la glande, la thyroiodine introduite dans rintestin ou par la voie sous-cutanée ne séjourne pas longtemps dans l'organisme, mais ne tarde pas h être éliminée dans l'urine, comme telle ou sous la forme d'une autre combinaison organique (Baumann).

ha thj-roïdectomie partielle donne encore lieu à certaines remarques. Les expériences ne nous apprennent pas seulement qu'une quantité extrêmement minime du tissu de la glande principale et des glandes thyroïdes accessoires suffit pour empêcher l'issue fatale de l'opération ; mais ce qui nous intéresse davantage encore dans ce chapitre, ce sont certains processus de croissance corrélative qui ont été observés à cette occasion et qui concordent avec ceux que l'on a constatés dans les cas d'extirpation de l'un des deux reins et d'ablation partielle du foie.

D'après Bbrbsowsky, chez les chiens auxquels on a enlevé une très grande partie de la glande thyroïde, il se produit une hypertrophie compensatrice de la partie consersfée de Vorgane, Quelques jours après lopération on observe dans le tissu de la glande des figures de division nucléaire et une néoformation de vésicules glandulaires. Toutefois cette hypertrophie est notablement moindre que celle qui s'observe pour le rein et le foie.

Il se produit en outre une hypertrophie compensatrice en deux autres points du corps. D'une part, les glandes thyroïdes accessoires se développent, quoique dans une faible mesure (Glëv, Vbrstraetbn et Vandrrlindbn). En second lieu, on observe après l'ablation de la glande thyroïde principale une transformation caractéristique de Vhjpophj'se (BoGOwiTSCH, Stibda, IIofmeistbr, Gley). Le volume de cet organe augmente souvent d'une façon telle que la fosse pituitaire s'élargit par atrophie osseuse. Lorsque l'hypertrophie de l'hypophyse est particulièrement importante, cet organe peut même faire saillie audessuâ du bord de la fosse pituitaire. Ses cellules sont hypertrophiées

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et des vacuoles se forment dans leur protoplasme. Hofmbistbr en conclut que la fonction de T hypophyse est semblable à celle delà glande thyroïde et qu'elle peut ainsi compenser partiellement Tabsence de cette dernière par hypertrophie compensatrice. De même que la cause de Thypertrophie rénale doit être attribuée à Texcitation déterminée par Taccumulation de substances urinaires dans le sang, consécutive à Tablation de l'un des reins, de même, dans le cas d'extirpation partielle de la glande thyroïde, il faut attribuer la cause de l'hypertrophie consécutive, a l'excitation produite par les changements apportés dans la composition chimique du sang.

Étant données les objections soulevées par H. Munk, c'est par des recherches nouvelles et plus complètes que l'on parviendra à décider ce qu'il y a de fondé ou ce qu'il faudra modifier dans les observations que je viens de relater et les idées qu'elles ont suggérées.

e) Formation du sang.

C'est enfin dans le chapitre des corrélations chimiques qu'il convient de signaler aussi les intéressantes transformations que nous ont fait connaître les études importantes de Nbumann, Bizzozrro et autres auteurs sur la formation du sang.

Pour parvenir à découvrir comment et en quels points du corps se forment les corpuscules rouges du sang destinés à remplacer ceux qui ont accompli leur rôle dans la circulation et se sont détruits, le moyen le plus simple est de provoquer par la voie expérimentale une régénération active du sang. On peut y arriver par deux méthodes qui modifient la composition du sang et notamment la proportion normale des hématies. L'une de ces méthodes consiste h pratiquer de fortes saignées, que l'on répète a des intervalles de 2 on 3 jours sur des animaux. La seconde méthode consiste a injecter dans les vaisseaux des substances chimiques, qui dissolvent l'hémoglobine des hématies (toluydène-diamine, iodure de cyanogène, acëtylphénylhydrazine).

Dans l'un comme dans l'autre cas, la qualité du sang est fortement modifiée. Le nombre des éléments figurés est notablement diminué et le plasma sanguin offre une autre composition, attendu qu'après des saignées son quantum augmente rapidement, le plasma lymphatique qui baigne les tissus passant dans les vaisseaux sanguins. Or, ce changement de la qualité du sang agit comme un excitant sur une série de

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phénomènes d'activité formatrice, qui rétablissent progressivement la composition normale du sang.

Les processus histologiques qui déterminent une au*(mentation ra~ pide du nombre des corpuscules rouges du sang s'accomplissent surtout dans la moelle osseuse chez les reptiles, les oiseaux et les mammifères, ainsi que Tont découvert Nrumaxn et Bizzozbro.

Après d'abondantes saignées répétées ou bien après Tinjection des substances chimiques que nous avons mentionnées plus haut, les caractères tant macroscopiques qu'histologiques de la moelle osseuse subissent des modifications typiques. Elle prend une coloration rouge plus foncée parce qu'elle est plus abondamment pourvue de sang, et cette hyperémie se constate d'autant plus facilement que tous les autres organes sont plus anémiés. (Chez les oiseaux qui ont été soumis à de fortes saignées, la moelle osseuse prend fréquemment une coloration grise). Elle devient molle et a la consistance d'une gelée. Les capillaires sont fortement dilatés et le tissu intermédiaire est très réduit. Les cellules graisseuses de ce tissu sont petites et atrophiques. Mais ce qui est bien particulier, c'est que le réseau sanguin de la moelle se transforme en un foyer de formation de corpuscules rouges très nombreux, ce qui a fait dire à Bizzozbro que c'est « un véritable organe de régénération endoifasculaire du sang».

On trouve notamment dans les capillaires dilatés de très nombreux érythroblastes (Bizzozero) ou hématoblastes, c'est-h-dire des formes jeunes de corpuscules rouges. Ces éléments, un peu plus petits que les corpuscules rouges normaux, possèdent un noyau sphérique, ce qui, chez les mammifères surtout, permet de les reconnaître immédiatement. Leur stroma ne contient que très peu d'hémoglobine, de sorte qu'ils ne se distinguent des leucocytes que par une légère coloration jaune. Les érythroblastes, comme les cellules rouges de l'embryon, peuvent se multiplier par division. C'est surtout iO à 15 heures après la dernière saiynée que l'on constate^ dans une foule de ces éléments, des figures de division nucléaire et des stades de la division.

Il existe, il est vrai, des érythroblastes dans la moelle rouge des os, en tout temps, mais leur nombre est beaucoup moindre. De nombreux auteurs, Bizzozero, Nbumann, Korn, Drnys, Kliasbbrg, Frbibbrg, Foa, etc., sont d'accord pour admettre qu'à la suite des saignées ou di* injections des dii*erses substances que nous aidons énumérées plus haut, le nombre des érythroblastes et leur multiplication augmentent notable-

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ment. Au contraire, chez les animaux affamés, très amaigris ou malades, le nombre des érythroblastes de la moelle osseuse diminue nu point qu'on n*en trouve presque plus et le plus souvent même plus du tout.

Divers auteurs ont observé, à la suite des procédés opératoires dont nous avons parlé, une néoformatlon de corpuscules rouges du sang, non seulement dans la moelle osseuse, mais encore dans la rate. BizzozBRO a constaté de nombreuses figures de division des érythroblastes dans la rate, chez des amphibiens urodèles, dont la moelle osseuse, contrairement à ce qui existe chez la grenouille, n'est pas un organe de régénération du sang. D'après Eliasbbrg, chez les mammifères (chien), on trouve des érythroblastes au repos et en voie de division, non seulement dans la moelle osseuse, mais encore dans la rate, principalement dans les cordons intravasculaires de la pulpe.

Nous pouvons résumer dans la loi suivante le résultat général des i*xpériences que nous venons de relater : Grâce à des corrélations de nature inconnue^ le changement de composition du sang agit comme excitant sur les organes hématopoïétiques ; il augmente leur actintê physiologique jusqu'à ce que se rétablissent dans l'organisme l'état normal et l'équilibre modifié.

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